Via un métier manuel ou les médecines alternatives : vraie opportunité ou miroir aux alouettes ?

Choisir un nouveau métier, se réinventer, beaucoup d’olims francophones l’envisagent après une ou deux années d’Alya. La reconversion est souvent une nécessité quand le métier exercé en France est difficilement transposable en Israël. Entre fantasme et pragmatisme, les nouveaux immigrants s’engagent dans des formations qui leur donneront soit la réelle chance de s’intégrer dans le monde du travail où, à l’inverse, qui les mèneront vers une impasse. Nous nous sommes penchés sur les métiers manuels et ceux liés aux médecines alternatives. Pourquoi provoquent-ils un tel engouement, et quels débouchés, surtout, offrent-ils sur le long terme ? Analyse et témoignages.

Choisir sa voie en Israël, croire en un avenir professionnel nécessite parfois de dévier de sa trajectoire et d’acquérir de nouvelles compétences. Selon un sondage réalisé par Qualita, 37% des nouveaux immigrants francophones en âge de travailler n’auraient toujours pas trouvé d’emploi au terme de leur seconde année d’Alya. Près de 40 % seraient contraints de travailler dans un domaine différent de leur métier d’origine. Depuis plusieurs années, de nombreuses formations ont vu le jour afin d’offrir aux demandeurs d’emplois de nouvelles compétences destinées à les propulser dans le monde du travail israélien. Formations en hébreu ou en français, longue ou courte, domaine choisi, l’offre est vaste et les garanties d’obtenir un emploi, après, souvent incertaines. Alors, comment trancher, comment s’y retrouver ?

Aujourd’hui, deux secteurs rencontrent chez les francophones un succès grandissant. Les métiers manuels et les médecines alternatives, entre autres, attirent les olims et ont la cote. Derrière cet engouement, des réussites et des échecs. Yohanan Ohayon est venu directement du Maroc à l’âge de 17 ans. Aujourd’hui, il a 29 ans et travaille en tant que chef cuisinier.

Il précise : « J’ai fait le programme Massa pendant un an en étudiant la comptabilité au Mahon Lev. J’ai continué pendant six mois, puis j’ai compris que ce n’était pas pour moi. J’ai fait des petits boulots, je cherchais ce que je pouvais faire. Puis je me suis découvert une passion, la cuisine. C’est mon métier aujourd’hui. »

Yohanan opte alors pour un enseignement en hébreu : « J’ai suivi une formation professionnelle de dix mois à Herzlya. C’est là où j’ai appris toutes les bases de la cuisine. Je suis revenu ensuite à Jérusalem pour pratiquer ». Ses débuts sont marqués par la mobilité professionnelle en milieu israélien non francophone : « Au début, j’ai travaillé à l’hôtel Ramada Renaissance, puis à l’hôtel Mamilla. Tous les ans environ, je changeais de boulot pour avoir le maximum d’expérience et de pratique. C’est ce qui fait de moi, aujourd’hui, sans me vanter, un bon cuisinier. » Dans son secteur, Yohanan n’a guère de difficulté à décrocher un premier emploi : « Dans le domaine de la restauration, on recherche tout le temps des cuisiniers, donc cela n’a pas été difficile de trouver un travail. Au contraire, on peut passer d’un emploi à un autre vraiment du jour au lendemain. Il y a beaucoup de demande, parce que c’est un métier qui est très polyvalent. » La barrière de la langue, Yohanan l’affronte sans se laisser décourager par les difficultés : « Mon hébreu était plus ou moins bon. J’avais pris des cours au Maroc et j’ai fait aussi un oulpan ici. Au début, j’avais des problèmes pour communiquer. Le fait de travailler avec des Israéliens m’a fait progresser et cela vous oblige à pratiquer et là j’ai vraiment appris à parler. » Tout va bien, jusqu’au jour où Yohanan est victime d’un accident aux jambes: « Je ne pouvais plus travailler, parce que le métier de cuisinier est rude, physique. On est debout pendant au moins douze heures. Aujourd’hui je suis à chef à mon compte. J’ai ouvert un service traiteur pour les ‘shabbat hatan’. Il y a des mois ou le salaire suit, d’autres moins. J’ai créé mon « labo », je cuisine aux horaires qui me conviennent, je me repose quand je veux, bref, je suis indépendant. ».

 

Par Dahlia Perez

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine

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