Guerre nucléaire ou diplomatie

par Yehouda Bethlehem
Dimitri Medvedev (Vice-président du Conseil de sécurité) a adopté une posture de rupture totale. Le 27 mars 2026, il a franchi un cap en qualifiant un conflit nucléaire d’«inévitable ». Pour lui, les frappes israélo-américaines de février ont brisé tout espoir de solution diplomatique. En agitant la menace atomique, il cherche à paralyser l’initiative occidentale et à affirmer que le Moyen-Orient est entré dans une ère de « guerre totale » dont la responsabilité incombe exclusivement à Washington.
De l’autre, Vladimir Poutine, ors de son intervention le 26 mars 2026 devant l’Union des industriels et des entrepreneurs russes, maintient une ligne de « gestionnaire de crise mondiale ». S’il partage le constat de Medvedev sur la responsabilité de l’Occident, son discours est plus alarmiste sur les conséquences globales. En comparant l’impact d’une guerre en Iran à celui de la pandémie de COVID-19, il s’adresse à l’opinion internationale et aux marchés économiques. Son appel au cessez-le-feu et ses condoléances après la mort d’Ali Khamenei le placent en médiateur indispensable, capable de parler à Téhéran là où les Occidentaux n’ont plus de canal de communication.
Les 3 points de convergence de la position russe :
Pour Moscou, l’offensive de février 2026 est une violation flagrante du droit international qui a forcé la riposte iranienne. Qu’il s’agisse de la menace nucléaire de Medvedev ou de la médiation de Poutine, le but est de protéger l’allié iranien, devenu un partenaire militaire et économique crucial pour la Russie. Les deux dirigeants s’accordent sur le fait que le monde bascule. Medvedev prédit la « plus grande guerre de l’histoire » régionale, tandis que Poutine prévient d’un effondrement économique mondial si le détroit d’Ormuz ou les infrastructures énergétiques sont durablement touchés. Tandis que Medvedev prépare les esprits au pire (le nucléaire) pour dissuader l’Occident d’aller plus loin, Poutine utilise cette peur pour tenter d’imposer une paix sous médiation russe, renforçant ainsi l’influence de Moscou au Moyen-Orient. Poutine a dressé un diagnostic alarmiste de la situation économique mondiale. Sa comparaison avec la pandémie de COVID-19 souligne que, pour lui, le conflit en Iran n’est pas seulement régional, mais constitue un « choc systémique » capable de paralyser l’économie globale et la logistique.
Poutine a insisté sur le fait que le blocage ou la perturbation du Detroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié (GNL), désorganiserait totalement les chaînes d’approvisionnement internationales. Au-delà de l’énergie, le conflit menace l’exportation de composants essentiels comme le soufre, l’hélium et les engrais azotés, dont l’Iran et ses voisins sont de gros producteurs. Poutine avertit que cela pourrait provoquer une crise industrielle et alimentaire mondiale.
2. Le choc énergétique et l’inflation
Depuis l’attaque israélo-américaine de février 2026, les cours ont bondi. Le baril de Brent a dépassé les 100 dollars, certains analystes craignant un pic à 130 dollars en cas de fermeture totale du détroit d’Ormuz. Poutine souligne que cette hausse de l’énergie alimente une inflation galopante en Europe et en Asie, touchant directement le pouvoir d’achat (chauffage, carburant, prix des denrées alimentaires). Poutine joue sur une position ambiguë : tout en prédisant une catastrophe mondiale, la Russie tire profit à court terme de cette situation : La hausse des prix du pétrole a généré une manne financière inattendue pour le budget russe, permettant à Poutine de repousser des coupes budgétaires impopulaires. Cependant, il craint qu’une déstabilisation à long terme n’affaiblisse ses alliés comme la Chine et l’Inde, qui sont les principaux importateurs des hydrocarbures russes et dont la croissance pourrait s’effondrer.
En résumé, pour Poutine, le monde fait face à une « pandémie économique » où l’instabilité du Moyen-Orient agit comme un virus propageant l’inflation et la pénurie à l’ensemble de la planète. Tout cela rappelons-le à cause des déclarations guerrières ( nucléaires) , des casus belli de l’Iran qui ont amené ses attaques. suite sur www.israelmagazine.co.il