Goush Katif, un Silence Criant

« S’il te plaît, ne déracine ce qui est planté ! »  (Chant « Al col eleh – Naomie Shemer)

Par Haïm Ouizemann

A l’été 2005, Israël réalise un retrait unilatéral (« Plan de Désengagement », « Hitnatkout » en hébreu), évacuant les 21 villages (Neve Dekalim, Kfar Darom, Netzarim, Elei Sinai, Nissanit, Dougit…) et les forces militaires de la bande de Gaza et de quatre implantations dans le nord de la Samarie (Homesh, Sa-Nour, Kadim et Ganim). L’évacuation ou plus précisément l’expulsion manu-militari qui concerne 10 000 citoyens juifs israéliens va susciter une controverse publique importante, des affrontements et une opposition — principalement du camp de la droite qui dénonce, alors, le caractère unilatéral de la mesure.

Trois raisons principales expliquent l’application de ce plan de désengagement qui, initialement prévu le 9 av (date hébraïque commémorative de la destruction des deux Temples de Jérusalem), aura finalement lieu le 12 av. Le silence des organisations des « Droits de l’Homme », le silence des cadres du Likoud et la décision arbitraire de la Cour Suprême conduisent à la catastrophe humaine, sociale et sécuritaire de l’expulsion du Goush Katif.

 Le silence des organisations des « droits de l’Homme »

En parallèle à une mobilisation active et massive, manifestations, blocages de routes et large couverture médiatique, un sentiment de silence et de faiblesse de la part d’organisations des droits de l’homme, de la société civile et des organisations sociales, s’est largement fait ressentir. Ce silence déshonorant fait référence à l’impression que la majorité d’entre elles — qu’elles soient laïques, religieuses ou sociales — n’ont pas agi avec vigueur en faveur des évacués-expulsés, ni pour défendre leurs droits, malgré les lourdes conséquences pour des dizaines de milliers de citoyens.

Beaucoup de ces organisations se concentraient habituellement sur les droits des Palestiniens au nom de l' »occupation des territoires » par le gouvernement. Dans le cadre de l’évacuation de ce qu’elles nomment « colons », elles choisissent souvent de ne pas s’impliquer fortement, notamment parce que le retrait était perçu (pour elles et une partie du public) comme une étape vers la fin de l’ »occupation » et une avancée vers la paix. Ces associations qui ont failli à leur mission morale d’entraide doivent être nommées. Il s’agit de l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), B’Tselem, Shovrim Shtika (Briseurs du silence), Guisha, The Hotline for Refugees and Migrants, Yesh Din, Médecins pour les droits humains, Adalah.

Outre des organisations de droite (comme le mouvement « Goush Katif » ou le parti politique « HaBayit Hayehoudi » qui ont mené une forte protestation, la plupart des organisations de la société civile en Israël ne se sont pas démarquées publiquement. Cela a été expliqué par un manque d’empathie envers la population évacuée ou par une crainte de s’aligner politiquement.

Le putsch d’Ariel Sharon

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine

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