Ceci est une compilation des différentes interventions d’ Avi WeissDepuis plusieurs années, et de manière particulièrement intensive depuis le déclenchement de la guerre des Épées de Fer, Avi Weiss mène une entreprise de déconstruction méthodique des grands récits judiciaires, policiers et sécuritaires dominants en Israël. À travers des centaines d’articles, de documents judiciaires et surtout de longues interviews filmées, il développe une thèse centrale : l’existence d’un enchevêtrement durable entre parquet, police, services de renseignement et certains médias, produisant falsifications, dissimulations et entraves à la manifestation de la vérité.

Ce dossier propose une reconstruction intelligible et structurée de ses principales révélations, telles qu’exprimées dans ses interventions publiques de décembre 2025.
Le procès Netanyahou : falsifications, témoins défaillants et écoutes occultées

L’effondrement progressif des dossiers 1000 et 4000

Selon Avi Weiss, le cœur du procès intenté à Benyamin Netanyahu repose sur une architecture probatoire profondément viciée. Les audiences devant les tribunaux de Jérusalem et de Tel-Aviv auraient révélé des reconstructions a posteriori de faits inexistants, des procès-verbaux réécrits, des incohérences majeures dans les témoignages à charge, et surtout, l’effondrement méthodique des témoins clés de l’accusation.
Weiss rappelle qu’il fut l’un des premiers journalistes à dénoncer ce qu’il qualifie de «supercherie structurée » de l’affaire 4000.
L’affaire Shlomo Filber et la question des écoutes téléphoniques
Un point central concerne les écoutes de Shlomo Filber et de Netanyahou : dissimulation partielle des données brutes, manipulation de la chronologie, construction artificielle de la prétendue « réunion d’orientation ».
Avi Weiss affirme que le parquet dissimule au public des éléments relevant du renseignement électromagnétique et de la cyber-enquête, dont la divulgation ferait s’effondrer l’accusation.
Le rôle du parquet et les conflits d’intérêts institutionnels

Le président Herzog et la question de la grâce

Weiss soutient que le président Isaac Herzog se trouverait en situation de conflit d’intérêts objectif concernant une éventuelle grâce présidentielle à Netanyahou, en raison de son implication passée et indirecte dans les affaires 1000 et 4000, notamment via la protection accordée à certains responsables policiers.
Le parquet comme acteur central des dissimulations
Dans plusieurs dossiers — Yemen Field, Sdeh-Yémen, Patzarit, Cinquième Dimension — le schéma décrit est récurrent : effacement de conversations sensibles, neutralisation de plaintes internes, fuite sélective de documents vers certains médias, étouffement des volets touchant aux services de renseignement. Weiss parle d’un « parquet devenu acteur politique autonome ».
La guerre des Épées de Fer et la faillite du renseignement
Avant le 7 octobre : aveuglement organisé. Avi Weiss affirme que l’échec du renseignement ayant précédé l’attaque du Hamas ne relève pas d’une simple erreur, mais d’une culture de dissimulation : compartimentage excessif, suppression d’alertes internes, rivalités entre unités, priorités politiques imposées aux services.

« Black Sabbath » et la gestion de l’information

L’après-attaque aurait été marqué par : une rétention volontaire d’informations, la désignation de boucs émissaires, la sanctuarisation de certains responsables clés.
Les affaires classifiées : espionnage, secret d’État et manipulations médiatiques
1. L’« espion secret » et les zones d’ombre
Weiss évoque une affaire d’espionnage majeur, entièrement classifiée, concernant un agent activé avant la guerre : missions exactes non divulguées,chaîne de commandement dissimulée, raisons politiques du secret maintenu.
L’affaire de la procureure militaire et la fabrication d’une accusation
Selon les documents présentés : une accusation de viol aurait été fabriquée de toutes pièces contre un terroriste du Hamas, avec l’implication de la Force 100 de Tsahal, et une fuite coordonnée vers la chaîne 12 et des relais arabes. Le parquet, le Shin Bet et la police auraient ensuite travaillé à l’effacement des traces.
Médias, fuites et ingénierie de l’opinion
Avi Weiss décrit un système où certains médias ne jouent plus un rôle d’enquête mais de validation narrative : diffusion synchronisée de contenus sensibles, silence total sur les contradictions judiciaires, délégitimation systématique des lanceurs d’alerte. À l’inverse, des plateformes indépendantes (radio, chaînes YouTube, forums) deviennent les derniers espaces de dévoilement.
Conclusion : une crise de régime plus qu’une série d’affaires
Pour Avi Weiss, l’addition de ces dossiers ne relève pas de dérives ponctuelles mais d’une crise structurelle de l’État de droit israélien. Le véritable enjeu n’est pas la défense d’un homme — Netanyahou — mais la restauration de frontières claires entre justice, renseignement, politique et médias. Faute de quoi, avertit-il, Israël pourrait sortir de la guerre extérieure affaibli par une guerre intérieure contre la vérité elle-même.