L’admirable résilience des Juifs allemands devant leur élimination de la vie publique

1933-1934  Par Marc-André Charguéraud

Dès le printemps 1933 la loi élimine les Juifs de la fonction publique, du service de la santé, des professions liées à la culture, journalisme, cinéma, théâtre, musique.[1] Un numerus clausus de 1,5% est institué pour l’admission des Juifs à l’université. Les magasins sont boycottés. Les Juifs naturalisés après 1918 peuvent se voir retirer la nationalité sans explication. Les réactions de la communauté juive peuvent surprendre. Elles sont pourtant conformes à la tradition.

« Peur ? Nous avons montré par des milliers de martyrs que les actions des hommes ne nous font pas peur. Désespoir ? Même aux époques les plus sensibles, les Juifs n’ont jamais désespéré et leur foi en Dieu et la conscience de leurs droits les ont toujours amenés à faire front. Foi et Oui, foi dans la force intérieure qui naît de la connaissance des faits et d’une conscience pure. Espoir ? oui, l’espoir que notre coexistence avec le peuple allemand se montrera plus forte que tous les préjugés. »[2] C’est le message de Bruno Weil, vice-président de l’Union Centrale des Citoyens de Confession Juive (Central-Verein Deutscher Staatsbürger Jüdischen Glaubens), l’organisation faîtière.

Travailler en Allemagne.

Le 10 janvier 1935 dans une déclaration, la Central-Verein de Berlin exprime, elle aussi, sa confiance et souligne sa responsabilité : « Nous devons continuer à travailler pour que les générations actuelles et futures puissent vivre et travailler en Allemagne. Nous devons soutenir et motiver la jeunesse juive dont dépend l’avenir de notre communauté. »[3]

La raison devait l’emporter

juifs allemands

Boycott

Le patriotisme dont les Juifs allemands avaient fait preuve pendant la Grande guerre, leur engagement dans la reconstruction du pays, leur volonté de coopérer avec les autorités constituaient pour le Reich un actif qu’il aurait été irrationnel de détruire en excluant la communauté israélite.

[1] Ces exclusions touchent en 1933 entre un quart et la moitié des personnes concernées.

 

[2] Bruno Weil, vice-président du Centralverein cité par Lucy Dawidowicz – La Guerre contre les Juifs – 1933-1945 – Op. Cit. p. 281

[3] Communication du Centralverein de Berlin le 10 janvier 1935 cité par Kurt S. Grossmann- Emigration Geschichte de Hitler’s Fluchtlinge – 1933-1945 – Francfort 1969 – p. 51

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine

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