« Incident de frontière » : l’amère réalité

Michèle Mazel

 

Un de ces réveils tragiques hélas trop familiers en Israël.

Trois jeunes soldats – le plus « vieux » n’avait que vingt ans – ont été tués par un soldat égyptien qui avait réussi à franchir la frontière sans être repéré. Une frontière qui sépare deux pays en paix.

Il s’agit, nous dit-on, d’un incident isolé ; le soldat a agi seul. C’est à qui, du Caire à Jérusalem, insisterait le plus sur le fait que cet incident isolé ne remet en rien en cause les excellentes relations et la coopération sécuritaire entre les deux pays.

Tout de même. L’armée israélienne déploie des moyens considérables pour protéger cette frontière de paix. Contre qui ? Contre les passeurs de drogue qui passent aussi à l’occasion armes et munitions. Il y aurait des dizaines de tentatives de ce genre par mois.

L’armée en arrête la grande majorité, pas l’intégralité.

Mais au fait, comment ces passeurs arrivent-ils à la frontière sans être stoppés par l’armée égyptienne qui patrouille de l’autre côté ? Et comment ce soldat égyptien a-t-il pu franchir la frontière sans être repéré par ses collègues ?

Il se dit à mi-voix que ce ne sont pas des unités d’élite de l’armée égyptienne qui sont postées là, et que nombre de soldats sont de petits délinquants ayant choisi de servir leur pays sous les drapeaux plutôt que de languir dans les prisons.

Certains d’entre eux seraient-ils prêts à fermer les yeux sur le trafic de drogue pour éviter d’être confrontés aux bandes de passeurs puissamment armés – ou moyennant compensation ?

Une arme automatique, six chargeurs, un Coran… et pas d’eau

On nous dit aussi que le soldat avait soigneusement préparé son opération, était équipé de mitraillette, de six chargeurs et d’un Coran.

C’est que, selon des sources officielles égyptiennes, il s’était récemment radicalisé. À l’armée justement. Est-il le seul ? Si ses supérieurs étaient au courant, ils ne se sont pas demandés s’il n’y avait pas lieu de l’éloigner de la frontière ?

Dénégations égyptiennes

Plus grave sans doute. Dans un premier temps, les autorités égyptiennes ont tenté de présenter une tout autre version des faits. Selon un communiqué du porte-parole de l’armée,

« un membre du personnel de sécurité des frontières égyptien et trois membres du personnel de sécurité des frontières israéliens ont été tués et deux autres blessés, au cours d’un échange de tirs alors que le personnel égyptien poursuivait les trafiquants de drogue à travers la frontière aux premières heures de samedi matin. »

Le grand quotidien Al Ahram rapporte que le général Zaki, ministre de la Défense, « a présenté ses condoléances aux victimes des deux côtés. »

Des réseaux sociaux électrisés

Bref, alors que les officiels israéliens et égyptiens se gargarisent de propos lénifiants, et qu’en Israël, on pleure ces jeunes vies brutalement fauchées, en Égypte l’ambiance est tout autre. Les réseaux sociaux ne tarissent pas de louanges sur l’exploit de ce héros solitaire venu narguer les Juifs.

C’est que plus de quarante ans après le traité de paix avec Israël, l’hostilité, pour ne pas dire la haine d’une grande partie de la population, entretenue par l’éducation et les prêches, est toujours aussi vivace.

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