La Licra, dans l’œil du cyclone frériste ?

Par Marc Brzustowski

En septembre 2003, deux jeunes filles juives converties à l’islam, Alma et Lila Lévy, rallument le débat sur le voile à l’école d’Aubervilliers. Leur père Laurent est avocat du MRAP. Les militants du mouvement dirigé par Mouloud Aounit  s’affichent en compagnie de Tariq Ramadan, éloquence faite chair des Frères Musulmans, … jusqu’à l’abus sexuel. Avec les atteintes à la laïcité, l’officine brosse un tableau radical du conflit israélo-palestinien, cherchant à s’attirer les bonnes grâces des banlieues, de l’Islam et de l’ultra-gauche.

Le MRAP est une scission de l’ancienne Lica (devenue Licra en 1979), au moment de la création de l’État d’Israël (1948). Les deux courants s’éloignent totalement, quand éclate la Seconde Intifada : Patrick Gaubert se désolidarise de cortèges pro-palestiniens qu’entraîne le Mrap, d’où émanent les premiers « Mort aux Juifs » d’après la Shoah. Est-ce la naissance de l’islamo-gauchisme comme marque de fabrique du MRAP ?

L’antiracisme ne pardonne aucun écart de langage

Préservée jusqu’alors, la Licra, sous contrôle d’Alain Jakubowicz, se laisse séduire par la tendance tatillonne à judiciariser le moindre mot mal pesé. Le CCIF, bientôt interdit, se complait à ferrer l’intellectuel critique de l’Islam radical. Georges Bensoussan, au cours de l’émission « Répliques » de Finkielkraut sur France-Culture, cite un sociologue algérien. Mais, au lieu de parler de la « langue » qui transmet l’antisémitisme, il lui superpose l’expression de Begin, à propos des Polonais : les jeunes musulmans « tètent l’antisémitisme avec le lait de leur mère », au cours de l’éducation familiale. L’image lapidaire lui vaudra un procès en « racisme biologique », qui se conclut par un non-lieu.

La faute collective des associations antiracistes est d’avoir ouvert la boîte de Pandore aux thématiques du Collectif contre l’Islamophobie. Elles perdent de vue les crimes commis par des islamistes à la même période, pour s’attarder sur la forme, plutôt que le fond : comment des extraits radicaux de textes sacrés alimentent le fonds de commerce des extrémistes.

Le même constat expose aux menaces de mort Florence Bergeaud-Blackler, auteure du « Frérisme et ses réseaux, l’enquête » (Odile Jacob). François Burgat, antenne imprécatrice de la « fraternité » chez Médiapart, fustige cet ouvrage avec virulence.

Islamophobie : un slogan qui tue

 « L’Islamophobie », terme forgé par l’Ayatollah Khomeyni, sert de cache-sexe à l’Islamisme, qui condamne tout critique par une fatwa. En atteste l’attentat contre l’écrivain Salman Rushdie, en août 2022. Ce n’est qu’une sorte de « jeu de cartes », qui colle une cible sur le front du condamné, dans l’attente qu’un « loup solitaire » ou un commando Kouachi ne prenne commande et passe à l’acte.

On peut reprocher à la Licra de l’époque sa négligence envers ses victimes. Mais, le cas Bensoussan était-il un dossier « pour l’exemple », contre tout risque « d’amalgame » (le gros mot est lâché), ou cet engrenage inaugure-t-il du positionnement officiel de la LICRA ?

Des youyous pro-Hamas sur le site de la grande Mosquée ?

Une convention avec la grande Mosquée de Paris, passée avec la Licra, en mai 2021, nous éclaire sur les conséquences d’un choix stratégique : pour protéger les Musulmans du « racisme », il faut s’allier à leurs dirigeants et représentants, peu importe leur Credo.

Mais, un an plus tard, lors de l’attentat où Salman Rushdie perd un œil et l’usage de sa main, le recteur de la mosquée, Chems Eddin Hafiz transcrit la morale que ses ouailles devraient retenir de l’histoire :

« Les croyants se prosterneront, alors que (pour) les mécréants, leur (..) nuque partira dans le sens inverse … ». C’est une traduction élégante de la pratique de la décapitation. Le Bureau de la Licra lui demande de bloquer ce tweet horrible. Habile tacticien, il s’y résout.

Ce n’est que le continuum d’une posture bien ancrée : en avril 2021, un mois avant de parapher ce document de partenariat, le même recteur justifie l’OPA que le Hamas tente sur la question de Jérusalem :

« Je condamne fermement l’agression des fidèles musulmans désarmés dans l’enceinte de la mosquée El-Aqsa… », écrit Chems Eddin-Hafiz. Le Hamas s’empare des échauffourées sur l’esplanade, que tentent de débloquer les forces de sécurité anti-émeutes israéliennes, pour déclencher un déluge de roquettes. Mais, jamais le recteur n’évoque les pluies de missiles du Hamas sur les civils des deux bords, ni les pogroms dans les villes mixtes arabo-israéliennes.

Les militants de la Licra soulignent ce deux-poids-deux mesures : la mosquée de Paris se rend coupable d’antisionisme, masque de l’antisémitisme, depuis la Seconde Intifada.

Le refus de s’impliquer contre le boycott exclusif d’Israël comme discrimination

Appuyant cette tendance, le Président Mario Stasi dit son opposition à la lutte contre le mouvement Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS). Il ne veut pas pousser la LICRA dans des combats qui ne sont pas les siens. Ce ne serait que l’affaire d’Israël de se battre contre ceux qui lui dénient son droit à la simple existence en tant qu’État par des déclarations génocidaires.

Or, si on cherche les motifs des crimes commis en France, la propagande islamiste manipule à souhait les deux cibles, juif et « sioniste », pour n’en faire qu’une (voir le prêche condamné de l’imam Tataï de Toulouse). Les meurtres répétés valident que l’antisionisme est bien la forme globalisée ou prétextée de l’antisémitisme.

Amar Lasfar, envoyé spécial en France du prédicateur Al Qaradawi

Chems Eddin-Hafiz collabore régulièrement avec Amar Lasfar, membre à part entière de la Grande Mosquée de Paris, ancien dirigeant de l’UOIF, adepte du « télévangéliste » Qaradawi. Tous deux parviennent même à entraîner le binôme du recteur pour les photos-op du « vivre-ensemble » : le Grand Rabbin Haim Korsia, en visite à l’IESH, le centre de formation des imams à Château Chinon, qu’a fondé l’UOIF en 1992. Il est vrai qu’un audit de la Sénatrice Nathalie Goulet « cashérise » l’endroit en 2016, en dépit des généreux efforts d’une fondation caritative du Qatar, maison-mère de l’Internationale frériste, sous l’égide de la cheikha Moza bint Nasser al-Missned.

La répugnance instinctive d’une tête de réseau Licra

Alain David affirme disposer de prérogatives importantes au sein du bureau parisien. Dans un échange privé, il écrit à un éminent militant déporté enfant à Bergen-Belsen :

« J’ai appris très tard pour mon père. Pourtant j’ai toujours su que j’étais un Arabe, j’ai toujours éprouvé de la méfiance, voire une répugnance, que j’avais du mal à m’expliquer, à l’égard de la race juive. D’où mon attirance pour l’Allemagne » (C’est un spécialiste d’Heidegger, membre du parti nazi). Aveu : la découverte à l’âge adulte de l’arabité s’éprouverait-elle par un brusque dégoût viscéral du Juif ? Cette phobie est-elle contagieuse, à force d’empathie envers certains discours islamiques mentionnés plus haut  ?

Alain David semble avoir dans son collimateur plusieurs militants potentiellement éjectables. Ils ont la particularité d’être juifs, enfant caché , interné en Allemagne ou fils de résistant-déporté, comme le président de la Licra-Paris, menacé pour avoir remis une distinction honorifique aux époux Klarsfeld.

D’abord ligue contre les Pogroms en 1927, fondée lors de l’élimination du chef ukrainien Petloura (trop conciliant envers les pogromistes parmi ses troupes, même si l’histoire le dédouane de l’organisation des exactions antijuives en Ukraine), par Samuel Schwartzbard,

qu’est devenue la Licra, forge de l’universalisme français ?

Où donc a-t-on perdu le fil ?

 

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