Rabbi David Lau

Les relations entre le Grand rabbinat d’Israël et la communauté juive internationale sont déjà difficiles sur le sujet de la judaïté, en raison d’une loi donnant au grand rabbinat d’Israël autorité sur la reconnaissance en Israël des conversions au Judaïsme. La suspension, par Benjamin Netanyahou, d’une zone de prière mixte près du Mur des Lamentations avait ravivé la polémique..

Aussi l’information selon laquelle, le grand rabbinat d’Israël aurait constitué « une liste noire » de 160 rabbins originaires de 24 pays du monde dont ils remettent en cause la légitimité pour certifier la Judéité des immigrants fait déjà scandale. « Chacun sait que le Grand-Rabbinat d’Israël accepte et rejette capricieusement les rabbins pour plusieurs domaines, notamment celui de la judéité et des conversions. » Les mots sont du rabbin canadien Adam Scheier. Comme 160 autres, ce rabbin de la plus ancienne synagogue ashkénaze juive du Canada aurait été placé sur une « liste noire » établie par le grand rabbinat.
Cette « liste noire » de 160 rabbins originaires de 24 pays aurait été établie par lש plus Haute Autorité religieuse d’Israël, à la suite d’une requête juridique menée par Itim, une association aidant les Israéliens à se repérer dans la bureaucratie religieuse israélienne. Émanant du « service en charge des admissions à la judéité », elle recense les rabbins auxquels le grand rabbinat ne fait pas confiance pour confirmer la judaïté, l’un des critères nécessaires pour immigrer en Israël. Dans une lettre, David Lau, le grand rabbin ashkénaze d’Israël, a démenti tant la liste que sa publication. Mais la diffusion de ces noms a pourtant « déclenché un tollé en Israël et dans le monde», selon les mots du directeur d’Itim, le rabbin Seth Farber. D’autant qu’elle n’exemptait aucune des mouvances juives : libéraux, réformés, conservateurs, ni même de grands leaders orthodoxes libéraux américains.