Du consensus : la paille et la poutre

(Crédit photo : Images : Chris Ship Twitter, AP)
Michèle Mazel
En Israël, un gouvernement récemment élu disposant de la majorité absolue au parlement – 64 sièges sur les 120 que compte la Knesset -vient de voter une loi malgré les protestations de l’opposition.
Une loi qui divise profondément le pays et donne lieu à des manifestations de grande ampleur, mais jusqu’ici sans débordements et sans violence. Plusieurs recours ont été déposés et seront examinés par la Cour Suprême au mois de septembre.
La tradition de donneur de leçons
Mais sans attendre, l’Union européenne se déclare vivement préoccupée. Comme toujours, quand il s’agit de l’État juif, la France est au premier rang des donneurs de leçons. Lisons ensemble :
« Le ministère français des Affaires étrangères a publié un communiqué, suite à l’adoption par la Knesset de la loi sur la clause de raisonnabilité. La France appelle Israël à agir dans l’esprit du consensus. La France est profondément attachée aux principes de la démocratie qui constituent la base de son amitié avec Israël depuis son indépendance. Elle appelle les autorités israéliennes à appréhender toute question concernant les institutions étatiques démocratiques dans un esprit de consensus. Le vote d’une loi qui limite les droits de la Cour suprême par la Knesset le 24 juillet, malgré la protestation importante manifestée, est loin de cet esprit. »
Faites ce que je dis, pas ce que je fais
Ainsi, la France appelle Israël à agir dans l’esprit du consensus. La question est de savoir en quoi consiste ledit « consensus » et pourquoi il est important. Pour cet outil indispensable qu’est le Larousse, consensus signifie « Accord et consentement du plus grand nombre de l’opinion publique. » Ce qui est tout de même surprenant.
En effet, il n’y a pas si longtemps, des manifestations monstres et parfois violentes, contre une loi repoussant l’âge de la retraite ont secoué l’hexagone pendant plusieurs semaines.
Matraque et 49.3
La mesure se heurtait à une large opposition de gauche comme de droite. Qui plus est, elle était incapable de réunir la majorité nécessaire pour être votée au parlement, tant et si bien que le gouvernement a dû faire appel à une procédure spéciale pour passer outre. Voyons cela de plus près.
La France est une démocratie modèle, nous dit-on, avec une longue tradition parlementaire. Un gouvernement qui ne disposait pas de majorité à l’assemblée a pu néanmoins passer en force, en utilisant l’article 49, alinéa 3, de la Constitution pour faire adopter le projet de loi, sans passer par un vote à l’Assemblée nationale. Saisi, le Conseil Constitutionnel a, certes, rejeté les recours et validé la loi. Elle n’avait pourtant pas obtenu « l’accord et le consentement du plus grand nombre de l’opinion publique. »
Il ne s’agit pas, ici, de prendre position pour ou contre le texte que vient de voter la Knesset. Ce qui est en cause, c’est l’extraordinaire mauvaise foi d’un pays qui, tout en se parant du manteau de son « amitié » pour l’Etat juif se permet de le sermonner.
La paille et la poutre ?

Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique.
Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède.
Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.
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