Israël-Syrie sont-ils proches d’un accord?
La percée annoncée par les Américains réside dans le mécanisme de coordination susceptible de réduire les représailles israéliennes. En revanche, la condition posée par Israël à une certaine démilitarisation du sud de la Syrie compliquera la mise en œuvre du plan du gouvernement al-Charia contre les Druzes.
Le mécanisme de coordination annoncé hier soir entre la Syrie, les États-Unis et Israël vise à réguler les relations triangulaires délicates qui les unissent. D’un côté, un régime islamiste qui agit avec réalisme pour assurer sa survie. De l’autre, l’administration Trump, qui voit en Ahmed al-Chara une figure influente à préserver, un facteur susceptible d’orienter la Syrie conformément aux intérêts américains. Et de l’autre côté, le gouvernement de Jérusalem qui, malgré ses soupçons à l’égard du régime, ne souhaite pas de confrontation avec Washington.
La création de cet organe, réplique du modèle libanais, est présentée par les Américains comme une véritable avancée. Il s’agit en effet d’une réponse à une revendication centrale de la partie syrienne. Depuis plus d’un an, le gouvernement syrien exige qu’Israël cesse ses attaques. Le nouveau mécanisme est censé permettre une coordination immédiate en matière de renseignement et de questions militaires afin de « prévenir tout malentendu ». Or, Israël ne s’est pas engagé à arrêter les attaques. En revanche, il a accepté de se placer sous la supervision des États-Unis, le gouvernement syrien pouvant ainsi faire part de ses griefs à ce mécanisme. Le régime d’Assad ne pouvait pas rêver d’un tel privilège.
Désormais, chaque représaille sera accompagnée d’une note explicative adressée au directeur américain.
Certes, cela ne les empêchera pas nécessairement, mais cela pourrait certainement les limiter. De fait, leur ampleur est déjà en diminution. Le dernier incident en date, lorsque Tsahal a affronté des terroristes à Beit Jin, s’est produit fin novembre. En retour, Israël a reçu une vague promesse de dialogue, teintée de normalisation.




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