LA ROUTE DES PÈLERINS JUIFS VERS LE TEMPLE DE JÉRUSALEM OUVRE AU PUBLIC

Nathalie Szerman

Crédit photos Szerman Films

La Route des pèlerins vers le Temple de Jérusalem est enfin ouverte au public, et c’est la plus grande aventure spirituelle et historique que Jérusalem propose aujourd’hui, une aventure où Juifs et chrétiens se rejoignent sur les pas des Hébreux de l’époque du Seconde Temple, arpentant des dalles romaines demeurées intactes.

La nouvelle de l’ouverture du site a été diffusée discrètement par la Cité de David, qui en a la gestion. Quelques groupes de guides, d’amoureux de la Bible, de collégiens aux enseignants curieux et informés, n’ont pas tardé à pointer le nez, réalisant à peine la portée et la signification de leur présence ici, sur ces dalles, leur présence de jeunes Israéliens dont les ancêtres n’étaient autres que les Hébreux.

Du bassin de Siloam, point le plus bas de la ville, jusqu’au Mont Moriah, sur lequel se dressait autrefois le Temple de Jérusalem, ces petits groupes de visiteurs ont été les premiers à effectuer une ascension physique et spirituelle émouvante sur la Route des pèlerins, déterrée de décombres restés en place depuis la destruction du Deuxième Temple par Titus, en 70 de notre ère. Les textes (Flavius Josèphe notamment) évoquent la montée des pèlerins, mais la Route donne pour la première fois un itinéraire continu, archéologiquement observable, depuis la Cité de David jusqu’aux portes sud du Mont du Temple (Shaarei Houlda). La topographie révélée correspond à ce que décrit Flavius Josèphe : une ville structurée autour du Temple, avec des flux de pèlerins canalisés par des axes monumentaux.

Les Fêtes de pèlerinage et le Temple de Jérusalem

Mais qu’est-ce que cette « Route des pèlerins » ? Elle n’a rien à voir avec le parcours des Franciscains du XIVᵉ siècle. Ici, tout en bas de la ville, commençait l’ascension des pèlerins juifs vers le Temple, au premier siècle sur ces mêmes dalles, mais aussi bien avant (probablement depuis l’installation du Mishkan sur le Mont du Temple) sur d’autres sentiers. Les Hébreux allaient rendre un culte à l’Eternel. Pendant les trois fêtes de Pèlerinage que sont Pessah, Shavouot et Souccot, ils se retrouvaient au bassin de Siloé, plus grand point d’eau de la ville, avant de commencer leur montée. C’est qu’à l’époque, le culte était centralisé à Jérusalem, les synagogues servant juste de maisons de rassemblement (« batei Knesset » en hébreu) et d’étude. la suite dans le prochain numero d’Israel Magazine