Pierre Rehov
Depuis la révolution islamique de 1979, l’Iran n’a jamais cessé de constituer une menace stratégique, idéologique et existentielle pour l’État d’Israël. Alimenté par une haine des Juifs institutionnalisée, un soutien constant au terrorisme et un programme nucléaire clandestin, le régime des mollahs a placé la destruction d’Israël au cœur de sa doctrine. Et Israël, longtemps contraint à la retenue par les équilibres géopolitiques régionaux, a fini par frapper.
Dans la nuit du 13 au 14 juin 2025, l’armée israélienne a mené une opération d’envergure contre les principales installations nucléaires iraniennes. Cette attaque, d’une précision chirurgicale, marque un tournant dans l’histoire de la sécurité au Moyen-Orient. Mais elle n’est pas un coup de théâtre. Elle était prévisible. Il manquait une fenêtre d’opportunité. Avec l’administration Trump au pouvoir, beaucoup plus favorable à Israël que tous les gouvernement précédents, notamment celui de Barak Hussein Obama, le moment est venu.
Une obsession née de la révolution islamique
En février 1979, lorsque le régime du Shah d’Iran est renversé par la révolution islamique menée par l’ayatollah Khomeiny, une ère nouvelle s’ouvre dans le monde musulman. L’Iran ne devient pas seulement une théocratie : il devient le fer de lance d’un islam chiite militant, résolument hostile à l’Occident et viscéralement antisémite.
Khomeiny désigne rapidement les États-Unis comme le « Grand Satan », et Israël comme le « Petit Satan ». Dès les premières semaines du régime, les ambassades israéliennes sont fermées, les relations diplomatiques rompues, et le soutien aux ennemis d’Israël devient un pilier de la politique étrangère iranienne. Mais il ne s’agit pas simplement d’hostilité diplomatique : c’est une haine totale, profonde, théologique. Pour le régime iranien, l’existence même d’un État juif en terre d’Islam est une offense insupportable.
Cette hostilité n’a jamais cessé depuis. Elle se manifeste dans les discours, les manuels scolaires, les médias d’État, et les lois. Le guide suprême, Ali Khamenei, n’a jamais caché que la finalité de sa politique régionale est la disparition d’Israël. « Nous allons rayer Israël de la carte », a-t-il répété à plusieurs reprises. Cette rhétorique n’est pas purement symbolique : elle structure toute la stratégie militaire et diplomatique de l’Iran depuis plus de quatre décennies.
Une stratégie de guerre par procuration
Ne pouvant affronter Israël directement, l’Iran a méthodiquement mis en place un réseau de groupes armés dans toute la région, qu’il finance, forme et arme. Le Hezbollah au Liban, les milices chiites en Irak et en Syrie, les Houthis au Yémen, le Hamas et le Jihad islamique à Gaza : tous ces groupes sont les tentacules de la pieuvre iranienne.
Grâce à eux, Téhéran a multiplié les attaques contre Israël sans jamais avoir à en assumer directement la responsabilité. Le Hezbollah détenait plus de 150 000 roquettes pointées vers le territoire israélien. Le Hamas, après l’attaque du 7 octobre 2023, a prouvé qu’il était devenu une véritable armée, équipée de drones, de roquettes longue portée et de tunnels tactiques, tous financés et soutenus, au moins en partie, par l’Iran.
Ce système de guerre par procuration permettait à Téhéran d’user Israël sur plusieurs fronts tout en se présentant comme une victime auprès des puissances occidentales. En réalité, l’Iran est depuis longtemps l’architecte de l’instabilité au Proche-Orient.
Le programme nucléaire : vers l’arme du Jugement dernier
Derrière cette guerre indirecte, l’Iran mène une autre bataille, plus silencieuse, plus inquiétante : la conquête de l’arme nucléaire. Malgré les démentis officiels, les inspections de l’AIEA et l’accord de Vienne signé en 2015, tout indique que le programme nucléaire iranien n’a jamais cessé d’avoir une composante militaire. L’opération spectaculaire du Mossad, en 2018, qui a permis de rapatrier en Israël des tonnes d’archives confidentielles depuis un entrepôt à Téhéran, a levé les derniers doutes.
Depuis le retrait américain du JCPOA, l’Iran a relancé sans retenue l’enrichissement d’uranium, atteignant des taux supérieurs à 60 % – seuil proche de celui requis pour l’arme nucléaire. Les sites de Natanz, Fordow, Isfahan et Arak sont devenus les points névralgiques d’un projet de domination régionale par la terreur.
Mais il ne s’agit pas seulement de dissuasion. Contrairement aux doctrines nucléaires classiques, l’Iran poursuit une vision idéologique et religieuse. Dans sa théologie apocalyptique, la destruction d’Israël est un prélude à l’avènement du Mahdi, le messie chiite. L’arme nucléaire n’est donc pas seulement stratégique : elle est messianique.
L’opération Lion qui se lève : une frappe nécessaire
Face à une menace existentielle imminente, Israël a décidé d’agir. Dans la nuit du 13 juin, l’armée de l’air, le Mossad, le Shin Bet et les unités de cyberdéfense ont mené l’opération Rising Lion, frappant simultanément plusieurs cibles à Natanz, Fordow, Isfahan et ailleurs. Des drones furtifs longue portée, des missiles de précision et des attaques cyber ont été utilisés en parfaite synchronisation. La participation du Mossad dans toutes ces opérations a de quoi inspiré une génération de livres et de films d’espionnage. Certains observateurs iront jusqu’à dire que la précision de l’attaque israélienne, grâce au Mossad, est encore plus spectaculaire est incroyable que celle des bipeurs et des talkies-walkies piéges qui a éliminé la quasi totalité de l’état major du Hezbollah pendant l’été 2024.
À Natanz, des installations souterraines ont été partiellement détruites. À Isfahan, des entrepôts d’uranium enrichi ont explosé. À Arak, des laboratoires ont été rendus inopérants. Plusieurs sources indiquent que les frappes ont endommagé gravement les capacités de production iraniennes pour des années. Selon les renseignements américains, qui auraient été informés en amont, les frappes ont été d’une redoutable efficacité. Le président Trump a apprécié l’opération en la
Et maintenant ? — L’Iran riposte
Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Moins de 24 heures après les frappes israéliennes, l’Iran a lancé une riposte massive, baptisée Opération Promesse Tenue 3. Plus de 150 missiles balistiques et une centaine de drones ont été tirés vers le territoire israélien dans la nuit du 14 au 15 juin.
Bilan dramatique : au moins 3 morts, dont deux à Rishon LeZion et une femme à Tel Aviv. Plus de 170 blessés, selon les sources médicales israéliennes. Un immeuble résidentiel de 23 étages s’est effondré à Tel Aviv après l’impact d’un missile. Des dizaines de familles ont été évacuées dans l’urgence, certaines extraites vivantes des décombres. Plus de 100 bâtiments ont été endommagés à Tel Aviv, Ramat Gan, Holon et Bat Yam.
Le système Dôme de Fer a intercepté une grande partie des projectiles, avec le soutien des batteries Patriot américaines stationnées dans le sud du pays. Mais un nombre suffisant a franchi la barrière, démontrant les limites d’un système de défense face à une attaque de saturation. Des cyberattaques ont également ciblé les infrastructures énergétiques israéliennes, sans grands effets à ce stade.
Un tournant géopolitique
L’affrontement israélo-iranien a franchi un point de non-retour. Ce n’est plus une guerre de l’ombre. C’est un conflit direct entre deux États. Un conflit qui pourrait rapidement s’élargir si le Hezbollah au nord ou les milices pro-iraniennes en Syrie et en Irak se joignent à la mêlée. Le monde entier observe avec anxiété.
Les appels à la retenue se multiplient – Washington, Bruxelles, Paris, l’ONU – mais Israël ne peut plus attendre. Cette guerre lui a été imposée depuis 1979. Ce qu’il s’est produit aujourd’hui, nous l’avions écrit, prévu, et documenté. Notre livre 7 octobre – La riposte annonçait que cette opération n’était qu’une question de temps. Ce temps est arrivé.
La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine
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