Réalisé par Phil Alden Robinson. En français, le film est sorti sous le titre Jusqu’au bout du rêve (et Le Champ des rêves).

C’est l’un des films les plus emblématiques de la carrière de Kevin Costner et un monument de la culture populaire américaine. Ray Kinsella (Kevin Costner), un jeune fermier de l’Iowa, entend une voix mystérieuse dans son champ de maïs qui lui murmure : « Si tu le construis, il viendra ». Guidé par cette intuition qu’il ne comprend pas lui-même, il décide de raser une partie de ses cultures pour y construire un terrain de baseball. Bientôt, des fantômes de joueurs légendaires — notamment « Shoeless » Joe Jackson (joué par Ray Liotta) et les membres de l’équipe (célèbre) des White Sox de 1919 — émergent du maïs pour fouler le terrain. Aux côtés de Kevin Costner, on retrouve outre Ray Liotta, un casting remarquable : Amy Madigan, James Earl Jones (extraordinaire en écrivain reclus inspiré de J.D. Salinger) et le grand Burt Lancaster dans son tout dernier rôle au cinéma.
Ce film s’avère bien plus qu’un film de sport. Si le baseball sert de décor, le véritable cœur du récit est une méditation nostalgique et émouvante sur la filiation, le regret et les secondes chances, en particulier les relations père-fils.
La réplique culte : « If you build it, he will come »
Elle est devenue l’une des citations les plus célèbres de l’histoire du cinéma américain. Le manque de notoriété du film en Europe s’explique principalement par un formidable décalage culturel. En Amérique du Nord, le baseball n’est pas un simple sport, c’est le « National Pastime », une institution chargée de mythologie, de nostalgie enfantine et de transmission entre générations. En Europe, où la culture sportive est dominée par le football, la dimension mystique du baseball ne parle quasiment à personne. Le film s’appuie sur la légende du scandale des Black Sox de 1919 (des joueurs accusés d’avoir perdu intentionnellement le Super Bowl du baseball). C’est un pan d’histoire sportive américaine totale et sans ce référentiel, le spectateur européen passe à côté de la charge émotionnelle de revoir ces « fantômes » rejouer. Des films américains sur le sport ont réussi à percer en Europe quand ils traitaient de thèmes universels de dépassement de soi (Rocky, Le Stratège) ou quand le sport y était plus familier. Ici, le rythme contemplatif centré sur un sport incompris a freiné sa distribution. la suite dans le prochain numéro d’Israël Magazine




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