Les Israéliens voient d’un bon œil le mandat du nouveau président américain Donald Trump. Ils s’attendent impatiemment à la formation de nouvelles alliances avec les pays du Golfe. Ces alliances porteront entre autre sur la mise en place d’un mécanisme de défense commune, d’un service contre le terrorisme et d’un autre contre l’Iran. Dans ce contexte, Israel a admis avoir poussé la délégation de rabbins juifs extrémistes à se rendre à Bahrein, ce pays du Golfe qui entretient de bonnes relations avec Israël, comme tant d’autres. Ces visites pourraient en effet donner naissance à un mécanisme de défense commune. Le vice-ministre de la coopération régionale au gouvernement israélien, Ayyoub Qara, (Likoud) a reconnu que les réunions à huis clos qui se déroulent entre Israël et des représentants de pays arabes du Golfe, ne reflètent aucun intérêt arabe pour la cause palestinienne.

« Partant de là, il n’est pas question de s’engager dans un processus de pourparlers politiques sur la cause palestinienne », avance-t-il, soulignant que ces pays sont soucieux pour eux-mêmes, leur sécurité, voire leur survie. Dans une interview accordée au journal The Marker, la version économique du journal Haaretz, al-Qara a expliqué qu’ « Israël possède des liens avec presque tous les pays du Golfe, et ces relations se développent avec le temps ».

Il a souligné que la visite des rabbins du Habad à Bahrein a eu lieu à son instigation personnelle. Selon lui, les relations avec ce royaume remontent à plusieurs années, plus précisément après l’hospitalisation de la fille du roi bahreïni. « Depuis cette date, les relations se sont nettement améliorées. Et voici que la délégation de rabbins qui vient de visiter Bahrein, de rencontrer des dirigeants du pays, et d’allumer des bougies à la synagogue juive. Ils ont dansé ensemble. Je me tiens personnellement derrière cette visite », s’est-il vanté.

Ambassadrice bahreïnie aux USA…juive

Pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, la relation avec les pays du Golfe est fondée sur « une alliance naturelle en face de l’Iran ». D’après Qara, ces relations « se développeront entre les pays arabes et Israël après que le président américain nouvellement élu Donald Trump entre en fonction à la Maison Blanche. Nous assisterons à un accord comprenant Israël et ces pays sur un mécanisme de défense commune, un service de lutte antiterroriste et un autre contre l’Iran ». Se rappelant de la date clé qui a permis le renforcement de la relation avec Bahrein, le responsable israélien en question a expliqué qu’après l’hospitalisation de la fille du roi, Manama a désigné une ambassadrice juive aux Etats-Unis. Sachant que les citoyens juifs dans ce pays du Golfe ne dépassent pas les 37 individus! Selon lui, cette ambassadrice est actuellement ministre au gouvernement bahreini! Les juifs sont donc membres de la cour royale.

Les Juifs d’Iran soutiennent le pouvoir iranien

Et d’ajouter: « Israël possède une ambassade à Abou Dabi, et entretient des relations avec presque tous les pays du Golfe. De plus, nous possédons de très bonnes relations avec le Maroc, et des relations avec d’autres pays de la région comme la Jordanie, l’Egypte et la Turquie. Aujourd’hui, ces relations sont plus fortes que jamais ». Par ailleurs, le vice-ministre de la coordination régionale au gouvernement israélien a souligné que les relations avec les pays arabes ne se limitent pas aux régimes, mais atteignent aussi les peuples arabes.

« Ces derniers temps, le nombre de visites individuelles arabes en Israël a nettement augmenté. Ces gens viennent du Maroc, de la Tunisie, de l’Arabie Saoudite et d’autres pays du Golfe. Ceux-ci pensent de plus en plus que leurs véritables ennemis sont l’Iran, le Hezbollah, Bachar el-Assad et d’autres ».

Au sujet des juifs originaires des pays de la region, Qara a indiqué qu’Israël fait tout son possible pour les « sauver », comme ce fut le cas avec les juifs de Syrie, du Yémen, de la Tunisie, du Maroc et de la Turquie.

Mais, admet-il, « il est très difficile de convaincre les juifs d’Iran de venir s’installer en Israël. Le nombre des juifs en Iran atteint les 20 000, mais ils ont subi un lavage de cerveau, et le régime iranien les exploite pour sa propagande », prétend-il.