Par Jean-Marc Alcalay
C’était un dimanche !
Douze novembre, lendemain d’une grande victoire qui allait peut-être en annoncer une autre, mais cette fois-ci, contre les forces obscures de l’antisémitisme. Pari en partie tenu : 105 000 manifestants à Paris et 180 000 dans toute la France. Un beau succès, malgré la pluie, malgré les tripatouillages des politiciens qui ont failli faire trébucher les marcheurs. Même pour un rassemblement démocratique qui interrogeait aussi le rapport de la France à son passé antisémite, il n’y a pas eu de concorde ! Premier accroc ! Les partis d’extrême gauche, LFI, NPA et leurs sbires de gauche, les wokistes… n’étaient pas là et c’est tant mieux. La marche contre l’antisémitisme n’avait pas besoin d’antisémites pour la soutenir. C’eut été un bien curieux paradoxe, une injure de plus faite à la démocratie ! Il y manquait aussi nombre de compatriotes musulmans pourtant présents aux manifestations pro-Hamas et pro-palestiniennes mais curieusement bien mal à l’aise avec la République, la démocratie, le monde libre et la lutte contre l’antisémitisme. Leurs autorités, le recteur de la Grande mosquée de Paris et son entourage musulman n’étaient pas là non plus. Tant pis pour eux ! Ils se sont dévoilés ! Ils ont encore raté le train de l’histoire contre l’obscurantisme.
Le président macron fait du spiritisme
Mais le président Macron était là. Il était en tête du cortège, serrant quelques mains, mais semblait flotter au-dessus des écharpes tricolores des élus de la nation. Son corps légèrement décollé du sol donnait à cette scène un aspect irréel. En fait il n’était présent que par la pensée, la transmission de pensée. Absent à ce défilé, il a vite oublié son discours musclé du 8 octobre contre le Hamas et s’est vite dégonflé au fur et à mesure des jours, jusqu’à devenir une coquille vide de courage, allant jusqu’à demander aux Israéliens un cessez-le-feu immédiat, pour indirectement permettre au Hamas de se réarmer, de se redéployer. Il ne veut pas déplaire aux 7 millions de musulmans de France (à peu près 10% de la population) au dépend des 500 000 Juifs (0,7 %), sacrifiant du même coup les autres Français qui ne veulent pas d’une France islamisée. Le choix démographique du président est donc clair. Préserver en plus ses liens avec les pays arabes et faire les choux gras de cette France antisémite. Je n’irai pas jusqu’à dire, Mélenchon, Macron, même combat, mais quand même ! Encore donc une erreur de celui qui pour sa campagne présidentielle était à la tête du mouvement En Marche et qui dimanche 12 novembre a fait à nouveau Marche arrière… Sa lâcheté, son absence à la manifestation et son parti-pris pro-arabe, n’ont pas empêché le lendemain, des dizaines et des dizaines d’alertes à la bombe dans nos écoles françaises et les incidents antisémites de se perpétrer…
Alors, le RN, sur la touche !
Tous en marche contre l’antisémitisme mais pas tous confondus. Faut pas exagérer quand même ! Dès l’annonce de la manifestation, le Rassemblement National a été mis sur la touche à cause des casseroles antisémites de Jean-Marie le Pen. C’est vrai, il y a les casseroles du père, mais ne peut-on penser que depuis, sa fille n’a cessé de vouloir les récurer. Il n’empêche que tous les partis bien-pensants ont fondu sur le RN. Mais rien, contre le PC et ses casseroles staliniennes, le pacte germano-soviétique, passé à la trappe, au profit de la Résistance des communistes, le complot des blouses blanches, le Goulag, et le verrou posé de 1949 à 1989 sur les Juifs des pays de l’est qui voulaient quitter l’enfer communiste. Et puis, plus récemment, ce 4 mai 2023 cette tentative initiée par les communistes de faire voter par le parlement français une résolution accusant Israël d’être un état d’apartheid. (71 voix pour, 199 contre. Initiative rejetée) Rien non plus sur les casseroles des socialistes dont les leaders pensent encore être vierges de tout antisémitisme sans renier pour autant leur maître à penser, François Mitterrand et sa francisque, son travail sous Vichy passé lui aussi sous la trappe au profit de son action dans la Résistance à partir de 1943. Lui, Bousquet, l’ami de Mitterrand, a vraiment envoyé 13 152 juifs dans les fours crématoires d’Auschwitz, sans que ce soit là un cynique jeu de mots, mais une cruelle réalité. Rien non plus sur les derniers mots adressés à Jean d’Ormesson, de ce même président malade, au teint déjà cireux de la mort et alors qu’il va céder son pouvoir à Jacques Chirac. Nous sommes le 17 mai 1995. Jean d’Ormesson évoque René Bousquet, et Mitterrand de lui répondre comme pour se défendre de cette amitié embarrassante pour un président socialiste : Vous constatez de l’influence puissante et nocive du lobby juif en France[1]. Retour du refoulé, vieux réflexe vichyste d’extrême droite et antisémite.
La droite n’est pas non plus exempte d’antisémitisme. Elle a des casseroles aussi sales que les autres partis. Pour faire court, de l’ultra gauche à l’ultra droite, tous les mouvements politiques ont savouré le goût amer de l’antisémitisme et de façon plus lointaine, dans l’histoire de France, celui de l’antijudaïsme. Alors aujourd’hui, il est bien facile d’accuser Marine le Pen qui n’a eu aucun propos de ce genre, défend Israël et accuse le Hamas de crime contre l’humanité. Mais rien n’y fait. Le gouvernent, la gauche, la droite et les autres partis campent sur une posture politique telle contre le RN que ni les propos de Serge Klarsfeld ni ceux de Pierre Moscovici blanchissants le parti de Marine le Pen, n’y peuvent pour les faire changer de propos. Peur des prochaines échéances électorales sans doute ! Ne pas reconnaître que le RN a changé, équivaut à ne pas reconnaître que l’Allemagne a changé sous prétexte qu’elle a généré des millions de nazis…
La manifestation contre l’antisémitisme a donc eu lieu. Elle était nécessaire, mais pas suffisante, ni pour éradiquer l’antisémitisme, ni pour éradiquer les divisions du pays entre une France démocratique et une France totalitaire. C’est vrai aussi que les partis politiques ont gâché cette marche fraternelle. Mais elle a été digne, respectable, sans hurlements haineux, sans beaucoup de drapeaux français cependant, un peu trop silencieuse, un peu mélancolique donc, à l’image d’une France qui se sent impuissante et qui n’en peut plus de cet islam-isme meurtrier et de ce gauchisme crasse.
[1] Jean d’Ormesson, Le Rapport Gabriel, Gallimard, 1999, p. 347.
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