Les deux seuls conspirateurs d’ampleur mondiale

par Daniel Pipes

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Les théories du complot au niveau individuel – l’inquiétude de voir quelqu’un de votre tribu ou de votre bureau s’organiser contre vous – n’ont pas d’histoire connue. En revanche, les théories du complot au niveau mondial – l’idée qu’un groupe envisage de prendre le contrôle du monde – remontent aux croisades et durent depuis bientôt mille ans. Il est frappant de constater que les conspirateurs présumés sont presque toujours les deux mêmes acteurs à savoir, les juifs d’une part et les membres de sociétés secrètes d’autre part. Quant aux autres conspirateurs mondiaux potentiels, ils jouent étonnamment un rôle mineur.

1. Juifs et sociétés secrètes

Les Juifs. Bien que les arguments et tropes anti-juifs aient pris de nombreuses formes entre le IIIe siècle avant notre ère et aujourd’hui – dédain intellectuel nourri par les athées sophistiqués et ce depuis les hellénistes, ressentiment des chrétiens et musulmans fervents, jalousie des paysans, snobisme social des aristocrates, colère politique des dirigeants arabes vaincus – les émotions sous-jacentes demeurent relativement constantes. Les arguments avancés contre les juifs ont varié au gré des accusations. Les païens de l’Antiquité les dénigraient pour leur attitude distante, les chrétiens les accusaient de déicide, les penseurs des Lumières (et les Allemands nostalgiques d’un passé païen) leur reprochaient d’avoir engendré le christianisme, les populistes les tenaient pour responsables de la modernité, les racistes en faisaient la source de tous les maux. Quant aux musulmans fondamentalistes, ils considèrent les juifs comme le fer de lance des valeurs occidentales.

L’antisémitisme conspirationniste constitue probablement la forme la plus virulente de haine des juifs car il fait de ces derniers l’ennemi numéro un de tous. Comment pourrait-il en être autrement quand, selon les mots d’un antisémite, « la communauté juive dans son ensemble développe en permanence une politique visant à établir l’individu juif au rang de membre de la classe dirigeante ‘élue’, supérieure et dominante dans chaque pays et dans le monde entier. » [1] Alors que les origines de l’antisémitisme conspirationniste remontent aux croisades et que son héritage se fait sentir aujourd’hui encore, la peur a particulièrement prospéré pendant une période de 80 ans qui s’est prolongée jusqu’en 1953 (lorsque « l’affaire des blouses blanches », où des médecins juifs étaient accusés de comploter contre les dirigeants soviétiques, a presque anéanti la communauté juive soviétique).

L’antisionisme ne devrait rien avoir de commun avec l’antisémitisme : le premier, qui n’a aucun contenu religieux ou raciste, condamne les nationalistes juifs du Moyen-Orient pour leur attitude néfaste. En effet, il existe assez bien de juifs qui dénoncent l’attitude israélienne et sont antisionistes. À l’inverse, certains antisémites sont favorables à un État juif qu’ils voient comme le moyen de réduire la population juive chez eux. Wilhelm Marr, l’activiste qui a inventé le terme d’antisémitisme, était l’un de ces antisémites pro-sionistes : « L’idée juive de colonisation de la Palestine pourrait être salutaire pour les deux parties [c’est-à-dire, les juifs et les Allemands]. » [2] Il a même garanti que le mouvement antisémite gagnerait la Palestine au profit des juifs. La plupart du temps, cependant, les antisémites craignent l’existence d’un État juif qu’ils considèrent comme l’union particulièrement inquiétante des personnes les plus capables et les plus dangereuses au monde. Comme le disait un écrivain soviétique, « sionisme et judaïsme ont pour objectif commun la suprématie mondiale ». [3] Dans une large mesure, l’antisionisme est fonctionnellement identique à l’antisémitisme.

Les sociétés secrètes. L’expression société secrète est née au XVIIIe siècle, lorsque « secret » signifiait non étatique ou privé (plutôt que clandestin ou caché). [4] Dans l’usage actuel, elle fait référence à une organisation qui fait de la confidentialité la base même de son existence, comme les fraternités dans les universités et parmi les hommes adultes. Les sociétés secrètes peuvent aller du club d’amis reconnaissables à leur poignée de main jusqu’au groupe révolutionnaire visant au renversement de l’ordre établi. Presque toutes les sociétés secrètes comportent des rituels qui soulignent le besoin de discrétion. Dans le parcours initiatique type, l’adepte jure de garder confidentiels les secrets du groupe sous peine de graves conséquences. En général, les membres de ces sociétés sont majoritairement des hommes (sauf dans les groupes politiques radicaux). Il y est souvent question d’intense communion avec les autres membres, de renaissance spirituelle et d’expérience intime de type religieux.

Le complotisme visant les sociétés secrètes est un équivalent non juif de l’antisémitisme. Prenant pour cible les membres de groupes conspirateurs conçus comme des ennemis déterminés à conquérir l’hégémonie mondiale par la destruction de l’ordre existant, ce type de complotisme permet de se focaliser sur un seul groupe (les jésuites, les gouvernements anglais et américains) ou sur leur connexion en chaîne qui forme une « conspiration sans fin » remontant aux origines de l’histoire. Les occultistes, par exemple, font remonter la société secrète originelle à l’Égypte ancienne. Dans ce qui constitue peut-être le premier recensement de ces sociétés, Charles Louis Cadet de Gassicourt (1769-1821), un pharmacien français à l’écriture radicale au plus fort de la Révolution française, a établi une chaîne qui a commencé avec les Assassins, un groupe musulman datant de l’époque des croisades, s’est prolongée dans le temps avec les templiers, les jésuites, les francs-maçons et les Illuminati, pour prendre fin avec les jacobins. [5] D’autres noms souvent mentionnés incluent les Chevaliers de Malte, les sorcières, le Prieuré de Sion, les Rose-Croix, les Philosophes, les Carbonari, les gouvernements britannique et américain, les marchands d’armes, les banquiers internationaux, le Conseil des relations étrangères et la Commission trilatérale. « Les théories du complot s’enchevêtrent jusqu’à former une toile géante englobant les siècles et les continents. » [6] Chaque groupe est censé transmettre ses opinions et ses secrets à l’organisation suivante.

À l’époque contemporaine, l’héritage des sociétés secrètes s’est transmis au Royaume-Uni et aux États-Unis dont les gouvernements sont redoutés comme étant les plus grands agents de cette tradition.

Qui considère-t-on comme conspirateurs ?

conspirateurs:    Pourquoi les conspirateurs sont-ils presque toujours les juifs, Israël, les francs-maçons, les Britanniques et les Américains ? Peut-être parce qu’ils partagent les deux caractéristiques exceptionnelles que sont la modernité et l’idéalisme.

La modernité. Au début du XIXe siècle, le juif – urbain, courtois et libéral – en est venu à incarner la modernité elle-même. Ainsi, dans une lettre de juillet 1818, un militaire allemand attribuait la révolution industrielle à la « malice juive ». [7] Vers la fin du siècle, les réactionnaires voyaient la diffusion des idées libérales que sont la démocratie, l’État de droit, la liberté d’expression et même l’éducation universelle, comme la « judaïsation » de l’Europe. La rapacité du capitalisme (« l’argent est le véritable maître de toute chose ») a été littéralement imputée aux Juifs. Les grands noms de l’antisémitisme se sont étendus largement sur le sujet. Des sommités telles que le compositeur Richard Wagner et l’historien Heinrich von Treitschke associaient le judaïsme à la modernité.

Une pensée similaire existait ailleurs qu’en Allemagne. En Grande-Bretagne, l’éminent romancier G.K. Chesterton surnommait les juifs, les agents d’une « modernité regrettable ». [8] Aux États-Unis, Ernest Elmhurst (de son vrai nom, Hermann Fleischkopf) déclarait que « la démocratie est juive. La démocratie n’est rien d’autre que le système politique des banquiers juifs internationalistes. Baruch, Brandeis, Rabbi Wise, Lehman, Frankfurter – tous juifs et tous pour la démocratie. Ce qui prouve que la démocratie est juive. » [9] Alors que les juifs continuent à remplir ce rôle, c’est à Israël désormais qu’on fait le plus souvent ce reproche. La seule démocratie mature du Moyen-Orient dispose d’un revenu par habitant de niveau européen.

À l’instar des juifs, les francs-maçons figurent généralement parmi les membres les plus prospères de sociétés secrètes. Pour ceux qui détestent la modernité, les francs-maçons font office de moteur plausible de celle-ci. Aux États-Unis, les anti-maçons ont conclu que « la franc-maçonnerie incarnait des courants qui changeaient leur pays au point de rendre celui-ci méconnaissable… En tant qu’institution au service d’une société industrielle en plein essor, la franc-maçonnerie suscitait de manière compréhensible la méfiance de ceux qui n’étaient pas encore réconciliés avec le nouveau système. » [10] À une bien plus large échelle, le Royaume-Uni et les États-Unis remplissent le même rôle. À une époque, chacun a été le pays le plus puissant du monde et le symbole de la richesse capitaliste. Au-delà du symbolisme, ces États ont eu un impact très perturbateur sur les sociétés du monde entier.

Plus que quiconque, les juifs, les francs-maçons et les Anglo-saxons symbolisent les réalisations et les espoirs de la vie moderne. En conséquence, leurs actions exercent une étrange fascination sur ceux que tourmentent les idéologies politiques, les bouleversements économiques et les changements culturels. En revanche, comment les musulmans, les Indiens et les Africains pourraient-ils être considérés comme des conspirateurs plausibles étant donné que dans le train de la modernité, ils sont non pas la locomotive mais le wagon de queue.

L’idéalisme. Paradoxalement, les idéaux élevés semblent faire d’un peuple ou d’un État une cible privilégiée du complotisme. Si les juifs ont eu un impact si important sur l’histoire du monde, ce n’est pas par l’action de forces armées mais bien en raison d’une série de préceptes moraux qui, à travers les filles spirituelles du judaïsme que sont le christianisme et l’islam, ont gagné l’adhésion de la moitié de la population mondiale. Obnubilés par ce phénomène, les complotistes pernicieux s’évertuent à interpréter une influence aussi grande comme une course au pouvoir.

Conformément à ce point de vue, ils considèrent qu’un État fondé sur des idées et non sur la parenté, ne peut-être qu’un conspirateur. Plus un État est à la hauteur d’un idéal, plus il attire l’attention des complotistes. Ainsi, les États-Unis, la France révolutionnaire et Israël sont-ils des conspirateurs plus plausibles que l’Union soviétique, l’Allemagne nazie, le Pakistan ou la République islamique d’Iran. Ces derniers sont si peu associés à la morale que leurs échecs ne suscitent que peu d’intérêt. Le Royaume-Uni ne correspond pas exactement à la catégorie des États fondés sur une idée mais sa longue évolution vers la démocratie constitutionnelle en fait une sorte de membre honoraire de ce club fermé.

2. Qui ne considère-t-on pas comme conspirateurs ?

La focalisation extrême sur les juifs, les sociétés secrètes et les Anglo-Saxons revient à ignorer 94 % de l’humanité. Parmi tous ces laissés pour compte, on notera en particulier trois des grandes puissances européennes qui ont tenté, entre 1618 et 1991, de dominer l’Europe, l’extrémisme de gauche et de droite, les religions universalistes et l’ensemble du monde non occidental.

Les grandes puissances européennes. Pendant deux siècles et demi, depuis la guerre de Trente Ans (1618-1648) jusqu’à la guerre franco-prussienne (1870), des dirigeants français tels que le cardinal de Richelieu, Louis XIV, Napoléon et Napoléon III ont tour à tour tenté de faire de la France la puissance hégémonique en Europe. Ce faisant, ils ont provoqué ce qu’on pourrait appeler les deux premières guerres mondiales, soit la guerre de Succession d’Espagne (1702-1713) et l’ensemble des guerres napoléoniennes (1792-1815). L’histoire française ultérieure ressemble quelque peu à celle de la Grande-Bretagne. Au XIXe siècle, les deux États ont bâti les plus grands empires mondiaux, ont été vaincus lors des deux guerres mondiales et, depuis 1945, se sont décolonisés, ont construit des arsenaux nucléaires et jouissent du prestige de siéger comme membre permanent de la Conseil de sécurité des Nations Unies. La France dispose néanmoins d’une richesse et d’une puissance militaire plus importantes que la Grande-Bretagne et elle exerce une politique étrangère beaucoup plus indépendante. Pourtant, le profil d’une France conspiratrice est faible voire inexistant parmi les complotistes.

De Bismarck à Hitler, 1870-1945, les Allemands ont vigoureusement et toujours plus fortement contesté l’ordre mondial, précipitant les Première et Seconde Guerres mondiales. Pourtant, pratiquement aucune théorie du complot ne vise ni les aspirations des Hohenzollern à se faire une « place au soleil », ni les initiatives des entreprises du bassin de la Ruhr pour gagner des parts de marché, ni l’impérialisme culturel en Europe centrale, ni même les ambitions nazies de conquête du monde. L’une des seules théories du complot visant les Teutons concerne des Allemands travaillant en collaboration soit avec des juifs, soit avec des Anglo-Américains.

Quant à la Russie, on dirait que son statut géographique de plus grand pays du monde est accepté comme une évidence et non comme le résultat de plusieurs siècles d’accroissement territorial. Et s’il arrive que la taille de la Russie soit remise en question, c’est en termes défensifs qu’on l’explique, comme si les invasions des Mongols, de Napoléon et d’Hitler montraient la nécessité d’un glacis (Si tel était vraiment le cas, la Belgique dépasserait la taille de la Russie). À l’ère post-soviétique, les invasions russes de la Géorgie et de l’Ukraine suscitent relativement peu d’inquiétudes au niveau international et ne donnent lieu à aucune théorie du complot.

Léninisme et nazisme. Les mouvements communiste et nazi représentaient les deux plus grandes conspirations mondiales qu’ait jamais connues l’humanité. Lénine voyait ce qu’il appelait « notre révolution » non pas comme un phénomène limité à la Russie mais comme « un prologue à la révolution socialiste mondiale, une étape vers celle-ci. » [11] Pour lui, les événements de 1917 ne constituaient pas une « Révolution russe » mais une révolution mondiale qui, pour le coup, était véritablement une conspiration mondiale. Tout comme celle de Staline. La machine de propagande soviétique exprimait clairement son rêve d’une « Union paneuropéenne des républiques socialistes soviétiques », à laquelle devait succéder ce qu’un poète appelait « une seule et unique nation soviétique ». L’Union soviétique a ensuite agi en conséquence en s’immisçant dans des pays aussi éloignés que Cuba, l’Angola et le Vietnam.

Hitler avait également à l’esprit la domination du monde, comme il l’a indiqué à plusieurs reprises. Ainsi, en déclarant la guerre aux États-Unis, parlait-il de « lutte historique » qui serait « décisive non seulement pour l’histoire de l’Allemagne mais pour toute l’Europe et même pour le monde. » [12]

C’est à peine si ces éléments sont remarqués par les complotistes. Staline lui-même n’a pas été capable de voir la conspiration nazie dressée devant lui. Alors que des millions de soldats allemands se pressaient à ses frontières, il parvenait à dédramatiser ce qui était pourtant une menace réelle. Tout au contraire, les personnes bien informées se moquaient de ces ambitions mondiales. Dans les années 1930, lorsqu’il évoquait les « bruits de bottes », Winston Churchill s’est heurté à un mur de dédain, le même qu’a rencontré dans les années 80 Ronald Reagan quand il a pour la seule et unique fois fait référence à « l’Empire du mal ».

Encore plus bizarre était la façon dont chaque mouvement totalitaire insistait sur le fait que les juifs se cachent derrière l’autre. Les nazis ont inventé le « bolchevisme juif » en accusant l’Union soviétique d’être l’instrument de la communauté juive internationale. Plus tard, le Kremlin (après la guerre israélo-arabe de 1967) a réagi en agitant le spectre odieux du « nazisme juif ».

Les religions universalistes. Les religions universalistes – et surtout militantes – devraient logiquement être plus suspectes qu’une religion exclusiviste comme le judaïsme. Les bouddhistes et les hindous, qui se comptent par centaines de millions, pourraient faire des conspirateurs plus crédibles que les juifs, bien moins nombreux. Or ce n’est pas le cas. Contrairement aux juifs, ils ne vivaient pas aux côtés des Européens et ne symbolisaient pas non plus l’avant-garde de la modernité.

Il est intéressant de constater, compte tenu des guerres de religion des siècles précédents, le peu d’attention que les protestants accordent désormais au catholicisme, à la nature centralisée de l’Église et aux centaines de millions de catholiques. Il est vrai qu’un certain fanatisme anticatholique demeure vivace dans des cercles restreints mais il ne suscite pas l’engouement des masses. Quant aux catholiques, les craintes qu’ils pourraient nourrir par rapport à un complot protestant sont encore plus anecdotiques.

Quant à l’Islam, il se classe un peu plus haut dans la liste des conspirateurs, ce qui n’est pas surprenant quand on connaît la longue histoire d’hostilité entre chrétiens et musulmans, la réputation d’agressivité de l’islam et l’extrême volatilité de la vie politique au Moyen-Orient. Dans le cas présent, les Occidentaux craignent toutefois moins un complot musulman que deux autres types d’hostilité que sont le djihad (guerre sacrée) et la démographie. Le djihad implique un état de guerre immédiat, pas une conspiration. C’est dans cet esprit que deux auteurs britanniques écrivent que « l’islam s’est remis en marche. Il pourrait s’avérer aussi menaçant pour l’Occident et peut-être aussi économiquement perturbateur que ne l’a jamais été l’impassible empire soviétique ». [13] La préoccupation démographique ne relève pas non plus du complot. Les musulmans sont près d’un milliard et connaissent un taux de croissance démographique très élevé. Des millions d’entre eux ont émigré vers l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord où leur nombre augmente fortement, contrairement à celui, faible et de plus en plus réduit, des juifs. Il n’empêche que les musulmans ont peu de risques d’être vus comme des méga-conspirateurs car qui pourrait leur reprocher la Révolution française ou encore le capitalisme moderne ?

Monde non occidental. À de rares exceptions près, le reste du monde est considéré comme n’ayant ni les moyens, ni l’intention d’organiser un assaut contre l’Europe et l’Amérique du Nord. Le Japon et la Chine ont inspiré la crainte du « péril jaune » initiée en 1895 par l’empereur Guillaume d’Allemagne. Mais cette crainte visait des hordes d’immigrés, pas un complot d’infiltrés. L’idée d’une entité japonaise hiérarchisée sapant la base industrielle de l’Occident, possède les traits d’une conspiration mais pèche par l’absence d’agents et de dupes occidentaux et, alors que la récession du Japon se poursuit, cette bête noire semble avoir perdu de son ardeur. À côté de cela, des populations entières sont tout simplement ignorées, qu’il s’agisse des Indiens, des Africains ou encore des Latino-Américains.

Lorsqu’un parti non-occidental entre en action, il le fait avec la participation des juifs ou d’une société secrète. Les nazis considéraient les centaines de millions de Chinois comme les simples instruments des projets juifs de renforcement de l’Armée rouge. Un auteur japonais explique comment Taïwan et l’Afrique du Sud deviennent des conspirateurs en se joignant aux projets israéliens d’hégémonie mondiale par la domination économique, la vente d’armes et l’armement atomique.

En règle générale, donc, les 94 % de laissés pour compte du complot ne peuvent devenir des conspirateurs sérieux qu’en se joignant à l’un ou l’autre des 6 % de conspirateurs attitrés au premier rang desquels, les juifs.

M. Daniel Pipes (DanielPipes.org@DanielPipes) est président du Middle East Forum. Cette analyse est basée sur son livre Conspiracy (Free Press, 1996) © 2018 par Daniel Pipes. Tous droits réservés.


[1] C. H. Douglas en 1939, cité dans Michael B. Stein, The Dynamics of Right-Wing Protest: A Political Analysis of Social Credit in Quebec (Toronto : University of Toronto Press, 1973), p. 34, n. 50.

[2] W. Marr, Vom jüdischen Kriesschauplatz : Eine Streitschrift (Berne : Rudolph Costenoble, 1879), p. 39.

[3] V. Skurlatov, Sionism i Aparteid (Kiev : Politizdat Ukrainy, 1975), p. 42. Cité dans Yaacov Tisgelman, « ‘The Universal Jewish Conspiracy’ in Soviet Anti-Semitic Propaganda, » in Theodore Freedman, ed., Anti-Semitism in the Soviet Union: Its Roots and Consequences (New York: Anti-Defamation League of B’nai B’rith, 1984), p. 416.

[4] Johannes Rogalla von Bieberstein, Die These von der Verschwörung, 1776-1945 : Philosophen, Freimaurer, Juden, Liberale und Sozialisten als Verschwörer gegen die Sozialordnung (Berne : Herbert Lang, 1976), p. 51.

[5] Charles Louis Cadet de Gassicourt, Le Tombeau de Jacques Molay, ou, Le secret des conspirateurs, à ceux qui veulent tout savoir (Paris : Chez les marchands de nouveautés, l’An 4 [1792]).

[6] George Johnson, Architects of Fear: Conspiracy Theories and Paranoia in American Politics (Los Angeles : Jeremy P. Tarcher, 1983), p. 24.

[7] Maréchal August Neithardt Gneisenau (1760-1831), texte dans Franz Kobler, Juden und Judentum in deutschen Briefen aus drei Jahrhunderten (Vienne : Saturne, 1935), p. 209.

[8] Cité dans Donald Warren, Radio Priest: Charles Coughlin, the Father of Hate Radio (New York: Free Press, 1996), p. 106.

[9] Cité dans John Roy Carlson [pseud. d’Arthur Derounian], Under Cover: My Four Years in the Nazi Underworld of America – The Amazing Revelation of How Axis Agents and Our Enemies Within Are Now Comploting to Destroy the United States (New York: E. P. Dutton, 1943), p. 350.

[10] Paul Goodman, Towards a Christian Republic: Antimasonry and the Great Transition in New England, 1826-1836 (New York: Oxford University Press, 1988), pp. 36, 23.

[11] Allocution du 8 avril 1917, citée dans Richard Pipes, The Russian Revolution (New York : Alfred A. Knopf, 1990), p. 397.

[12] Cité dans James V. Compton, The Swastika and the Eagle: Hitler, the United States, and the Origins of World War II (Boston: Houghton Mifflin, 1967), p. 259.

[13] James Dale Davidson et William Rees-Mogg, The Great Reckoning: How the World Will Change in the Depression of the 1990s (New York : Summit, 1991), p. 213.

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine

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