Jérusalem, bientôt vue du ciel avec le téléphérique ?

 

Relier, par les airs, la Vieille ville de Jérusalem à la partie Ouest de la capitale. Au premier abord, cette idée révolutionnaire revêt des allures de science-fiction. Mais elle pourrait, d’ici peu, s’ancrer dans la réalité hiérosolymitaine

 

Par Nathalie Blau

 

Cela fait plus de 10 ans qu’on en parle. Envisagé pour la première fois en 2006, le projet d’un téléphérique au-dessus de la ville trois fois sainte a été publiquement évoqué en 2013. Nir Barkat, l’édile actuel de Jérusalem, est alors en campagne municipale pour un second mandat. Il cherche à impressionner les résidents de sa cité et sort sa botte secrète : un ambitieux projet de remontée mécanique pour désengorger la ville.

En octobre de la même année, il est réélu à la tête de la municipalité. Puisque le tramway de la capitale est enfin sur les rails, Barkat décide de s’atteler à sa proposition de campagne. SAFEGE, filiale ingénierie pluridisciplinaire de SUEZ, est sur le coup, pour étudier la faisabilité d’un projet de téléphérique. Elle jettera toutefois l’éponge quelque 18 mois plus tard, expliquant en mars 2015 sa décision de renoncer, pour “éviter toute interprétation politique” de la situation sur le terrain. D’aucuns prétendent que l’Autorité palestinienne serait allée jusqu’à interpeller le gouvernement français pour demander à ce que les acteurs bleu-blanc-rouge impliqués se rétractent.

Car comme c’est souvent le cas à Jérusalem, chaque initiative qui concerne à la fois l’Ouest, et en particulier l’Est de la ville, suscite la polémique. Le tracé du téléphérique n’échappe pas à la règle, pour sa proximité avec des lieux saints de Jérusalem-Est.

Entachée de controverses politiques, la remontée mécanique a donc du mal à prendre son envol. Le retrait des Français aurait pu sonner le glas de l’initiative, mais Barkat tient bon.
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