Le groupe terroriste Hezbollah attend les sanctions US avant de se prononcer sur la loi électorale

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a estimé que le pays est au bord du gouffre, tandis que le ministre Ali Hassan Khalil a souligné que le vide à la Chambre serait étendu à l’ensemble des institutions. Saad Hariri souhaiterait mettre toutes les formations politiques face à leurs responsabilités.  Le temps presse. Le président de la République, Michel Aoun, a bien souligné que les élections législatives auront lieu cette année et qu’une nouvelle loi électorale serait adoptée. Il a également précisé qu’il n’y aurait ni vide au niveau du législatif ni prorogation du mandat de la Chambre.  Chaque partie campe sur ses positions. Le Hezbollah appelle aujourd’hui toutes les parties à s’entendre sur une formule, la proportionnelle, et appelle à une négociation après avoir rejeté toutes les autres formules.  Toutes les parties réfractaires à la proportionnelle il y a quelques mois ont désormais changé d’avis, même si ce processus n’a pas encore débouché sur un accord, sans quoi la formule aurait déjà vu le jour.  S’il existe un consensus contre le vide et la prorogation, pourquoi la loi électorale est-elle encore dans les limbes ? Les raisons seraient extérieures et liées à des développements attendus, comme les nouvelles sanctions américaines qui devraient frapper durement des noms associés financièrement au Hezbollah sans qu’ils ne fassent partie de l’appareil du parti. La formation chiite attendrait donc que ces sanctions tombent avant de déterminer ses positions sur un ensemble de questions, dont la loi électorale. Ce dossier pourrait bien constituer un moyen de pression pour lui – à l’instar de la stabilité et la sécurité du Liban – face à l’attaque qui le prend pour cible. Or, la stabilité du Liban reste une ligne rouge infranchissable, ce que toutes les parties savent à la perfection. Quand bien même le Hezbollah pourrait chercher à faire miroiter la perspective d’une déstabilisation… dans le but d’obtenir ce qu’il veut, à savoir la proportionnelle, c’est-à-dire le moyen d’empêcher l’alliance Courant patriotique libre-Forces libanaises d’obtenir le tiers de blocage à la Chambre des députés.