L’Iran casse Internet dans plusieurs pays en tentant de censurer des sites porno

En utilisant une technique de censure inhabituelle, le blocage opéré par l’Iran sur 256 sites pornographiques s’est propagé à d’autres pays dont Hong Kong, l’Inde et la Russie.

L’Iran a décidé le 5 décembre de censurer 256 sites pornographiques, mais cette censure s’est étendue bien au-delà de ses frontières, rapporte The Verge. Des internautes en Russie, à Hong Kong ou encore en Inde ne trouvaient qu’une page blanche en tentant de se connecter à l’un de ces sites, comme s’ils étaient hors-ligne. Comment l’Iran a-t-il fait pour bloquer autant de sites à l’étranger? La censure s’est faite au niveau de l’opérateur télécom d’Etat. Au lieu de bloquer directement l’accès à ces sites, il a créé de fausses routes qui emmènent l’internaute sur une page blanche au lieu du véritable site. L’architecture d’Internet veut qu’il existe de nombreuses routes pour accéder à un même site, ce qui rend le réseau décentralisé et difficile à faire tomber complètement.

Plus de 24 heures de blocage

L’Iran est un important nœud de transit des données dans la région. Lorsque l’opérateur a créé cette fausse route vers ces sites porno, les fournisseurs d’accès à Internet d’autres pays l’ont empruntée aussi pour diriger leurs clients vers les sites, car il semblait que c’était le chemin le plus court.

Ils ont mis plus de 24 heures à bloquer ces mauvaises routes, permettant à nouveau aux internautes concernés hors d’Iran de retourner sur ces sites. Le blocage serait encore actif en Iran. Cette technique est inhabituelle: l’Iran a plutôt pour habitude de censurer des sites en les faisant bloquer par les fournisseurs d’accès à Internet. Difficile pour l’instant de savoir si cette propagation à d’autres pays était une erreur ou un acte volontaire.