L’ambassadeur de l’UE en Israël Emanuele Giaufret et le président Reuven Rivlin à la résidence du président à Jérusalem ( Photo: délégation de l’UE en Israël )

Jérusalem est habituée à voir l’Europe comme une entité affaiblie et à rejeter ses protestations, mais cela pourrait être une erreur si Israël décide de prendre une mesure d’annexion formelle, ce que beaucoup en Europe considéreraient comme un changement de jeu et avancer des mesures coûteuses

Israël a de plus en plus critiqué l’UE ces derniers jours, alors que plusieurs dirigeants européens expriment leur opposition à une éventuelle annexion israélienne en Judee Samarie
 
Netanyahou et ses principaux ministres ces dernières années, accusaient l’UE de poursuivre des politiques anti-israéliennes, de soutenir les boycotts et de financer les organisations soutenant le terrorisme palestinien.

L'ambassadeur de l'UE en Israël Emanuele Giaufret et le président Reuven Rivlin à la résidence du président à Jérusalem

L’ambassadeur de l’UE en Israël Emanuele Giaufret et le président Reuven Rivlin à la résidence du président à Jérusalem
( Photo: délégation de l’UE en Israël )
Des propos durs et non diplomatiques ont été utilisés à plusieurs reprises par des responsables israéliens contre Bruxelles, ce qui a eu un impact négatif sur la perception israélienne de l’UE.
Israël a tort de dépeindre l’UE comme hostile à Israël, et le nouveau gouvernement ferait bien de changer de direction.
L’UE est un allié stratégique d’Israël – dans le commerce et l’économie, dans la diplomatie et la sécurité, dans la technologie et le tourisme, dans la recherche et la culture. Ses critiques visent la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens et ne sont pas intrinsèquement anti-Israël comme certains le décrivent.
L’UE s’oppose aux implantation et aux intentions d’annexion d’Israël. Il encourage également la différenciation entre les territoires palestiniens et Israël, mais ne préconise en aucun cas un boycott d’Israël.
Les divisions croissantes entre les États membres de l’UE ces dernières années ont sapé le consensus européen sur une variété de questions de politique étrangère, dont le conflit israélo-palestinien.
Les partisans européens de Netanyahu, tels que le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a érodé la démocratie dans son propre pays, s’emploient activement à contrecarrer les critiques de l’UE à l’égard de la politique israélienne dans les territoires.

בנימין נתניהו עם ראש ממשלת הונגריה ויקטור אורבן ב ירושלים

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou avec son homologue hongrois Viktor Orban à Jérusalem l’année dernière
( Photo: Ruters )
Le Conseil des affaires étrangères de l’UE n’a pas adopté de résolutions communes sur Israël depuis la mi-2016. La concentration de l’Europe sur des défis plus urgents, tels que les réfugiés, le Brexit et maintenant le coronavirus – est également un facteur contributif à cet égard.
Cependant, l’Europe n’est pas disposée à ignorer les intentions d’annexion de Netanyahou. Les chefs de l’UE et les principaux États membres trouvent des moyens de contourner les divisions internes afin de transmettre les protestations, l’opposition et les avertissements à Israël: remarques franches du nouveau chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, déclarations conjointes de membres européens du Conseil de sécurité des Nations unies , des manifestations coordonnées au ministère israélien des Affaires étrangères par des ambassadeurs européens représentant des États ayant des vues politiques similaires, et une coopération avec d’autres organismes internationaux, tels que la Ligue arabe, qui s’opposent également à l’annexion.

דגל האיחוד האירופי

( Photo: Reuters )
Les représentants de l’UE ont utilisé tous ces outils ces dernières semaines. Ils ont exprimé une opposition sans équivoque à l’annexion, souligné qu’elle violerait le droit international, recommandé à Israël de ne pas le faire, et certains ont même mis en garde contre les conséquences juridiques et la détérioration de leurs relations avec Israël.
Des pays comme la France, la Belgique et le Luxembourg s’efforcent de mettre cette question à l’ordre du jour du Conseil des affaires étrangères de l’UE, appelant l’UE à définir des mesures punitives contre l’annexion israélienne.
Néanmoins, également en raison de divisions internes, l’Europe semble attendre de voir la nature et l’étendue de la décision d’annexion de Netanyahu avant de présenter des réactions concrètes et un prix réel.
Les différences dans les approches européennes sont évidentes dans la formulation des déclarations. La France, l’Irlande et la Suède, par exemple, s’expriment plus durement.
Borrell est également franc, mais le fait qu’il ne représente pas à ce stade une position unifiée de tous les États membres affaiblit la signification de ses remarques. Dans le même temps, Borrell cherche à renforcer les liens de l’UE avec la Jordanie, qu’il identifie comme un État clé en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec l'ancienne chef de la politique étrangère de l'UE, Federica Mogherini

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec l’ancienne chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini
( Photo: Reuters )
Israël s’est habitué à considérer l’Europe comme une entité affaiblie sur la scène internationale et à rejeter ses protestations. Cependant, cette attitude pourrait s’avérer erronée si Israël décide de prendre une mesure d’annexion formelle, ce que beaucoup en Europe considéreraient comme un changeur de jeu. Les principaux dirigeants européens pourraient proposer des mesures au sein des institutions de l’UE et ailleurs qui auraient un impact sur Israël.
Cependant, outre une menace de «bâtons», l’UE offre également des «carottes» au cas où Israël choisirait de progresser vers une solution à deux États. En 2013, l’UE a proposé une amélioration significative des relations avec Israël à celles d’un partenariat privilégié spécial si elle fait la paix avec les Palestiniens. Il est temps d’examiner cette offre, à laquelle Israël n’a pas encore répondu, sous un jour positif.
Cela, à son tour, nécessite un changement dans l’attitude du nouveau gouvernement israélien envers l’UE. Le nouveau gouvernement devrait considérer l’UE comme un ami et un partenaire, et cesser de dénigrer l’UE.
Elle devrait soutenir une UE forte qui joue un rôle clé sur la scène internationale et donner la priorité aux liens avec les États européens guidés par les valeurs démocratiques libérales.

Joseph Borrell, chef de la politique étrangère de l'UE

Joseph Borrell, chef de la politique étrangère de l’UE
( Photo: AFP )
Le gouvernement devrait chercher à renouveler son dialogue politique de haut niveau avec l’UE et convoquer à nouveau le Conseil d’association Israël-UE, suspendu depuis 2012.
Il devrait également saluer la participation de l’UE aux efforts visant à faire avancer le rétablissement de la paix israélo-palestinien, y compris le soutien européen aux organisations de la société civile favorables à la paix et à la démocratie.
Cependant, le recalibrage des relations Israël-UE ne sera pas possible tant qu’Israël promeut l’annexion. Ces deux choses ne vont pas ensemble.
Le nouveau ministre des Affaires étrangères d’Israël devrait en effet transmettre un nouveau message aux Européens au moment où il prend ses fonctions – partenariat et amitié, attachement aux valeurs démocratiques, volonté de dialogue et ouverture aux critiques – mais en même temps, il devrait chercher à bloquer l’annexion.
Non seulement à cause de l’opposition européenne, mais surtout par souci des intérêts nationaux d’Israël, de son caractère démocratique et de sa quête de paix.
Le Dr Nimrod Goren est le fondateur et chef de Mitvim – l’Institut israélien pour les politiques étrangères régionales et professeur en études moyen-orientales à l’Université hébraïque de Jérusalem.

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine

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