Faut-il sauver la soldate Shaked? pour offrir une majorité à Netanyahou ?

 

Shaked

Shaked

 

Marc Bruzowski pour Israël Magazine

 

Lors du festival de Danse de Karmiel (photo), Ayelet Shaked s’est présentée comme ministre de l’Intérieur et cheffe de parti de la majorité, en appelant à l’unité . « il est impossible que la moitié du peuple ait l’impression que son pays lui a été volé » (par des élections tronquées).

Son ambition est à présent, de travailler à la formation d’un parti renforcé à droite et au centre et d’un gouvernement d’unité nationale. Elle ira jusqu’au bout du processus électoral et ne se désistera pas. Certains de ses proches actuels, comme le Ministre des Cultes, Matan Kahana, ne sont pas certains de demeurer au sein de la formation « Yamina » qu’elle dirige, depuis le retrait de la politique de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett.  Par cette manœuvre de « sacrifice », celui-ci va-t-il parvenir à sauver son ex-parti, en en confiant les rênes à celle qui a incarné une certaine intransigeance à droite (à la Justice, puis à l’Intérieur), tandis que Bennett cristallisait toutes les haines, liées au sentiment de trahison de ses électeurs, avec l’accord de coalition ?

Mais, le second niveau de paradoxe est ailleurs :

les deux partis de droite ayant forgé la précédente coalition, la Nouvelle Droite ou « Yamina » et le « Nouvel Espoir », de Gideon Saar, se situent dans les sondages à 4 sièges, c’est-à-dire qu’ils sont menacés de la sanction de l’élimination, en n’atteignant pas le seuil d’éligibilité. Or, Bibi Netanyahou, en cumulant ses réserves de voix naturelles, arrive toutjuste à former une majorité à droite, qui l’amènerait au-delà des 60 sièges sur 120. D’où le casse-tête électoral revient à dire qu’il faudrait au moins réinsérer l’un de ces deux partis, néanmoins de « droite », -malgré leur pas de deux précédent, au centre-gauche, avec Yesh Atid et Gantz – pour dépasser le seuil fatidique, en nombre de sièges… Sans quoi, ce serait Netanyahou lui-même qui se trouverait devant des choix cornéliens d’alliance, telles qu’on les a reprochées à la précédente coalition… Ainsi va désormais la carte électorale d’Israël. Que faire ?

A tous les tours précédents, Netanyahou est arrivé avec le parti majoritaire (30 à 36 sièges), mais dans l’incapacité d’entraîner derrière lui suffisamment d’adhérents à sa politique.

 Si Ayelet Shaked, honnie par beaucoup, se présente comme elle s’y engage et franchit le seuil d’éligibilité, et comme elle a dit qu’elle se rangerait sous la bannière de Netanyahou, c’est elle qui apporterait le précieux Sésame : la possibilité de retour de Bibi au poste de Premier ministre. Ceux qui l’ont fait chuter précédemment, sont ceux-là même qui peuvent le remettre en selle… En mettant un terme à bien des controverses précédentes autour du « Tout sauf Bibi ». Mieux, Gideon Saar, ancien rival au Likoud, ne semblant pas se prêter au même jeu du retour au bercail, l’option Ayelet semblerait la moins « coûteuse » pour Bibi, malgré ses désirs sous-jacents de punir les rebelles…Dans le cas contraire, l’électeur de droite, courroucé contre tous les adeptes du « compromis » Gantz-Lapid-Bennett et ajoutons-y le poids lourd de Mansour Abbas (Raam), s’adonnerait à un vote-sanction autour de Ben Gvir-Smotrich, ainsi renforcés contre les fautifs. Shaked et son parti pourraient-être éliminés et… mais ne priverait Netanyahou de son 61è et indispensable siège.

Rappelons que les bulletins de vote des électeurs appuyant les listes qui ne dépassent pas le seuil d’éligibilité ne sont, finalement pas, décomptés. Ceci représenterait la perte des dizaines de milliers de voix allant directement à la corbeille, comme s’ils n’avaient pas voté.

Une autre solution pour Netanyahou serait aussi de manœuvrer de telle sorte que son ancienne opposante soit sanctionnée en ne prenant plus la tête de Yamina ou de son groupe épigone, si elle change de nom pour lui refaire une virginité. Le poste de dirigeant pourrait revenir à un personnage jugé plus conciliant : ce pourrait être Matan Kahana, mais, là ce sont les religieux qui veulent « sa peau », après un certain nombre d’accommodements avec leur monopole (casherout, conversions…). Amichaï Chikli, qui a l’empathie d’une partie du camp Netanyahou, a été exclu de Yamina (pour les mêmes raisons). On se trouve donc devant une quadrature du cercle, sinon en recourant aux tombeurs du précédent gouvernement, comme Nir Orbach et Idit Silman.

On dit qu’Ayelet Shaked conserve juste une poignée de partisans au Likoud, mais aussi de solides opposants. L’une d’elle a longtemps été Sarah Netanyahou elle-même. Est-ce qu’une récente poignée de main, même timide et réservée, entre les deux femmes (photo), augure d’une tentative d’apprendre, contraintes et forcées, à se tolérer à minima pour franchir ensemble deux dangereux seuils vers une majorité rêvée ?

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine

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