A quoi pourrait ressembler la 3ième Guerre du Liban contre le Hezbollah ?

Par Richard Darmon  Tous droits reserves Israel Magazine

Defense

Liban

 

 Liban: Forte de plus de 40 000 hommes bien entraînés et fanatisés – dont 15 000 réservistes – et équipée de dizaines de milliers de missiles et roquettes en tous genres, la milice chiite prépare activement sa prochaine guerre contre Israël. Alors que les tensions montent sérieusement dans le Golfe persique entre l’Amérique et l’Iran, dont le Hezbollah est le « bras avancé » au nord d’Israël, cette 3ième Guerre du Liban qui se profile à l’horizon et qui aura lieu tôt ou tard risque d’être bien pire – pour les deux adversaires – que celle de l’été 2006… 

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Devenu un acteur régional de premier plan et puissamment surarmé au niveau de ses capacités de destruction, le Hezbollah se trouve aujourd’hui dans une phase transitoire, voire contradictoire : alors qu’il est en train de replier ses bataillons d’élite engagés depuis presque 8 ans aux côtés du régime Assad – un engagement qui l’a à la fois affaibli au niveau de ses effectifs (puisqu’il y a perdu 1 500 miliciens avec, en plus, près de 5 000 blessés), mais aussi renforcé  au niveau de son « expérience combattante » -, il se prépare activement et avec beaucoup de patience et de détermination au prochain choc frontal qui, inévitablement, l’opposera un jour à Israël.

Certes, affirment la plupart des experts en la matière, la milice chiite ne souhaite pas voir cette nouvelle guerre s’ouvrir maintenant : à la fois parce qu’elle est dans une très mauvaise situation financière, entre autres, à cause des sanctions économiques frappant l’Iran, son principal pourvoyeur de fonds – son budget annuel est ainsi passé d’un milliard de $ par an à 600 000 $ -, mais aussi parce qu’elle sait pertinemment qu’en cas de conflit, elle a beaucoup à perdre au niveau militaire et politique en entraînant le Liban dans une guerre cataclysmique dont la majorité de ses citoyens ne veulent évidemment pas… Et ce, même le Hezbollah pourra sans doute infliger des coups très dur à l’Etat juif.

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C’est que même affaibli par sa longue intervention en Syrie, cette organisation armée reste un redoutable ennemi d’Israël. En effet, financée, entraînée et armée de pied en cape par l’Iran des mollahs qui la considère comme son « bras avancé » et comme une arme stratégique de 1er plan sur la frontière-nord d’Israël, la milice chiite est devenu, bien plus qu’un « groupe terroriste », une véritable petite armée sophistiquée, hyper-équipée et très motivée possédant une hiérarchie disciplinée et des centaines de drones de combat, mais surtout ayant à sa disposition une énorme puissance de feu de quelque 140 000 roquettes et missiles, dont des milliers peuvent frapper tout le territoire israélien jusqu’au Néguev et dont des centaines sont des fusées à haute précision portant des charges d’une demie-tonne d’explosifs qui peuvent détruire un pâté entier de maisons et d’immeubles dans les zones urbaines d’Israël…

On se souvient qu’alors que jusqu’au début des années 2000, ce furent les organisations d’obédience syrienne qui s’engagèrent dans les conflits politico-ethniques ravageant le Pays du Cèdre – ce qui fit longtemps de Damas un grand acteur de la scène régionale -, cette situation a été inversée par la guerre civile syrienne où l’on a vu le Hezbollah chiite libanais et aussi certains miliciens chiites venus d’Irak se transformer en acteurs centraux des sanglants affrontements ayant secoué la Syrie depuis 2011, le Hezbollah jouant désormais un rôle régional de 1ier  plan.

Le plan multiforme de Nasrallah et ses inquiétantes « surprises » potentielles contre Israël

Même s’il continue de se terrer dans son bunker dont il ne sort que très rarement, Nasrallah s’est fixé  trois objectifs après sa prétendue « victoire » sur Tsahal lors de la 2ième Guerre du Liban de l’été 2006, lors de laquelle près de 700 roquettes furent tirées 20 jours durant sur Israël : assurer une certaine stabilité à la mosaïque politico-ethnique du Liban, capitaliser son expérience des combats en Syrie qui furent menés grâce  à une étroite coopération avec des milliers de Gardes révolutionnaires et d’officiers iraniens, et préparer sa milice – devenue une mini-armée efficace et motivée – au prochain clash contre Israël, à savoir une 3ième Guerre du Liban en vue de laquelle le Hezbollah a mis au point des programmes précis et « secrets » d’attaques reposant sur certaines mauvaises surprises ou « jokers stratégiques », comme des mini-débarquements de commandos navals aux abords de certaines localités côtières israéliennes (telle Métoula à l’extrême-nord du pays), des incursions-éclairs de ses bataillons d’élite dans l’une des localités jouxtant la frontière-nord d’Israël (Nasrallah a même plusieurs fois menacé l’Etat hébreu d’être en mesure de « conquérir la Galilée »…). Et ce, notamment en utilisant les quelque « tunnels stratégiques » non-encore découverts ni détruits par Israël – ce qui fut fait en décembre 2018 lors de l’Opération « Bouclier du Nord » menée par Tsahal). Pire encore : l’inquiétante capacité du Hezbollah de déclencher un véritable « blitz »  de tirs nourris et incessants de missiles capables d’atteindre tout le territoire israélien et surtout ses « sites stratégiques », dont le réacteur nucléaire de Dimona, l’aéroport Ben-Gourion et les aéroports militaires de Tsahal, la grande centrale électrique de Hadéra gérant la distribution de courant dans tout le pays, les ports d’Ashdod et de Haïfa (où arrivent 95 % des importations de marchandises vers Israël), ou bien encore la dangereuse usine d’ammoniaque située – avec d’autres industries chimiques à haut-risque – dans la baie de Haïfa. Et ce, à raison de plusieurs centaines de fusées par jour, avec les conséquences que cela aurait sur le « front de l’arrière » et la résilience de la population civile d’Israël ! C’est qu’après le retrait de Tsahal de la Zone de sécurité du Sud-Liban de mai 2000 décidé par le gouvernement Barak pour de sombres raisons de politique intérieure, le Hezbollah a installé de nombreux postes militaires bourrés d’armes tout près de la frontière d’Israël, a construit – partout au Liban – des bunkers et des arsenaux souterrains de lance-roquettes, tout en réussissant à espionner- grâce à ses capacités de cyberguerre » – le dispositif de défense de Tsahal. De plus, Nasrallah compte aussi utiliser dans ses plans d’incursion ses bataillons de l’Unité Radwan et des autres mini-milices chiites irakiennes pro-iraniennes, tous devenus bien plus expérimentés après leur long engagement en Syrie, où ils demeurent déployés, pour les faire débouler du Golan syrien vers Israël…

Un dispositif pour le moins menaçant – assorti aussi, selon Nasrallah, « d’autres surprises tout aussi désagréables pour Israël » – qui obligerait Tsahal à bombarder intensément le Liban lors de la prochaine guerre et à devoir y pénétrer bien plus profondément qu’en 2006, même si l’armée semble cette fois mieux renseignée et préparée à ce type de scénarios.

 

Les intenses préparations de Tsahal et du « Front de l’arrière » israélien sont–elles suffisantes ?

Comme l’ont fait remarquer nombre d’experts militaires, chaque guerre contre le Hezbollah a été plus cruelle que la précédente : « Lors du prochain round au nord, a ainsi prévenu le général en chef de la Défense passive israélienne, les Tel-Aviviens ne resteront pas aux terrasses de leurs cafés (…). Car cette guerre ne ressemblera pas du tout à une partie de pique-nique, entre autres en raison du haut degré de précision de centaines de lourds missiles dans les mains du Hezbollah. D’autant que nous savons aussi que cette milice possède aussi des ogives chimiques transférées par le régime Assad pour dissimuler sa possession de ces armes qu’il continue à produire en secret… ».

C’est un fait que Tsahal et son département du « Front de l’arrière » (Défense civile passive) préparent depuis des années les pouvoirs régionaux et locaux, ainsi que les populations civiles les plus concernées aux hauts risques de ce prévisible blitz de missiles : contre-mesures de cyberguerre pour protéger les sites stratégiques (la centrale de Hadéra a ainsi connu 65 millions de tentatives d’attaques informatiques en un an, toutes déjouées !) ; exercices d’alertes, inspections, renforcements et constructions d’abris anti-aériens publics (20 % des israéliens ne sont toujours pas « couverts »…) ; séminaires de formations des responsables locaux à l a « gestion des situations d’urgence » ; créations de blocs opératoires et salles de lits d’urgence souterrains dans certains grands hôpitaux du pays… Or, malgré toutes ces précautions intensifiées ces trois dernières années, Israël a un désavantage structurel majeur en cas de « guerre quasi-cataclysmique » comme celle que voudrait mener le Hezbollah : comme il s’agit d’un pays très développé et consumériste dont les habitants sont habitués au confort et à la sécurité, toute situation de crise prolongée et de guerre ouverte risque de miner la résilience d’une partie de sa population si ses villes sont bombardées et si l’eau, l’électricité et certaines denrées alimentaires de base venaient à manquer…

Face à ces menaces,Tsahal – qui a élargi sa zone d’« alerte rapide » avec plus de 3 000 secteurs différents d’avertissements – a planifié l’évacuation potentielle massive – encore inédite – des zones les plus visées de plus de 350 000 personnes . Nommé « Safe Distance », ce nouveau plan est ainsi défini par un haut gradé de Tsahal, le colonel Itzhik Bar : « C’est désormais  tout Israël qui est menacé par des dizaines de milliers de missiles ennemis. Nous allons devoir faire face à de très nombreux tirs de missiles et de roquettes simultanés et sur plusieurs fronts. Notre plan d’évacuation concerne surtout les communautés proches des frontières nord et sud. Partout où existera un  grand danger pour les civils et où il sera difficile de déployer des moyens de défense ou de dissuasion efficaces, nous évacuerons les résidents. Lesquels seront logés dans des infrastructures existantes plus ou moins loin de leurs régions (hôtels, écoles, kibboutz). De petits groupes de civils resteront sur place dans les zones évacuées pour maintenir les infrastructure locales et s’assurer qu’elles pourront à nouveau fonctionner après les combats ».

Pour ces populations, le plus grand danger vient en fait des obus de mortier dont les tirs qui, contrairement aux roquettes et missiles, ne peuvent être encore annoncés par les systèmes d’alerte automatique puis déjoués par une riposte adéquate. En fait, depuis des années, les experts high-tech de Tsahal et des Industries aéronautiques israéliennes travaillent d’arrache-pied  pour mettre au point un système anti-tirs de mortier semblable au Dôme de fer contre les roquettes et à ceux du Hetz et de la Fronde de David contre les missiles.

La prochaine guerre du Liban devra être « rapide et décisive »

 « Le Hezbollah reste l’organisation terroriste la plus puissante de la région, avait déclaré l’ex-chef d’état-major de Tsahal, le général Gadi Eisenkot, juste avant de quitter son poste voilà quelques mois. Mais comme notre armée a beaucoup accru ces dernières années  sa force de dissuasion contre lui, le front libanais est resté calme, malgré l’énorme arsenal de missiles et de roquettes assemblé depuis 2006 par Nasrallah avec l’aide directe de l’Iran ».

Sachant que n’importe quelle erreur d’appréciation de Nasrallah et de ses sponsors iraniens pourrait déclencher une conflagration régionale d’envergure – notamment dans les situations de tension avec l’armada US. déployée dans le Golfe persique – et que le prochain round contre le Hezbollah sera cette fois déterminant, les stratèges de Tsahal ont mis au point (ce qui n’était pas le cas en 2006) divers plans alternatifs et des scénarii complémentaires de bataille destinés à ramener rapidement le calme au nord du pays : un objectif qui devrait cette fois permettre de déterminer clairement qui sera le vainqueur de cette guerre…

Au lieu de disperser ses moyens avec des mesures préventives contre de possibles infiltrations du Hezbollah le long d’une frontière désormais pourvue d’une barrière électronique sophistiquée, Tsahal a effectué des changements topographiques et géologiques d’envergue autour des localités israéliennes frontalières en construisant de profondes tranchées et de hautes buttes artificielles rendant ces raids-surprises très difficiles, voire impossibles.

Délaissant son traditionnel modèle binaire de scénario de guerre (soit la « guerre-éclair », soit la « guerre d’usure »), Tsahal a donc opté pour des méthodes d’actions et un système d’options armées combinées (au sol, dans les airs et aussi sous terre) qui lui permettront cette fois d’en finir assez rapidement avec le Hezbollah.

« La situation lors du prochain conflit au nord sera totalement différente, a prévenu le général Herzi Levy, ex-chef des Renseignements de Tsahal. Car, bien plus forte qu’elle n’a jamais été, l’armée peut faire face à n’importe quels types de menaces. Comme seront surtout des armes iraniennes qui seront utilisées lors du prochain conflit, Israël n’est en rien intéressé par une nouvelle guerre avec le Hezbollah, mais jamais jusque-là dans notre histoire militaire, nous n’avions pu accumuler autant de Renseignements ultra-précis sur ce type d’ennemis et aussi autant de moyens complémentaires pour le neutraliser. Voilà pourquoi le prochain conflit au nord d’Israël sera tout à fait différent des autres…  Et aussi pourquoi le Liban risque fort de se transformer en ‘Etat de réfugiés’ ».

RICHARD DARMON

 

 Liban La « fiche technique » du Hezbollah

  • Création : en 1982 à l’initiative du commandement central des Gardiens de la Révolution iraniens.
  • Effectifs : entre 40 000 et 45 000 hommes (conscrits et réservistes), dont près de 10 000 envoyés par rotation en Syrie – ce qui a couté au Hezbollah 1 500 tués et 5 500 blessés en 8 ans.
  • Puissance de feu : 120 000 à 140 000 missiles et roquettes (le double d’avant 2006) dont les rampes de lancement sont réparties aux quatre coins du Liban. Ce qui équivaut à la capacité – que ne possèdent pas 95 % des organisations terroristes partout dans le monde – de tirer un millier de ces projectiles par jour pendant 4 mois sur tout le territoire israélien.
  • Financement : outre 20 % de ses ressources venant des trafics régionaux et mondiaux de narcotiques, 80 % de tous ses budgets sont fournis par l’Iran et servent à la construction et à la maintenance de ses réseaux de lanceurs de missiles et de de leurs QG. régionaux.  RICHARD DARMON

 

La suite de l’article se trouve dans le prochain numéro d’Israël Magazine

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