Shaï Graucher:
« La guerre m’a profondément affecté. Elle m’a changé intérieurement. Elle m’a aussi donné une force et une responsabilité que je ne soupçonnais même pas. »
Il s’appelle Shaï Graucher. Jusqu’au 7 octobre 2023, cet homme d’affaires de 35 ans menait une vie paisible de philanthrope à mille lieux des projecteurs des studios de télévision. Mais depuis cette maudite journée, Shaï a pris sur lui de venir en aide à toutes les personnes touchées, blessées et concernées par le pire massacre subi par le Peuple Juif depuis la Shoah. Celui qui dirige l’association Klal Israël-Hessed Ve Rahamim se tient au côté des soldats d’Israël. Des familles des victimes et des otages revenus de l’enfer de la Bande de Gaza. Rencontre avec l’un des plus grands bienfaiteurs de ce pays.
Jonathan Serero : Où étiez-vous le 7 octobre ?
Shaï Graucher : Comme tous les Israéliens, le 7 octobre, mon monde a tremblé et mon cœur de juif s’est brisé en mille morceaux. Exactement un mois avant que la guerre n’éclate, j’ai perdu mon père, le Rabbin Dedi Graucher, de mémoire bénie. Un homme de véritable bonté, une personne entièrement dévouée au don. J’étais à ses funérailles, au milieu d’une douleur immense, et j’ai promis : « Je continuerai ton chemin. » La vie n’a pas attendu longtemps pour mettre cette promesse à l’épreuve. Le 7 octobre est arrivé et je n’ai pas hésité une seconde. Il fallait venir en aide à l’ensemble de la population. Soldats, familles d’otages, familles de victimes, blessés. Tout le monde et c’est ce que j’ai fait.
JS : Comment avez-vous réussi à organiser l’aide pour tous les habitants des localités frappées par le massacre, les familles des otages et les soldats ?
Shaï Graucher : J’ai vu arriver devant moi des milliers de personnes qui avaient besoin d’aide, des soldats qui avaient besoin d’une étreinte, des familles qui avaient besoin que je leur tende la main. Quelqu’un pour les diriger, les guider, et surtout transformer la volonté en action. J’ai endossé cette responsabilité. Notre première mission était claire – soutenir les soldats de Tsahal partis pour nous défendre. Nous sommes allés sur le terrain avec des camions pleins d’équipement : de la nourriture chaude, des vêtements pour les nuits froides, et même un camion de laverie mobile avec des machines à laver et des sèche-linges pour que les combattants puissent laver leurs uniformes poussiéreux sur le terrain. Nous avons veillé à créer pour eux un grand espace de repos, des coins avec des fauteuils et des massages – une sorte de « spa » improvisé au front – des moments de répit physique et mental au milieu de l’enfer. Les soldats étaient stupéfaits par l’amour que le public leur envoyait, mais pour nous, c’était un privilège fondamental : leur montrer combien nous apprécions leur sacrifice. Les voir sourire valait tous les efforts.
JS : Outre l’aide aux soldats, vous vous êtes tenus aussi au côté des familles des otages




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