Des Nouvelles de Moïse : la découverte de Serabit el-Khadim

Yehouda Bethleem

Sous le soleil implacable de Serabit el-Khadim, le désert a livré un trésor d’une portée inouïe. Gravées sur des pierres vieilles de 3 800 ans, des inscriptions semblent, selon l’archéologue israélien Michael S. Bar-Ron, murmurer le nom de Moïse. Ces marques ne sont pas de simples entailles dans la roche ; elles seraient, selon lui, la preuve tangible de l’existence de celui qui, dans la trame du récit juif, reçut les Dix Commandements sur les pentes du mont Sinaï.

Pendant près d’une décennie, Bar-Ron, chercheur indépendant affranchi des carcans académiques, s’est plongé dans l’étude de ces gravures anciennes. Grâce à une technologie de pointe, des scans 3D réalisés avec le concours du Harvard Semitic Museum, il a patiemment déchiffré leurs mystères. Parmi les sillons usés par le temps, il a discerné des phrases en écriture proto-sinaïtique, cet alphabet naissant né de la rencontre entre les mondes égyptien et sémitique. Des mots tels que  »zot mi’Mosche (« de Moïse ») et ne’oum Mosche (« une parole de Moïse ») ont émergé, comme si les pierres elles-mêmes aspiraient à parler. « Huit années de labeur », a confié Bar-Ron, « à recomposer un puzzle de 23 mots proto-sinaïtiques, chaque pièce arrachée à l’oubli par un effort obstiné. »

Si l’interprétation de Bar-Ron s’avérait juste, ces inscriptions constitueraient les plus anciennes références extra-bibliques à Moïse jamais découvertes. Elles dépeignent un scribe, imprégné des traditions hiéroglyphiques égyptiennes, mais maniant un alphabet hébraïque naissant pour coder des messages à la fois sacrés et intimes. Le ton des gravures, empreint d’une poésie presque personnelle,

 

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