par Richard Darmon pour Israel Magazine tous droits réservés

 Quand Fatou Bensouda couvrait les méfaits du dictateur gambien Jarawa

Alors que, drapée dans sa dignité de Procureure générale de la Cour internationale de Justice pénale de la Haye (CIJP), Fatou Bensouda dit vouloir « défendre les intérêts de la Justice » en ouvrant une enquête contre Israël – un pays qui, selon elle, aurait « violé » à plusieurs niveaux les droits de l’homme dans sa confrontation avec les Palestiniens -, il est intéressant de se pencher sur son passé pas si lointain et peu reluisant de conseiller juridique et vice-procureure à l’époque du despote brutal que devint, après son coup d’Etat militaire de 1994, le jeune officier gambien Yahya Jammeh…

Née en 1961 à Banjul, la capitale gambienne, dans une famille très modeste de petits fonctionnaires, Fatou Bom parvient à faire de brillantes études secondaires et universitaires pour devenir greffière au tribunal de Banjul. Puis, bénéficiant d’une bourse, elle fait des études de droit maritime au Nigéria et obtient sa maitrise de Droit. Après trois années d’activité professionnelle, elle s’inscrit en 1990 à l’International Maritime Law Institute basé à Malte et géré par l’ONU où elle obtient un diplôme de droit maritime en 1994 devenant ainsi le 1er  expert de son pays dans cette spécialité. Après d’autres diplômes obtenus à New York, en France et au Nigéria, elle est admise en 1987 au barreau gambien. Elle sera nommée la même année conseillère auprès du gouvernement et fera son entrée au ministère de la Justice où elle finira par gravir tous les échelons : substitut du Procureur, avocate générale, secrétaire juridique de la République, puis procureure en février 1994. « Cerise sur le gâteau » de ce prestigieux itinéraire : après le coup d’État de juillet 1994 qui porte Yahya Jammeh au pouvoir, elle devient sa conseillère juridique.

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C’est alors que, sans se soucier en rien de ce que le nouveau maître de la Gambie soit arrivé au pouvoir illégalement par la voie des armes, elle est promue en 1996 procureur principal. Et ce, jusqu’en 1998 où elle devient procureur général de Banjul et ministre de la Justice – un poste qu’elle occupera jusqu’en 2000. Elle ouvre ensuite un cabinet d’avocat et prend deux ans durant la direction de la banque de son époux, Philippe Bensouda, un financier marocain d’origine juive, devenu ensuite Israélien qui a fait fortune dans la pêche puis dans l’industrie… Elle fut en outre membre de la délégation de Gambie aux réunions de la Commission préparatoire de la CIJP.

En mai 2002, Bensouda, qui est restée une musulmane pratiquante, devient conseillère juridique et substitut du procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha (Tanzanie) et depuis 2004, elle est en poste à la CIJP de La Haye. D’abord procureure-adjointe, elle est nommée procureure générale en décembre 2011. Aboutissement grandiose : elle figure en 2012 sur la liste des « Cent personnes les plus influentes au monde » du magazine Time, puis en 2014 et 2015, elle fait partie du palmarès du journal Jeune Afrique classant « 50 femmes africaines qui, de par leurs actions et leurs initiatives dans le cadre de leurs fonctions respectives, font avancer le continent africain ».

Bensouda couvrait les horreurs de Jammeh…

 Alors qu’après son coup d’Etat militaire, le despote Jammeh prit le contrôle du pays en menant un style de vie très dépensier et décadent, écrasant dans le sang toute opposition (il supprima la communauté LGBT gambienne et tous les droits des femmes), on a à juste titre reproché à Bensouda d’avoir, par pur arrivisme, fermé les yeux sur ces agissements de cette junte et même d’avoir couvert les pratiques de tortures exercées, des semaines durant, contre une série de civils arrêtés à qui on reprochait à tort d’avoir voulu comploter contre la dictature…

Un dossier fort compromettant pour la Procureure générale de la CIJP qui a été exposé au grand jour à la création en octobre 2018 et lors des premières audiences de la « Commission Vérité, Réconciliation et Réparations » (CVRR) mise en place après la chute de Jammeh en janvier 2017 et devant rendre compte – jusqu’aujourd’hui – des graves violations des droits de l’homme perpétrées sous son régime entre juillet 1994 et janvier 2017.

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C’est ainsi que d’anciens « hommes de main » de Jammeh et de sa sinistre Agence Nationale des Renseignements (ANR) – tous surnommés les « Junglers » – y ont été entendus, certains d’entre eux ayant vite avoué avoir participé à des assassinats politiques.

En fait, au moins deux témoins – Batch Samba Jallow et Sainey Faye – ont publiquement mis en cause Bensouda devant cette Commission en détaillant son rôle de « valet du régime ». Ainsi, a-t-elle aggravé à tous les stades de la procédure les fausses charges retenues contre eux à la demande du pouvoir, en avalisant une terrible détérioration de leurs conditions de détention et en ignorant le terrible régime de tortures auquel ils furent soumis des jours durant (voir le Dossier spécial « L’Heure de vérité » publié sur le site justiceinfo.net de la Fondation Hirondelle).

 

Hypocrisie à son maximum

Pourtant, lors de l’inauguration de la CVRR, le discours de Fatou Bensouda semblait plein de clarté : elle expliqua ainsi combien le travail de cette Commission serait « crucial pour l’avenir de la Gambie et pour le renforcement de l’Etat de droit dans lequel cet avenir peut être garanti ». Et de préciser que cet acte de justice ne devrait pas se limiter « uniquement à des mots mais à de véritables actes », en concluant – sans penser que cet adage devrait s’appliquer d’abord à elle-même : « Le devoir de rendre des comptes commence chez soi ! »…

Pourtant, nombreux sont ceux, dans l’assistance, qui furent indisposés, voire choqués par sa propre présence ! C’est qu’ils avaient en tête son sinistre passé gambien, alors qu’elle était devenue depuis une haute figure de la scène judiciaire internationale. Ne devait-elle pas incarner, depuis 15 ans en tant que procureure-adjointe puis procureure générale de la CIJP, la plus haute droiture morale et le souci impérieux des victimes !? Et ce, alors qu’elle a jadis fidèlement servi et défendu, des années durant et aux plus hautes fonctions judiciaires, la dictature Jammeh désormais mise à nu par la CVRR…

Pendant que certains de ses supporters au sein de groupes internationaux de défense des droits de l’homme ne cessent de vanter ses vertus de « justicière travaillant inlassablement pour préserver les droits des victimes des dictatures », de nombreux Gambiens et Africains ont avancé qu’en raison de ce moment si sombre de sa vie, elle n’aurait jamais dû être autorisée à présenter sa candidature pour entrer à la CIJP de La Haye ! Et encore moins à oser vouloir donner aujourd’hui des leçons de « conduite éthique » à Israël !…

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine

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