Iran-Etats-Unis

Il y a 11 tonnes d’uranium en Iran pas 440 kgs
Sans la chute du regime islamiste, pas d’issue

Par Yehouda Bethleem et Aldo Mungo

Le conflit entre l’Iran et les États-Unis a atteint un point de rupture critique en 2026, évoluant d’une guerre de l’ombre à une confrontation militaire directe et un blocus naval. Retour en arrière.
Le déclenchement de la guerre ouverte le 28 février, avec l’opération américano-israélienne Fureur épique, a consisté en des frappes aériennes massives sur le sol iranien afin d’empêcher l’accession de l’Iran à l’arme nucléaire, de détruire ses capacités balistiques et de répondre à la répression de manifestations internes en Iran (décembre 2025 – janvier 2026) ayant fait des milliers de victimes.
Téhéran a répliqué par l’opération « Promesse honnête 4 », visant des bases américaines et des pays alliés (Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis, Irak) avec des drones et des missiles. Mais Téhéran, de façon intelligente a évité de frapper Israel qui n’aurait pas manqué de répliquer massivement.
Le blocus naval américain mis en place dans le détroit d’Ormouz, paralyse les exportations pétrolières iraniennes mais malgre les frappes, le renseignement américain estime que l’Iran conserve environ 70 % à 75 % de ses capacités balistiques et peut résister encore 3 à 4 mois au blocus, alors que le conflit bouleverse les équilibres mondiaux, tant sur le plan énergétique que géopolitique. Mais le point de rupture reste l’enrichissement de l’uranium malgre les négociations indirectes à Genève, par l’intermédiaire du Pakistan. Washington exige un arrêt total (« niveau zéro »), tandis que Téhéran refuse de descendre sous les 60 % et maintient son droit au nucléaire civil.
Le conflit a provoqué un mini-choc pétrolier mondial. En Iran, l’économie est en « chute libre » : l’inflation devrait atteindre 68,9 % en 2026, le rial s’est effondré (1,32 million pour 1 USD), et des pénuries alimentaires et de carburant s’installent.
L’issue d’une confrontation militaire directe ne fait aucun doute et cela pour mener à la chute du régime sans lequel les menaces resteront car les États-Unis possèdent le plus large budget militaire (831 milliards $), disposant de 1,3 million de soldats et d’une supériorité aérienne et navale écrasante face à l’Iran (16e rang mondial Budget de 9 à 20 milliards $, 580 000 soldats) dont la force relative réside dans sa guerre asymétrique (missiles balistiques, drones, mines navales) et ses alliés de l’«Axe de la résistance » (Hezbollah, Houthis).
Perspectives de sortie
L’issue reste incertaine, avec plusieurs scénarios en balance au 11 mai 2026. Un projet d’accord est en cours de discussion à Washington (prévu les 14-15 mai). Le président Donald Trump a évoqué une finalisation possible avec des «inspections rigoureuses », mais Téhéran doute du sérieux américain et inversement. La stratégie américaine de «pression maximale » via le blocus vise à provoquer une chute du régime par l’asphyxie économique et la reprise de la contestation populaire. Israël, quant à elle, menace de frapper les installations nucléaires iraniennes si aucun accord n’est trouvé, ce qui pourrait embraser toute la région et impliquer d’autres puissances comme la Russie ou la Chine.
Le blocage du détroit d’Ormouz par lequel transitent 20 % du gaz et du pétrole mondiaux, a provoqué une envolée immédiate des prix à la pompe en Europe. En France, le litre de gazole a bondi a 2,20 € début mai et en Israël il a dépassé les 8 shekels au litre. La hausse est mondiale, mais l’impact est plus fort dans les pays où les taxes sont proportionnellement plus faibles, car la variation du prix brut y est plus visible. Les prix ont cependant légèrement reculé début mai (le baril a perdu 4 $ le 11 mai) suite à des espoirs de percée diplomatique, bien que la situation reste extrêmement volatile. La Russie et de la Chine ont adopté des stratégies divergentes face à l’offensive américaine. La Russie a renforcé son soutien à Téhéran, son partenaire stratégique et fournirait des images satellites et des technologies de drones pour aider l’Iran à contrer les forces américaines. Pour la Russie, ce conflit est une opportunité de détourner l’attention et les ressources occidentales d’autres fronts. La Chine, elle, maintient une position de neutralité officielle. Tout en critiquant l’interventionnisme américain pour se poser en « contrepoids responsable », Pékin craint l’instabilité qui menace ses approvisionnements énergétiques. La Chine profite toutefois de la faiblesse diplomatique de Washington pour négocier ses intérêts commerciaux. Tandis que la Russie soutient Téhéran et que la Chine adopte une neutralité prudente, l’issue diplomatique reste incertaine, la pression maximale exercée par les États-Unis menaçant d’effondrer l’économie iranienne, exacerbant les risques d’une escalade régionale.

ALAIN BAUER ET LES 11 TONNES D’URANIUM

Bauer est un criminologue de rang international, conseiller sécurité de gouvernements. Et ce qu’il affirme depuis un mois devrait faire l’ouverture de chaque journal télévisé d’Europe occidentale. Il n’en fait aucun.
Minzadehei — le nom que personne ne prononce. Le 3 mars 2026, Tsahal frappe un site souterrain dans la banlieue nord-est de Téhéran. Le nom du site : Minzadehei. Le site est dissimulé dans une zone de loisirs en surface, un club équestre à proximité, rien qui ne trahisse, depuis le ciel, ce qui se passe en dessous. Les Israéliens n’ont pas trouvé ce site grâce à des satellites. Ils l’ont trouvé en suivant des scientifiques nucléaires iraniens qui s’y rendaient clandestinement, en prenant soin de ne pas se faire repérer.
Selon l’IDF et selon Bauer, on enrichissait l’uranium à 90 %, qualité militaire, et on travaillait à l’intégration de la matière fissile avec un vecteur balistique. En clair : on assemblait l’ogive. Pas le programme. Pas la théorie. L’ogive.
Israël a dit avec clarté que sans cette frappe, le site aurait bientôt atteint un point où il n’aurait plus pu être détruit. Quelques semaines de plus, et la fenêtre se refermait. Définitivement. Quelques semaines. Voilà ce que Bauer répète.
La Montagne de la Pioche — le secret que personne ne cherche
Il existe en Iran un site qui résume à lui seul l’absurdité de croire qu’on peut régler ce dossier avec des conférences de presse et des résolutions onusiennes. Son nom persan : Kouh-e Kolang Gaz, la Montagne de la Pioche, à 1,5 kilomètre au sud du complexe de Natanz, creusée dans le massif des Zagros. Sa profondeur estimée : suffisante pour que même les GBU-57 américains de 14 tonnes, les bombes les plus puissantes de l’arsenal conventionnel américain, celles qui ont éventré Fordow — ne soient pas garantis d’y faire grand-chose. La construction a débuté en 2020. L’AIEA n’y a jamais mis les pieds. Et depuis les frappes de juin 2025, les images satellites montrent que les Iraniens ont accéléré les travaux : entrées de tunnels renforcées avec des dalles de béton massives, enfouies sous des mètres de terre, matériel de chantier lourd en activité permanente.
Ce qu’on y cache ? Les hypothèses sérieuses sont au nombre de trois : stockage de l’uranium enrichi à haute teneur soustrait aux décombres des sites bombardés, assemblage de centrifugeuses pour reconstituer une capacité d’enrichissement, ou hypothèse d’un enrichissement clandestin à l’abri de tout regard et de tout missile.
La Montagne de la Pioche n’a pas été bombardée. Pas par oubli. Parce qu’on ne sait pas comment la détruire depuis les airs. C’est le sanctuaire nucléaire iranien que les militaires américains eux-mêmes regardent avec un mélange de frustration et d’inquiétude.
Des voix à Washington ont évoqué des opérations de forces spéciales pour y planter des explosifs de l’intérieur.

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