Le Soldat assassiné oublié
Michèle Mazel
Le 6 août 1984, le caporal Moshe Tamam, 19 ans, a pris l’autobus pour aller a Tibériade, de Tel-Aviv. Il accompagnait sa petite amie chez elle à Tibériade ce jour-là, mais sur le chemin du retour, il a été enlevé, torturé et brutalement assassiné par quatre terroristes arabes israéliens.
L’histoire de l’un d’eux, Walid Dakkah, est édifiante. Écoutons la version palestinienne.
« Né en 1961 à Baqa’ al-Gharbiyya en Palestine occupée ’48, il est emprisonné depuis le 25 mars 1986 avec Ibrahim Abou Mokh, Rushdi Abou Mukh et Ibrahim Bayadseh, pour avoir formé une cellule militaire du Front populaire de libération de la Palestine qui a participé à une opération de résistance palestinienne en 1985 au cours de laquelle un soldat de l’occupation a été capturé et tué. »
Condamné à la prison à perpétuité en 1986, Dakkah vit sa peine ramenée à 37 ans – pour bonne conduite ? – mais sa participation à une tentative d’introduire frauduleusement des téléphones en prison lui valut deux années supplémentaires.
Toutefois, ses conditions d’emprisonnement ne devaient pas être trop pénibles, car elles lui permirent d’acquérir une éducation qui lui faisait gravement défaut et d’entreprendre des études universitaires. C’est ainsi qu’il obtient une licence, puis une maitrise en sciences politiques. Il commence à contribuer par des articles à la presse arabe, mais aussi au quotidien israélien de gauche Haaretz. Il trouve également le temps d’écrire et de publier des ouvrages de science politique.
Il avait le droit de recevoir des visites et fit ainsi la connaissance de Sana Salameh, une charmante palestinienne qui devint sa femme en 1999. Bien que ses geôliers se refusèrent à lui accorder des « visites conjugales » il réussit à faire parvenir à son épouse du sperme grâce à l’obligeance d’un visiteur et en 2020, à presque soixante ans, il est devenu le père comblé d’une petite fille qui porte le nom de Milad, que l’on peut traduire par « renaissance. » De cet épisode, il tira la matière d’un livre pour enfants, « Le secret de l’huile » histoire imaginaire d’un enfant né du sperme d’un prisonnier.
Le lancement de cet ouvrage devait avoir lieu dans la ville arabe israélienne de Madj Al Kouroum, mais le ministre de l’Intérieur d’alors, Arye Deri, en interdit la tenue.
Pendant ses longues années d’incarcération, le prisonnier savait qu’il pouvait compter sur le soutien indéfectible de l’Autorité palestinienne, qui lui accordait et lui accorde encore une rente généreuse, tout en réclamant instamment sa libération.
Il a aussi des comités de soutien. Ainsi, un grand rassemblement s’est tenu le 17 Avril à Paris « pour la libération des prisonniers palestiniens, de Walid Dakka et de Georges Abdallah… Honneur à Georges Abdallah[i], à Walid Dakka, aux prisonniers palestiniens et aux prisonniers politiques et révolutionnaires, flambeaux de la résistance ! »
Ces jours-ci, la demande de remise en liberté de Walid Dakkah pour raisons de santé est examinée par les autorités israéliennes. Nul doute que si elle est accordée, il sera accueilli en triomphateur dans son village natal.
Et la victime direz-vous ? Seule sa famille la pleure encore.
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