« Je m’appelle André Léon (LION)  Darmon. Né sous l’astre du Lion, un 23 juillet, je porte également le prénom Yehouda, en hommage à cette tribu dont le lion fut l’emblème. On comprendra dès lors la résonance particulière, presque intime, que trouve en moi l’opération israélienne « Le Lion Rugissant ». C’est pourtant un lion lassé -pour ne pas dire épuisé- qui a dû se résoudre au repos, durant quelques semaines, délaissant ses activités, toute affaire cessante. Mon absence, tout à fait exceptionnelle en vingt-sept années de labeur et de parution du magazine, explique ce retard de parution en ce début d’année, ce dont je vous prie de m’excuser.

Ceci posé, replongeons sans tarder au cœur de notre actualité brûlante. Nahoum Barnea, éditorialiste au Yedioth Aharonot, opposant viscéral et historique à Benyamin Netanyahou, a confessé, à ma grande surprise, qu’il se serait peut-être finalement mépris sur le compte du Premier ministre à la lumière de ses derniers succès. Qu’il se rassure : il s’est bel et bien fourvoyé. Reconnaître les accomplissements prodigieux de ce dernier sur les fronts diplomatique, militaire et économique ne relève pas du ‘bibisme’, mais de la simple observation des faits et d’une honnêteté intellectuelle élémentaire. Cesser comme le fait aussi son compère Ben Caspit de Maariv ( qui lui aussi fait Techouva!!) de cracher un venin venu des limbes de la jalousie et de la petitesse.

Une autre réflexion m’est venue concernant ces analystes et commentateurs dont l’unique hantise, sitôt une opération militaire engagée, est d’en deviner l’issue temporelle et de de l’extorquer aux hommes politiques ou à nos généraux. À l’instar du début de la guerre à Gaza, mes confrères des chaînes 12, 13, 11, et certains habitués de la version française d’i24, se sont remis à psalmodier une date de fin de guerre, à l’espérer, à l’attendre, oubliant qu’une guerre se mène d’abord pour être gagnée. Comme si Israël allait dévoiler ses cartes, ses plans ou ses ambitions au grand jour, dire ce qu’il va faire ou ne pas faire. Mes recherches pour le second tome de mon ouvrage sur le 7 octobre ont ainsi mis en lumière un renoncement doctrinal préoccupant : le concept de « victoire » a purement et simplement été rayé du lexique de l’état-major de Tsahal. Sous prétexte de proximité géographique avec l’ennemi, certains généraux ont fini par considérer la victoire comme un objectif hors d’atteinte. Face à cet abandon sémantique et stratégique, Boaz Bismuth, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, s’emploie désormais à réhabiliter cette notion vitale au cœur de la stratégie nationale. Ceci pour tenter modestement d’expliquer qu’il est aujourd’hui impossible de dire de quoi sera fait demain, à plus forte raison après-demain surtout en ce qui concerne l’Iran. L’appel au démantèlement de ce régime fanatique qui cultive la menace nucléaire depuis trente ans est une nécessité vitale, bien qu’aisée à formuler à distance ou sur les plateaux de télévision. Désarmer une telle puissance nucléaire exigera une patience stratégique. Il nous faut également garder à l’esprit qu’au Moyen-Orient, un changement de régime n’est pas toujours un gage de stabilité, et que de plus la versatilité diplomatique de la communauté internationale pourrait rapidement transformer nos actions nécessaires d’aujourd’hui en reproches, demain.

la suite se trouve dans le magazine a paraitre cette semaine