L’IRAN VEUT-IL LA GUERRE?

Par Guy Millière

Le lourd héritage des années Obama au Proche-Orient n’en finit pas de constituer un grave danger pour Israël. Le chaos régional qui a découlé du retrait des troupes américaines d’Irak, de la prise en main du régime en place à Bagdad par Téhéran, de la constitution de l’Etat Islamique en Syrie et en Irak, de la guerre civile qui a détruit la Syrie, de l’intervention de la Russie et de l’accord passé avec le régime des mollahs pendant l’été 2015, ont fait qu’il existe deux grands vainqueurs: la République Islamique d’Iran, qui est devenue puissance hégémonique au Proche-Orient, et la Russie de Vladimir Poutine, puissance tutélaire alliée de la République Islamique d’Iran.

 

Tout en ayant voulu longtemps accéder à ce statut de puissance hégémonique, et mettre en place un “croissant chiite” allant de Téhéran à Beyrouth, passant par Bagdad et Damas, les Iraniens n’ont jamais caché ce qui leur permettrait d’assoir leur légitimité islamique face aux puissances sunnites: la destruction d’Israël, en termes islamiques, la “libération” d’une terre conquise par les Musulmans, devenue dar al-islam et censée redevenir dar al-islam après qu’Israël soit rayé de la carte, et que les Israéliens soient chassés ou exterminés. En 2011, l’ayatollah Ali Khamenei, “guide suprême”, a publié un livre sans ambiguïté sur le sujet appelé simplement “Palestine”, dans lequel Israël est défini comme une “tumeur cancéreuse” exigeant ablation.

La première étape est quasiment atteinte: l’Etat Islamique en Syrie et en Irak est sur le point d’être vaincu. L’Irak est en voie de réunification sous l’égide du régime de Bagdad. Le régime Assad en Syrie tient l’essentiel de la “Syrie utile” (celle qui est constituée par le quadrilatère Damas-Palmyre-Alep-Lattaquié). Beyrouth est aux mains du Hezbollah, et la présidence du Général Aoun n’est qu’une façade qui ne peut dissimuler que la réalité du pouvoir soit entre les mains d’Hassan Nasrallah. La République Islamique d’Iran peut songer la deuxième étape. Et c’est ce qu’elle fait.

suite dans le prochain numéro d’Israël Magazine