Eli Cohen, l’Agent 88

Eli Cohen

Eli Cohen

Au moment où sort sur les écrans de Netflix une série (très fidèle) sur la vie et la mort du plus grand des espions israéliens, avec Sacha Baron Cohen dans le rôle, on apprend que le Mossad est en train doucement de déclassifier tous les documents du dossier Eli Cohen, 54 ans après ‘Notre homme à Damas’ soit devenu une légende.

L’Agent 88 fut le nom de code d’Eli Cohen dans la communauté des services secrets israéliens. 54 ans après sa capture et sa pendaison, le Mossad a décidé de libérer l’information et de publier deux rapports sur l’activité réelle de Cohen. Ces deux rapports se basent sur les milliers de documents et de photos qui prouvent l’acticité et la créativité extraordinaire d’Eli Cohen au sein du régime syrien. Jusqu’à ce que les services de sécurité d’Ahmed Soudani viennent frapper à sa porte. Des rumeurs courraient au moment où nous écrivions ces lignes que les restes d’Eli Cohen pourraient être rendus par la Syrie à Israël.  Ce qui pourrait accréditer la publication des rapports comme si sur un plan global, après 54 ans, cela n’avait plus d’importance.

10 personnes connaissaient son identité

Pendant huit mois de mai 1960 à janvier 1961, dans le cadre de sa formation physique et psychologique, Eli Cohen a été transféré dans une maison de Tel-Aviv et a entamé sa transformation et soigné sa couverture. Seulement 10 personnes connaissaient son identité car sa mission est aussi secrète que vitale, pénétrer le régime de Damas qui mettait en danger tout le pourtour du lac de Tibériade et les kibboutzim de la région. Eli Cohen avait déjà postulé deux fois au Mossad, car quand il vécut en Egypte ou il est né, son activité principale avait été d’évacuer les familles juives de ce pays. Tous ceux qui approchèrent Eli Cohen décriront la peine d’Eli quand il devait se séparer de Nadia (qui ne savait pas pour qui il travaillait) et de Sophie sa fille. Pour isoler Cohen une seule personne fut agrée pour transmettre des lettres d’Eli Cohen a sa femme, des lettres qui furent écrites avant qu’Eli Cohen ne voyage et dates toutes différemment !

Eli Cohen

Eli Cohen

Les documents déclassifiés par le Mossad révèleraient qu’Eli Cohen lors de son premier voyage début 1962, avait réussi à nouer des contacts étroits avec pas moins de 50 hautes personnalités syriennes, extrêmement proches du pouvoir et des autorites militaires au plus niveau. Ce premier contact ne devait durer que trois mois mais a continue trois mois supplémentaires devant les résultats excellents. En septembre 1964, Eli et Nadia étaient à la tête d’une petite famille avec deux filles Sphie et Irit et enceinte du troisième qui s’avérera être un garçon et pour lequel il pourra toutefois assister à la Brit Mila. Le second voyage de’ Eli Cohen consista d’abord à identifier les réseaux téléphoniques syriens, à s’intégrer dans les coulisses du parti Baas, juger la stabilité de ce régime. Rien ne laissait penser que cela devait être son dernier voyage. Un dernier voyage qui commença par un détour évidemment par l’Europe mais aussi par la fabrication d’une nouvelle couverture afin de justifier ses absences longues en Israël et son éloignement de Damas.

Mes jambes sont en feu

L’un des agents qui l’encadraient se rappelle que lors de son départ Eli Cohen était exalte et qu’ila pris bien soin de laisser des lettres et des cadeaux à sa famille. Sa femme aurait une autre version de ce départ : elle raconte qu’Eli lui avait confié; Mes jambes sont en feu, témoigne-t-elle. Je pense quelqu’un en Syrie me suspecte. Ce qui confirmerait que Nadia savait. Eli Cohen recommença à émettre en morse début décembre 1964 jusqu’à mi-janvier 1965 sans se préoccuper des soupçons qui pesaient sur lui.

la suite dans le prochain Magazine special 20 ans