Quand l’Hôpital ne se moque pas de la charité

 

Ce n’est pas tous les jours que l’armée israélienne se voit publiquement louée par les Nations unies ou l’une de ses agences. L’événement est donc suffisamment rare pour être signalé. En novembre dernier, l’Organisation mondiale de la santé – organe onusien chargé de la santé publique – décernait la palme d’or à Tsahal en matière d’hôpital de campagne, et saluait ainsi son aide médicale militaire, la mieux notée au monde.

Nathalie Blau

 

C’est en 2013 que l’OMS décide d’établir une notification des équipes médicales étrangères appelées à intervenir lors de catastrophes naturelles (typhons, raz-de-marée ou tremblements de terre). L’objectif : mettre un peu d’ordre dans les bonnes volontés humanitaires, dont certaines ne sont pas toujours adaptées à la situation. L’agence se tourne vers le docteur Ian Norton. “Il ne faut pas que ceux qui viennent prêter main forte finissent par devenir une source de problèmes supplémentaires plutôt que de se rendre utiles”, expliquait ainsi celui qui avait dirigé l’équipe d’intervention d’urgence militaire de l’Australie, avant d’intégrer l’OMS. “Par le passé, nous avons vu débarquer des équipes sans le matériel adéquat, et les autorités locales en étaient réduites à devoir les assister. C’est tout à fait inapproprié”.

Ian Norton met donc au point un système de classification en 3 catégories pour réguler la venue des équipes de secours et s’assurer que les pays sinistrés reçoivent au plus vite, et dans les meilleures conditions, l’aide dont ils ont besoin.

La dénomination “type 1” s’adresse à un hôpital de campagne capable de dispenser une aide médicale de base et de traiter des blessures légères sans hospitalisation de nuit. Pour être étiqueté “type 2”, l’hôpital doit compter au-moins 20 lits et effectuer de 7 à 15 interventions chirurgicales par jour. Quant au “type 3”, il s’agit d’hôpitaux dotés d’un minimum de 40 lits, susceptibles de pratiquer de 15 à 30 opérations par jour, et d’offrir certains services comme la rééducation. “Seule une poignée d’hôpitaux de campagne dans le monde peut espérer atteindre ce niveau”, avait alors précisé Ian Norton.

Hopitaux de campagne de Tsahal

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