Contrairement à nos centrales nucléaires qui fonctionnent sur le principe de la fission, ce projet veut utiliser la fusion nucléaire, comme ce qu’il se passe au cœur du soleil. Vinci a annoncé la livraison d’une partie des bâtiments dans le sud de la France.

Et si l’avenir de l’humanité se situait à Saint-Paul-lès-Durance, petite commune de 855 habitants, au cœur de la Provence? C’est ici qu’est implanté le Centre de Cadarache, le plus grand centre de recherche et de développement en Europe sur l’énergie nucléaire. Vendredi 8 novembre, le groupe Vinci a annoncé la livraison d’une partie des bâtiments qui vont abriter le futur réacteur à fusion ITER, pour « International Thermonuclear Experimental Reactor ».

Derrière ce nom un peu barbare se cache un programme international qui pourrait permettre, à terme, de fournir une énergie quasi-illimitée. C’est d’ailleurs un des projets les plus ambitieux du monde dans ce domaine. Pas moins de 35 pays se sont engagés pour parvenir à réaliser sur Terre un des mécanismes les plus puissants qui régissent notre univers.

En réalité, il ne s’agit ni plus ni moins que de recréer ce qu’il se passe au cœur du soleil et dans les étoiles. Aujourd’hui, nos centrales nucléaires fonctionnent sur le principe de la fission : on casse des atomes et cela produit de l’énergie.  Pour ITER, on fait l’inverse: on les fusionne en faisant chauffer un gaz à 150 millions de degrés. Il en résulte du plasma, l’un des quatre états de la matière (avec le solide, le liquide et le gazeux) dans lequel les particules vont fusionner en dégageant de l’énergie. Pour résumer : on prend en modèle le soleil, cette immense boule de plasma.

L’avantage de la fusion: il n’y a pas d’uranium. On utilise une réaction deutérium-tritium. Pour obtenir du deutérium, il suffit de distiller de l’eau, même de l’eau de mer. Quant au tritium, il peut s’obtenir à partir de lithium, qui se trouve en abondance dans la croûte terrestre.

En fusionnant, les atomes produisent principalement de l’hélium, un gaz inerte non toxique. Et surtout non radioactif. Donc pas de déchets ni de risque nucléaire puisque « les conditions propices aux réactions de fusion sont difficiles à atteindre ; en cas de perturbation, le plasma se refroidit en l’espace de quelques secondes et les réactions cessent » explique le site internet de l’ITER. Avec à la clé la promesse d’une énergie illimitée, le Graal énergétique.

Pour y arriver, Vinci est chargé de ce chantier pharaonique, avec une cathédrale de béton de 80 mètres de haut et de plusieurs mètres d’épaisseur, équipée de « portes nucléaires géantes » de plusieurs dizaines de tonnes.

Pour quel prix ? Le chantier coûte cher, très cher. A date: un budget estimé à 20 milliards d’euros… Mais ITER est un projet international, financé à un peu plus de 40% par l’Union européenne et le reste par la Chine, les Etats-Unis, le Japon, la Corée et la Russie.

Projet au long cours

Et le chantier profite aussi aux entreprises françaises : 3,6 milliards de commandes pour Vinci mais aussi pour Daher qui s’occupe de la logistique. A cela, il faut ajouter plus de 400 entreprises sous-traitantes.

Mais il va encore falloir être patient avant d’alimenter les cafetières avec un réacteur à fusion. On estime que cela pourrait avoir lieu aux alentours de 2050 voire 2060. Auparavant, il y aura évidemment de nombreux rendez-vous et phases de tests.

Pour comprendre l’enjeu de ce programme, il faut jeter un œil dans l’histoire. L’ITER a été initié par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev… Et le plus incroyable, c’est que personne ne sait encore si cela va vraiment marcher. En tout cas, tous les espoirs sont permis.

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