par la rédaction

Gadi Eizenkot est un général à la retraite et homme politique israélien Il est actuellement chef du parti centriste Yashar et candidat au poste de Premier ministre face à Benjamin Netanyahou.

Né en 1960 à Tibériade de parents immigrés juifs du Maroc (Safi), il grandit à Eilat où il étudie les sciences maritimes. Il s’engage en 1978 dans la célèbre brigade d’infanterie Golani. Il gravit tous les échelons sur le terrain, combattant notamment lors de la première guerre du Liban en 1982. Il devient attaché militaire du Premier ministre Ehoud Barak (1999-2001), commandant de la division de Judée-Samarie, puis chef de la région militaire Nord (2006-2011), juste après la seconde guerre du Liban.

Il est nommé 21e Chef d’État-major de Tsahal en février 2015. Il se fait alors connaître comme l’architecte de la « doctrine Dahiya » — prônant un usage disproportionné de la force contre les infrastructures armées en milieu urbain pour dissuader l’ennemi —, une stratégie massivement appliquée depuis. C’est durant ce mandat, ainsi que lors de son passage ultérieur au Cabinet de guerre (2023-2024), que se concentrent les principales controverses soulevées par ses détracteurs. En effet, le bilan Eizenkot suscite de vives controverses au sein de la classe politique, particulièrement à droite. Ses détracteurs concentrent leurs attaques sur trois axes majeurs. L’aveuglement face aux tunnels car on lui reproche d’avoir sous-estimé la menace des infrastructures souterraines du Hezbollah au Liban et du Hamas à Gaza pendant son mandat. Ses opposants estiment que sa stratégie défensive a permis à l’axe chiite de fortifier ses positions. Bien qu’il ait lancé l’opération ‘Bouclier du Nord’ en décembre 2018 pour détruire les tunnels transfrontaliers, les critiques estiment que la doctrine militaire qu’il a défendue (la doctrine «Gideon », axée sur des campagnes ciblées «entre les guerres » plutôt que sur un conflit global) a permis au Hezbollah de consolider un gigantesque réseau souterrain fortifié dans le Sud-Liban, mis au jour lors des offensives terrestres ultérieures.

Sa position sur le nucléaire iranien est aussi très controversée. En 2016, à la suite de la signature de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) par l’administration Obama, Gadi Eizenkot avait déclaré que cet accord comportait certes des risques, mais qu’il représentait une « opportunité historique » en retardant de plusieurs années le projet de bombe de Téhéran. Une position jugée naïve et complaisante par la droite. Ainsi, une partie de la droite israélienne critique sa vision jugée trop défensive du commandement et il lui est reproché d’avoir privilégié le maintien du statu quo sécuritaire et la dissuasion technologique au détriment d’une destruction totale et préventive des capacités du Hamas à Gaza et du Hezbollah au Liban, des choix qui, selon ses opposants, ont affaibli la préparation du pays avant les événements du 7 octobre. Récemment encore, il accusait Netanyahou de «fabriquer la réalité » sur la menace nucléaire pour effrayer l’électorat. Ses détracteurs de droite ont interprété ces propos comme une forme de ou de naïveté, l’accusant de sous-estimer la menace existentielle de l’Iran. Plus récemment, en juillet 2026, il a fermement contredit Netanyahou en l’accusant de «fabriquer la réalité » sur l’état d’avancement des bombes iraniennes pour effrayer le public.

L’entrée en politique et le drame familial

Après l’attaque du 7 octobre, il intègre le gouvernement d’union nationale et le Cabinet de guerre aux côtés de Gantz, mais en décembre 2023, son plus jeune fils, le sergent-chef Gal Meir Eizenkot, est tué au combat dans la bande de Gaza. Deux de ses neveux tombent également au front. Ce deuil lui confère une forte dimension de respect auprès de la population, transcendant partiellement les clivages politiques. Constatant des désaccords profonds avec Netanyahou sur la gestion stratégique de l’après-guerre et le retour des otages, il démissionne avec fracas du gouvernement en juin 2024.

Le positionnement électoral actuel (2026) Gadi Eizenkot mène désormais sa propre liste électorale, Yashar, sous le slogan « Israël doit vaincre ». Dans sa quête pour bâtir une coalition d’opposition capable de renverser la majorité de droite, Eizenkot prône l’unité nationale et l’intégration des minorités. Ses opposants l’attaquent régulièrement sur ce point, affirmant qu’il serait prêt à s’associer ou à dépendre du soutien politique des partis arabes israéliens (tels que la Liste unie ou Mansour Abbas) pour gouverner. Eizenkot défend une approche pragmatique d’intégration républicaine, tout en insistant sur le fait que la sécurité de l’État ne fera l’objet d’aucun compromis. Porté par une image d’homme intègre et pragmatique, son parti talonne le Likoud dans les projections de juillet 2026, s’imposant comme le principal bloc d’alternative au gouvernement actuel. À la tête de sa formation centriste, Yashar, cet homme au style austère se trouve toujours derrière très nettement le Likoud dans les derniers sondages. Son ascension, propulsée par une image d’intégrité, est indissociable de ses choix passés et d’un deuil personnel devenu le symbole du sacrifice national. Il est accusé par le camp nationaliste d’avoir privilégié le statu quo et la dissuasion technologique, une doctrine jugée responsable du manque de préparation du pays avant les failles sécuritaires du 7 octobre. la suite dans le numéro actuel du magazine