Anita Shapira, Pr d’histoire juive à l’Université de Tel-Aviv et au Centre Rabin pour les études israéliennes

Aujourd’hui, Israël raconte l’histoire de deux villes : Jérusalem et Tel-Aviv. Si Herzl visitait Tel-Aviv, il serait empli d’émerveillement et de joie : une ville méditerranéenne vibrante, avec tant de jeues, de bébés et de chiens, parlant une langue étrange, dont on lui a dit qu’elle était de l’hébreu. La vie culturelle pourrait correspondre à n’importe quelle grande ville d’Europe. C’est une ville très tolérante, détendue et accueillante avec de nombreux cafés, restaurants et pubs. Ensuite, il irait visiter Jérusalem, la ville qui devait abriter le Temple, et ses impressions changeraient : bien que ce soit la Ville sainte des trois religions monothéistes, c’est une ville rassasiée de tension et de haine, sauf d’amour fraternel. Dans son roman utopique, «Altneuland», Herzl décrit une campagne électorale entre les gentils, humanistes et cosmopolites, et les bigots, intolérants et hyper-nationalistes. Dans le roman, les bons ont gagné. Jérusalem ressemblerait aux méchants ! L’Israël qu’il rencontrerait est une réussite. Mais il s’inquiéterait : laquelle des deux villes aurait le dessus ? Serait-ce Tel-Aviv, une version améliorée d’une Vienne tolérante dont il avait rêvé, ou l’actuelle Jérusalem, qui ressemblait à tout ce qui était mauvais à Vienne de son temps ?

Allan Arkoush, Pr d’études juives

Qui plus parmi les visionnaires morts il y a plus d’un siècle aimerait autant être ressuscité aujourd’hui que Theodor Herzl? Il serait facile, bien sûr, d’identifier les façons dont l’État d’Israël n’est pas arrivé à la hauteur de ce qu’il avait imaginé dans son roman utopique «Altneuland» (Old New Land). Mais quand donc la réalité a-t-elle jamais complètement rattrapé des rêves aussi audacieux et improbables? «Old-New Land» s’articule autour de la transformation de David Litwak, le fils d’un pauvre colporteur galicien de Vienne, en un leader fort et efficace d’une société juive modèle en Palestine. Je pense que plus que toute autre chose, Herzl serait heureux de voir comment Israël a servi au fil des ans de moyen pour la réhabilitation d’innombrables David Litwaks en citoyens fiers et productifs. Cela lui plairait, je crois, plus que le fait de savoir que ces mêmes personnes se vérifieraient, lorsqu’elles seraient contraintes, d’être des soldats exceptionnels. La société juive que Herzl envisageait n’avait, après tout, aucune force armée. Je pense qu’un Herzl ressuscité serait surpris et déçu de voir que la réalisation de son rêve avait nécessité la création d’un “Etat militaire” et consterné de voir comment le conflit arabo-israélien a continué de s’aggraver, empêchant la coexistence harmonieuse des Juifs et des Arabes qu’il avait prévus. Je voudrais cependant penser que s’il revenait, il resterait optimiste quant aux perspectives de réalisation plus complète de ses idéaux…

Par Mickaël LAUSTRIAT

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