Attention à un scénario de raid similaire à celui du 7 octobre en Judée Samarie.

La menace d’un raid massif, calqué sur le traumatisme du 7 octobre, hante désormais les services de sécurité. Les forces de l’ordre de l’Autorité palestinienne (AP), initialement structurées grâce aux financements occidentaux pour stabiliser la Judée-Samarie, se sont muées en une véritable armée de 60 000 hommes aguerris.

Une enquête rigoureuse menée par le mouvement Regavim jette une lumière crue sur des programmes d’entraînement alarmants. Si certains sont officiellement présentés comme des préparatifs pour une future mission de maintien de la paix à Gaza, les faits suggèrent une réalité plus sombre. En contradiction directe avec les accords d’Oslo — qui limitaient l’équipement à des armes légères et l’effectif à 18 000 policiers — l’AP dispose aujourd’hui d’un arsenal lourd (blindés, mitrailleuses, lance-roquettes) et d’un contingent qui a triplé, dépassant les 60 000 soldats.

L’internationalisation de cette formation militaire est frappante.

Les cadres de l’AP reçoivent des instructions de haut niveau aux quatre coins du globe : le commandement et les études d’officiers en Russie, le maniement des chars et de l’artillerie au Pakistan, ou encore le parachutisme tactique en Égypte et en Italie. Localement, en Jordanie et à Jéricho, sous le vernis de la police civile, les troupes pratiquent le combat urbain, le tir depuis des véhicules en mouvement et le maniement d’explosifs improvisés — des compétences typiquement offensives.

Au-delà de la masse, l’AP a structuré des unités d’élite redoutables. Le « 101e commando », fort de 2 000 hommes, est une force de choc spécialisée dans la prise de contrôle rapide de cibles stratégiques. L’unité SAT, composée de 2 500 combattants mobiles, est quant à elle conçue pour mener des raids profonds et des manœuvres rapides sous le feu, notamment à moto. Enfin, la très secrète « Bat Unit » (l’unité Chauve-souris) se consacre au renseignement nocturne de haute technologie, entraînant ses quelques centaines de membres aux infiltrations silencieuses et aux raids éclairs.

Le déséquilibre numérique est saisissant : avec un ratio de 19 hommes armés pour 1 000 habitants (contre seulement 3 pour 1 000 en Israël), l’AP possède une force deux fois plus nombreuse que la police israélienne et équivalente à un tiers de l’armée régulière de Tsahal. Selon Regavim, ces statistiques prouvent qu’il ne s’agit plus d’une police civile, mais d’un appareil militaire où l’on compte un soldat pour 53 citoyens.

L’histoire rappelle que cette force a déjà basculé dans la violence, notamment lors des émeutes de 1996 ou de la Seconde Intifada en 2000, utilisant ses armes officielles contre des cibles israéliennes. Aujourd’hui, maintenir l’AP comme un « partenaire de sécurité » en Judée-Samarie, sans prendre la mesure de cette mutation offensive, pourrait constituer une erreur stratégique majeure. Pour les analystes de Regavim, l’entraînement poussé de ces mécanismes et la multiplication des incidents impliquant des membres des forces de l’AP suggèrent que des préparatifs pour une opération de grande envergure pourraient déjà être en cours.