Le Mystère du Rapt des Enfants yéménites

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Par André Darmon    (Février 2017)

Au début des années 50 (du 20eme siècle), a eu lieu ce qui constitue peut-être le plus grand scandale qui ait secoué l’Etat hébreu : la disparition d’environ mille nouveau-nés dans les familles juives yéménites qui venaient d’immigrer en Israël. Les représentants officiels avaient argué à l’époque que ces enfants étaient morts. Les parents, quant à eux, étaient persuadés que leurs bébés avaient été enlevés des hôpitaux pour être vendus à des familles d’adoption en Israël et à l’étranger. Le problème reste qu’aucune sépulture ou presque de ces bébés n’a été retrouvée. En attendant le gouvernement israélien vient (en 2021) de reconnaitre indirectement et partiellement sa responsabilité dans cette affaire en indemnisant les familles. Mais les familles sont scandalisées qu’il n’y ait pas de reconnaissance officielle et publique de cette tragédie.

 

C’est une communauté entière d’Israël,

les Juifs yéménites montés dans les années 50, grâce à des opérations exceptionnelles, dont la fameuse opération « Tapis volant » amenant 50 000 Juifs yéménites en Israël, qui souffre depuis plus de 60 ans de ce mystère que les dernières révélations n’ont pas réussi à dissoudre. C’est une communauté qui a donné à son pays, ses plus grands chanteurs, Ofra Haza, Zoar Argov, Boaz Sharavi,  Ahinoam Nini, Haïm Moshe, Chochana Damari,  qui a donné de grands footballeurs, des soldats, des danses folkloriques qui sont, elles, entrées dans le patrimoine culturel israélien. C’est une communauté meurtrie qui pense toujours après l’ouverture de ces milliers de documents que beaucoup d’entre eux ont été dissimulés. La cicatrice n’est pas près de se refermer, même après cette décision d’indemnisation. On ne nous achètera pas a déclaré l’une victimes.

Plusieurs infirmières témoigneront cependant qu’un jour, des familles américaines étaient venues les bras chargés de cadeaux pour enfants prendre…livraison de nouveau-nés dans des hôpitaux israéliens. Pourtant dans quelques cas, la violente protestation des parents aura un effet brusque : les autorités leur restituent leurs enfants après avoir affirmé qu’ils étaient morts.