Le plan de paix de Trump au Moyen Orient dans l’impasse

 

Trump

Ouzi Dayan.

Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, était mardi à Bruxelles pour défendre son plan de paix pour Israël et la Palestine. Il n’a guère convaincu. Israël est prêt à discuter, mais l’absence des Palestiniens et la programmation de nouvelles élections compromettent le processus.

Les 25 et 26 juin prochains, Jared Kushner, le gendre et conseiller de Donald Trump, présentera à Bahreïn le volet économique de son plan pour résoudre le conflit entre Israël et la Palestine. Cette mission de pacification qui lui a été confiée en janvier 2017 peine à aboutir.

Le plan a été annoncé et repoussé à plusieurs reprises, entre autre en raison des élections anticipées en Israël. Jared Kushner était mardi à Bruxelles pour tester ses idées auprès d’une Commission européenne plutôt sceptique. Pour les Etats-Unis, le soutien de l’Europe dans ce processus est vital.

Jared Kushner

Les grandes lignes du plan commencent à filtrer. Dans le texte, les Etats-Unis n’appelleraient plus à la reconnaissance de l’État palestinien. Une marche arrière de plus de vingt ans dans leur doctrine de paix. Une position contraire à celle des Européens qui privilégient la solution à deux États reconnaissant la Palestine. De surcroît, le plan reconnaîtrait les droits des colons israéliens installés en Judée Samarie.
En échange, les Palestiniens recevraient des dizaines de milliards de dollars pour investir dans la reconstruction de Gaza et en Cisjordanie. L’Egypte et la Jordanie, en paix avec Israël, recevraient leur part. Les États du Golfe devraient assurer une part du financement du plan.

Les Palestiniens, peu convaincus, n’iront pas à Bahreïn. Le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas est en froid avec Washington depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Benjamin Netanyahou se rendra à Bahreïn, mais il devra tenir compte des oppositions qui pourraient venir de ses alliés de droite radicale. La convocation de nouvelles élections en Israël, pour le 7 septembre prochain, est un sérieux handicap.

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Israël ne peut négocier seul un accord de paix

« Je vois des solutions au conflit israélo-palestinien, mais je ne vois pas de partenaire pour négocier. » L’absence des Palestiniens à cette réunion place le plan dans une impasse. Le calendrier de Donald Trump, qui prédisait « l’accord du siècle » est compromis.

« Je vois des solutions pour le conflit israélo-palestinien palestinien, mais je ne vois pas de partenaire pour négocier », confie Ouzi Dayan, ex-député du Likoud et neveu de Moshe Dayan. « Les Palestiniens doivent comprendre qu’il faut venir discuter pour trouver une solution, en commençant par mettre fin au conflit », poursuit-il, intéressé par le plan, peu convaincu d’un retour des Palestiniens autour de la table. « C’est une bonne idée de miser d’abord sur l’économie. Tout le monde sait qu’à la base le conflit n’est pas économique, mais cette approche pourrait être un outil pour trouver une solution ».

Ouzi Dayan, ancien commandant des forces spéciales israéliennes, ancien négociateur de l’accord de paix avec l’Egypte, affirme qu’il « espère la fin du conflit israélo-palestinien comme 70% des Israéliens et des Palestiniens ». Mais « si les Palestiniens ne sont pas là, ils font erreur ». Si les Palestiniens ne participent pas à la réunion de Bahreïn, ce sera le statu quo. Israël s’en accommodera. L’économie israélienne est en bonne santé, avec une croissance de 3,3%. « Le pays a résolu ses problèmes d’eau et d’énergie, ce qui le rend insensible à l’argument des pétrodollars », ajoute-t-il, « je suis très réaliste, je suis né au Moyen Orient, j’ai beaucoup d’espoir que nous allons vers le meilleur. Fût-ce parce que dans une trentaine d’années, Israël comptera vingt millions d’habitants. »

Les équilibres au Moyen Orient ne sont plus ceux de l’après-guerre, et c’est une des raisons du gel des négociations de paix entre Israël et la Palestine. Ouzi Dayan, ex-général de Tsahal, connu pour avoir épargné la vie de Yasser Arafat lors d’une opération, estime que la question israélo-palestinienne n’est plus la racine du problème au Moyen Orient. « Le problème n’est plus l’opposition entre juifs et arabes. Le problème, c’est la division de la région entre deux groupes, ceux qui soutiennent l’Iran et refusent de combattre le terrorisme et ceux refusent que l’Iran détienne l’arme nucléaire et combattent le terrorisme », dit-il.

Le député du Likoud estime que la lutte contre le terrorisme reste une des conditions prioritaires à la conclusion d’un accord de paix avec les Palestiniens. « Notre plus gros problème, c’est le terrorisme. Nous devons le combattre ensemble, israéliens et palestiniens », dit-il. Un défi pour cet ancien commandant de Sayeret Matkal, l’unité des forces spéciales israéliennes qui délivra les otages d’un vol Sabena.

 

L’Europe peu convaincue par le plan Kushner

Lors de sa rencontre avec Kushner, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a rappelé que toute « solution politique doit prendre en compte les aspirations légitimes tant des Palestiniens que des Israéliens et les paramètres interrogation convenus ». En clair, l’Union reste attachée à la reconnaissance de l’État palestinien, ce qui fait douter de son soutien au plan Kushner.
Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est loin d’être un ardent défenseur de ce plan. En privé, il a admis récemment qu’il « peut être rejeté » et qu’il s’agirait d’un accord « que seuls les Israéliens pourraient aimer ». Mercredi, l’Iran ajoutait son grain de sel en qualifiant le plan Kushner de « grande trahison ».