Il a accordé plusieurs interviews récentes, notamment le 31 janvier 2026, à plusieurs médias. Ces entretiens, survenus peu après la récupération du corps du dernier otage, Ran Gvili, marquent la fin d’une crise de plus de deux ans liée aux enlèvements du 7 octobre 2023. Hirsch y décrit la stratégie de longue haleine du Hamas, les défis des négociations et des opérations de sauvetage, ainsi que les facteurs qui ont compliqué le processus, y compris les pressions internationales et les divisions internes en Israël.
La stratégie du Hamas : un plan sur 10 ans pour affaiblir Israël

Hirsch révèle que le Hamas, sous la direction de Sinwar, prévoyait de détenir les otages pendant une décennie, les utilisant comme un « actif stratégique » pour user Israël à travers des négociations prolongées et une pression psychologique. Selon lui, son évaluation initiale prévoyait une résolution en au moins quatre ans. Le Hamas exploitait les otages vivants et morts pour générer des « gains politiques » sur le long terme, en amplifiant les divisions internes israéliennes via une propagande efficace. Il accuse le groupe terroriste d’avoir inversé la narrative, en faisant passer Israël pour l’obstructeur des pourparlers, alors que le Hamas sabotait systématiquement les accords en exigeant une « capitulation totale ». Dans une interview vidéo diffusée le 31 janvier, Hirsch insiste : « Nous n’avons saboté aucun accord, c’est un mensonge. Le Hamas prévoyait de les retenir pendant 10 ans. Il ajoute que le Hamas a encouragé les manifestations en Israël en diffusant des vidéos d’otages appelant à protester, amplifiant ainsi sa propagande au sein de la société israélienne.
Les opérations de sauvetage : des missions préparées mais souvent annulées
Hirsch décrit des centaines d’opérations de sauvetage planifiées, dont beaucoup ont été annulées en raison de doutes sur leur succès ou de risques pour d’autres otages à proximité. « Nous avions des opérations prêtes, et nous les avons arrêtées”, précisant que Tsahal était parfois « juste dehors la porte » mais manquait de secondes cruciales nécessaires. Il évoque des cas où un sauvetage aurait pu entraîner la mort d’autres captifs, soulignant que la priorité était la vie humaine : « S’il y avait un doute sur le succès, on se tournait vers les négociations, même si cela prend du temps.
Seulement huit otages ont été libérés par des opérations spéciales, contre un plus grand nombre via des accords. Hirsch classe les otages en catégories inspirées d’affaires passées : « Ron Arad » (introuvables), « Wachsman » (localisés mais risqués), « Regev et Goldwasser » (soldats tombés) ou « Shalit » (libérés par échange). Il note que la crise était unique, avec une armée en manœuvre sur un champ de bataille où des centaines d’otages étaient dispersés, compliquant les efforts.
Les négociations : rôle des médiateurs et pressions internationales
Les pourparlers étaient complexes, impliquant le Qatar, l’Égypte et les États-Unis. Hirsch loue le rôle « décisif » des Américains, mais critique les pressions publiques de l’administration Biden, qui ont « foutu en l’air » les négociations en donnant à Sinwar l’espoir de prolonger les discussions sur 10 ans. Il cite l’embargo sur les armes ou les avertissements contre l’entrée à Rafiah : « Vous avez des otages américains, des citoyens israélo-américains. Vous êtes en train de foutre en l’air les négociations ? Vous donnez à Sinwar exactement ce qu’il veut. » Le Hamas exploitait les « fissures » entre Israël et ses alliés, y compris les actions de l’ONU, de l’Europe et les embargos. Hirsch mentionne une proposition qu’il a faite en septembre 2024 à Washington : offrir à Sinwar un passage sûr en échange de la démilitarisation de Gaza, de la reconstruction, de la « déradicalisation » et de la libération des otages, mais elle n’a pas abouti faute de soutien diplomatique suffisant. Le Qatar et l’Égypte n’étaient pas des « médiateurs classiques », mais des acteurs intéressés ; cependant, ils étaient nécessaires. Un tournant est survenu après l’élimination de Sinwar en octobre 2024 et d’autres leaders, forçant le Hamas à négocier sérieusement. L’attaque ratée sur des leaders du Hamas à Doha en septembre 2025 a aussi renforcé la pression, montrant que le « long bras » d’Israël atteignait partout.
Les défis internes : divisions en Israël et rôle des familles
Hirsch exprime son choc face à la façon dont la propagande du Hamas a été « amplifiée » en Israël, notamment par des manifestations et des déclarations d’anciens responsables. Il critique des figures comme Gadi Eisenkot, Benny Gantz, l’ancien chef du Shabak Ronen Bar et Nitzan Alon pour avoir créé une narrative « solidaire du Hamas » en accusant le gouvernement de saboter les accords. La façon dont les messages du Hamas ont été reçus ici en Israël et amplifiés était choquante », dit-il. Il a maintenu un contact régulier avec les familles, via un système de liaison militaire et civil, mais admet que la plupart n’acceptaient pas les considérations de l’État. « Le plus dur était la propagande efficace pour nous déchirer de l’intérieur. »
Hirsch rejette l’idée qu’Israël aurait pu libérer plus d’otages vivants avec plus de concessions, affirmant que l’obstacle principal était la stratégie du Hamas.
Bilan personnel et leçons apprises
Hirsch décrit cette mission comme « la plus difficile de ma vie », marquée par des émotions mixtes après la récupération de Ran Gvili : « Je suis tourmenté et en douleur. » Il a informé Netanyahou en anglais : « Mission accomplished », mais souligne que 168 otages sont rentrés vivants et 87 morts.
Parmi les leçons : créer un coordinateur permanent pour les otages en temps de paix, investir dans la dissuasion, et débattre d’une politique claire sur les échanges de prisonniers sans lier les mains des décideurs. Il s’opposait à une loi sur la peine de mort pour les terroristes pendant la crise, craignant pour la vie des otages. Hirsch appelle à reconstruire la capacité sécuritaire d’Israël, à améliorer la compensation pour les serviteurs de l’État et à élargir la participation nationale pour une société plus cohérente.
Ces interviews soulignent la complexité de la crise, où les aspects militaires, diplomatiques et sociétaux se sont entremêlés. Hirsch insiste sur la résilience d’Israël face à un ennemi génocidaire, tout en regrettant les coûts humains. Quant aux récriminations de certains journalistes contre Bibi, Gal a precise le combat quotidien de ce dernier pour libérer les otages et quelles étaient mensongères.




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