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par André Darmon et la rédaction
L’économie israélienne en ce début 2026 dessine un paysage de contrastes saisissants, où la vigueur des indices boursiers semble s’affranchir de la pesanteur des conflits régionaux. Ce « miracle de résilience », souvent cité dans les salles de marché, repose sur une mutation structurelle où la technologie de pointe agit désormais comme un bouclier financier autant que militaire. Alors que le pays panse les plaies de mois d’instabilité, la Bourse de Tel-Aviv enchaîne les records historiques, portée par un indice TA-35 qui a bondi de près de 30 % en un an, soutenu par des investisseurs étrangers qui voient dans l’écosystème local une valeur refuge paradoxale.
Au cœur de ce boom, la « High-Tech » ne se contente plus d’innover, elle sature le marché mondial des fusions-acquisitions avec un volume de transactions ayant frôlé les 111 milliards de dollars. La cybersécurité, véritable épine dorsale de cette croissance nationale, a drainé, à elle seule, 72 milliards de dollars, illustrée par des méga-deals qui font de Tel-Aviv l’épicentre mondial de la défense numérique. Des valeurs comme Elbit Systems voient leurs carnets de commandes déborder, tandis que les géants bancaires tels que Leumi ou Hapoalim affichent des rentabilités insolentes, portées par des taux d’intérêt élevés et une consommation intérieure qui, loin de s’effondrer, se réorganise autour des besoins de la reconstruction.

Cette effervescence irrigue indirectement un secteur traditionnel en pleine mue : l’agriculture et la construction, bien que pénalisées par les tensions sur la main-d’œuvre, amorcent une automatisation accélérée, transformant les défis démographiques en laboratoires de robotique. L’industrie lourde, notamment la chimie et le secteur gazier, assure une assise souveraine au pays: les exportations de gaz vers l’Europe, via les infrastructures méditerranéennes, injectent des liquidités massives dans les caisses de l’État, stabilisant un shekel qui défie les prévisions. Ce dynamisme ne masque pas les fragilités d’une économie à deux vitesses. L’inflation localisée et la pression sur le logement rappellent que le succès boursier de valeurs comme Teva ou des pépites de la Deep Tech ne ruisselle pas immédiatement sur toutes les couches de la population. Mais en mars 2026, avec une prévision de croissance approchant les 4,9 %, Israël semble avoir parachevé sa transformation en une «économie-forteresse », où la valeur refuge n’est plus l’or, mais l’algorithme de sécurité et l’indépendance énergétique. suite sur le site www.israelmagazine.co.il et dans Israël magazine qui vient de sortir