Michèle Mazel
La guerre d’accaparement des symboles
Alors qu’Israël est une nouvelle fois en guerre et doit faire face à des attaques qui lui viennent de toutes parts – non seulement de la Bande de Gaza mais encore du Liban, de la Syrie et jusqu’au lointain Yémen, il faut rappeler qu’il est également victime d’autres attaques touchant à son droit même à l’existence. Il n’y a hélas pas de limite aux efforts déployés pour délégitimer l’état juif et dénier tout rapport entre le peuple d’Israël et la Terre d’Israël. Au fil des ans, un narratif parallèle remplace peu à peu la vérité historique.
Chapardage de Prophètes
Au dire d’Abou Mazen les Juifs seraient venus déplacer par la force un peuple palestinien installé sur sa terre depuis 60 000 ans. Il y a, bien sûr, le Coran, qui a intégré de larges extraits de la Bible et a fait notamment du patriarche Abraham et du roi David, mais aussi de Jésus de Nazareth des prophètes de l’Islam ; à ce titre, pendant la domination ottomane, les Juifs se voyaient refuser l’accès au tombeau des Patriarches à Hébron ; c’est tout juste si on daignait les laisser prier sur les marches de pierre conduisant au sanctuaire – enfin jusqu’à la quatrième marche.
Les Juifs n’avaient pas non plus accès à l’esplanade où le roi Salomon avait dressé le premier temple ; la encore, c’est tout juste si on les laissait prier devant le mur occidental de l’enceinte de l’esplanade, connu sous le nom de Mur des lamentations.
Des Institutions Internationales complices de recel
L’Unesco adopte le narratif des Palestiniens et adopte résolution après résolution niant tout lien entre le peuple juif et ses lieux saints dont l’esplanade du tempe. Mais ? il a aussi mille moyens plus insidieux.
L’approche de Hanukkah nous donne l’occasion de découvrir l’un de ces moyens. Chaque enfant en Israël connait l’histoire de cette fête. Une histoire qui commence deux siècles avant l’ère actuelle.
Judah Maccabée et ses valeureux guerriers viennent de gagner une bataille décisive contre les Séleucides grecs. Pénétrant dans le temple de Jérusalem dévasté mais enfin délivré des envahisseurs, ils découvrent que les huiles consacrées destinées à éclairer la Menora ont été souillées ; Ils ne trouvent qu’une toute petite fiole d’huile sainte, à peine de quoi brûler une journée. Mais, miracle, cette petite fiole va donner de la lumière pendant huit jours, le temps qu’il fallut pour procéder à la consécration de nouvelles huiles. C’est pourquoi la fête est célébrée pendant huit jours, au cours desquels on allume soir après soir le candélabre spécialement créé pour l’occasion, la Hanoukia.
Emprunt grec du nom d’un mets typique de Jérusalem
Qui ne connait la soufgania, ce beignet emblématique de Hanukkah ? Il se décline en mille et une formes. Chaque pâtisserie présente sa version ou ses versions, de la plus humble à la plus sophistiquée. Mais qui se rappelle son étonnante origine ? Selon la tradition, les habitants de Jérusalem célèbrent leur liberté retrouvée en plongeant dans de l’huile bouillante de petits beignets censés représenter les combattants hellènes. Paradoxalement, sofgan, le nom qu’ils leur donnèrent, était dérivé de la racine grecque σπόγγος – sfogon, qui signifie entre autres éponger et qui a donné aussi sfog, éponge en hébreu , les beignets aspirant l’huile comme une éponge. Le mot et la coutume sont référencés par deux fois dans la Michna. C’est David Yellin, l’un des fondateurs de l’académie de la langue hébraïque, qui en 1896 eut l’idée de transformer sofgan en soufgania.
Ce qui est à toi est à moi
Depuis, ce beignet a connu une belle carrière, essaimant dans les communautés juives qui donnèrent souvent à son nom une inflexion locale, notamment en Afrique du Nord, où il prend parfois un aspect différent et son nom devient sfinj, ou sfinge, ce qui conserve les lettres de sa racine.
Ce qui n’empêche pas les Arabes d’en revendiquer la paternité. Que dit, en effet, Wikipedia ? On y lit en « Le sfendj, ou sfenj (de l’arabe إسفنج isfenj, qui signifie « éponge ») est un beignet d’origine maghrébine qu’on peut notamment retrouver en Algérie, en Tunisie et au Maroc. » On remarquera d’abord qu’isfenj est évidemment dérivé du grec. Surtout, le narratif arabe a réussi à s’approprier, ce mets inventé à Jérusalem il y a plus de deux mille ans.

Michèle Mazel
Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique.
Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède.
Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.
Découvrez un exemplaire du magazine gratuitement et cliquez ensuite sur le rebord droit
https://online.fliphtml5.com/rjspi/ypmm/#p=1
Votre magazine est livré chez vous en toute confidentialité
S’abonner au magazine par téléphone ou par whats app 00972 (0) 54 254 45 20 ou au 01 86 98 27 27
Par email Andredarmon21@gmail.com pay pal
Ou directement sur le site
https://israelmagazine.co.il/sabonner-au-magazine/
Ou encore S’abonner au magazine livré chez vous en toute confidentialité. Remplir le formulaire




Laisser un commentaire