Gaza la juive, 20 ans après: Le Goush Katif, les nazis et le négatif identitaire

 Isaac Attia*

 Contrairement à l’idée que le plan de « désengagement » du Goush Katif ne serait qu’une simple péripétie dans le « processus de paix », donc un combat essentiellement politique, j’aimerais montrer en quoi il me semble qu’il s’agit-là, au contraire, d’un tournant dans ce processus et du passage d’un combat politique à un combat identitaire. Même s’il pourrait sembler que l’identité d’Israël aurait pu se sentir davantage interpellée par les concessions territoriales déjà en partie acceptées sur She’hem (Naplouse) ou Hébron, par exemple, il me semble que c’est justement Gaza qui représente le point le plus bas que notre peuple puisse atteindre dans la négation de son identité. En deux mots, si l’on prend conscience que les Palestiniens de Gaza sont le « négatif identitaire » d’Israël, qui prétend être nous-mêmes, à notre place, c’est justement à la source, à Gaza, qu’il faut démasquer l’usurpation d’identité.

Il faut comprendre l’enjeu d’une approche identitaire par rapport à une approche territoriale. Lorsque l’on dit : « On ne fait la paix qu’avec ses ennemis », cela sous-entend que deux parties sont en conflit sur un objet précis et ils peuvent décider de négocier un arrangement. Cela peut concerner des conflits  territoriaux, économiques, politiques. Or, lorsqu’il s’agit d’un conflit identitaire absolu, lorsqu’un peuple se revendique d’un même espace, d’une même histoire, d’une même identité qu’un autre peuple, aucune négociation n’est possible puisque c’est la totalité de l’autre qui est visée et non pas une zone de litige circonscrite. C’est « l’être » et non « l’avoir » qui est en jeu. Une guerre identitaire ne permet aucun concession : soit l’imposteur reconnaît son imposture, dans le meilleur des cas, soit l’usurpé accepte de renoncer à être lui-même, dans le pire des cas.

Nazisme et palestinisme

Les Arabes de Gaza constituent-ils, non pas un peuple à part entière, mais un « négatif identitaire » d’Israël ? Cette question audacieuse ne me serait jamais venue à l’esprit si je n’avais étudié assidument un autre ennemi célèbre du peuple juif, les nazis, et si je n’avais lu sous la plume antisémite  de Jean Genet, un rapprochement étonnant entre les Palestiniens et les nazis, dans leur acharnement à détruire Israël. Ce point charnière a été mis en lumière par le philosophe Eric Marty, dans l’analyse qu’il fait du texte de Jean Genet intitulé Quatre heures à Chatila (Bref séjour à Jérusalem, Gallimard, 2003). Marty nous présente un Jean Genet subjugué par le spectacle de la mort et des corps nus des fedayins palestiniens. Dans le camp de Chatila, après le massacre perpétré par les phalanges chrétiennes, il est avec Leïla Chaïd et en fait une description hallucinante. Viennent se superposer toutes les pulsions de Jean Genet : la transsexualité dans la mort, la fascination pour le crime, le culte de Caïn et de Sodome, et plus que tout, la superposition du nazisme et du palestinisme, seuls capables de se dresser devant Israël considéré avec horreur comme le Bien originel à effacer du monde.

Les nazis assoient leur identité sur trois composantes : Reich pour mille ans, espace vital et race supérieure. Ce triptyque totalitaire englobe ainsi les notions de temps, d’espace et d’être. Et soudain, surgit dans notre esprit le triptyque d’Israël : l’éternité (le temps), la terre promise (l’espace) et le peuple élu (l’être). En réalité, l’analogie n’est pas fortuite et le détail de l’idéologie nazie nous montrera à quel point il s’agit d’un miroir déformant du judaïsme jusque dans les moindres détails.

Un Reich pour mille ans

Le 1er pilier de l’idéologie nazie affirme l’établissement d’un empire (le Reich) pour mille ans. On pourrait considérer qu’il s’agit là d’une formule métaphorique traduisant le souhait que le régime dure le plus longtemps possible. Or, cette compréhension première est contredite par ce que les nazis appellent « la politique de la vie ». En effet, l’objectif n’est pas de durer mais de créer une race humaine immortelle. Un Reich « pour mille ans » est, en ce sens, un empire pour l’éternité. Dans ce but, des expériences médicales sont menées sur les jumeaux, des projets de clonages sont imaginés, la semence humaine est sélectionnée dans des « Centres de naissance » où des Allemands donneurs « purs » et des mères porteuses polonaises donnent naissance à des enfants dont on analyse la robustesse et la « pureté de la race ». A l’opposé, tout ce qui est considéré comme un affaiblissement de l’espèce humaine est éliminé du « corps social » sous forme d’euthanasie ou de stérilisation. Cette monstrueuse sélection de l’espèce humaine que les idéologues nazis ont appelée le « darwinisme social » a pour objectif avoué d’atteindre l’éternité.

L’éternité d’Israël

Cette aspiration à l’éternité demeure une des constantes du Judaïsme qui cherche à réparer la faute du premier homme ayant choisi l’arbre du Bien et du Mal, de la Vie et de la Mort, plutôt que l’Arbre de Vie qui conduit à « l’éternité d’Israël ». Les nazis ont repris à leur compte cette aspiration à l’éternité mais ils l’ont érigée en idolâtrie, ils en ont fait une monstruosité. Là où le Judaïsme prône le respect absolu de l’intégrité humaine en tant que parcelle divine, les nazis transgressent l’interdit. Cette caricature n’est pas sans conséquence. Outre qu’elle a conduit pendant la Shoah, à la volonté de faire disparaitre toute trace des Juifs et de l’authenticité de leur message, elle demeure, après la Shoah, comme une sorte de marque honteuse qui interdit désormais aux juifs d’évoquer, à haute voix, leur aspiration à l’éternité, de peur d’un amalgame avec le nazisme.

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine  numéro 300

Découvrez un exemplaire du magazine gratuitement et cliquez

https://online.fliphtml5.com/rjspi/vzxz/

Votre magazine est livré chez vous en toute confidentialité

S’abonner au magazine par téléphone ou par whats app 00972 (0) 54 254 45 20 ou au 01 86 98 27 27

Par email  Andredarmon21@gmail.com  pay pal  ou par BIT pour les Israéliens  0542544520 André Darmon
Ou directement sur le site

https://israelmagazine.co.il/sabonner-au-magazine/  pour le magazine papier

https://israelmagazine.co.il/join-us/  pour le magazine digital

Ou encore S’abonner au magazine livré chez vous en toute confidentialité. Remplir le formulaire

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfPYJfb8KjEya-X17w0DGPAuBlCGvqVUdh_Is8EL810Lxw82A/viewform?entry.1189475001=Recipient_Email