Par Istrak Attia

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Parlons de la commémoration du souvenir de la Shoah plutôt que de l’expression « souvenir de la Shoa », pour en marquer les différences. Le souvenir est un acte involontaire et privé d’une personne qui se rappelle de son passé, sans avoir besoin de le partager. La commémoration est un acte volontaire et collectif qui débute par une décision et se poursuit par un travail afin qu’un événement du passé renforce une identité collective liée à ce passé et se transmette de génération en génération. C’est en 1943 quand les leadeurs et les dirigeants du Yishouv ont pris conscience de l’ampleur du plan d’extermination des Juifs d’Europe, systématisé dans les Ghettos et en Ukraine, que la décision de commémorer le souvenir de la Shoah a été prise. C’est Morde’haï Shenavi, du Fonds National Juif qui propose à l’Agence Juive la création d’un mémorial nommé « Yad Vashem ». En France, en 1943, c’est un résistant juif, Isaac Schneersohn, qui propose a la communauté juive de France, de créer un Centre de Documentation Juive et d’ériger un « Mémorial du martyr juif inconnu » qui seront effectivement créés en Israël et en France, en 1953.

En France et en Israël, au-delà de différences superficielles dans chaque pays, il existe une proximité de signification des deux commémorations et de leur évolution.

« Yad Vashem », un monument et un nom, résume deux préoccupations spécifiques aux Juifs d’Israël. Il se dresse contre l’oubli, fait allusion à la lutte pendant et après la Shoah, qui doit forger la mentalité de la société et se transmettre. Un « nom », c’est la volonté de n’oublier personne parmi les six millions de Juifs, et de retrouver la trace de chacun ; c’est le signe qu’Israël parle au nom des communautés juives d’Europe et d’Afrique du Nord. En France, la question du combat ne se pose pas puisque c’est la déportation politique des non-juifs qui porte cette valeur et n’est pas reconnue aux Juifs. la suite dans le prochain Israel Magazine