D’après les chiffres publiés au début de l’été par le ministère israélien de l’Immigration et de l’Absorption, la ville de Netanya est la première destination des immigrants venus de France. Ces dernières années, plus de 9 500 francophones se sont installés dans la belle cité du centre du pays, contre plus de 8 000 à Jérusalem et plus de 5 000 à Tel-Aviv, les deux grandes métropoles qui accueillent le plus de nouveaux citoyens, tout pays d’origine confondu. Ashdod arrive en quatrième position avec 4 905 olims et Raanana en cinquième, pour avoir reçu précisément 2 765 olims. La statistique confirme donc bien le ‘cliché populaire‘, les immigrants se regroupant par communauté nationale, Netanya attirant les français de la même manière que Jérusalem ou Bet Shemesh séduisent les Américains et Haïfa les Russes… « Le choix de Netanya nous est apparu comme une évidence, résume un père de famille franchement débarqué de la banlieue parisienne, nous y avons déjà de la famille et des amis, tous installés avant nous. Et puis nous sommes en territoire connu, onze ans que j’y passe mes vacances …Et depuis toujours avec une petite idée derrière la tête : m’installer et monter mon affaire ici ! »

Car en effet, l’Alya tournée vers Netanya a beaucoup évolué ces dernières années. Jusqu’à présent majoritairement composée de personnes désirant passer des jours heureux à l’ombre d’une retraite bien méritée (suivant l’expression consacrée), elle est devenue avec le temps largement plus familiale, avec un nombre croissant de jeunes enfants et adolescents, de jeunes couples, d’actifs avec le souci impérieux de trouver rapidement du travail. L’époque sépia ou un club de bridge et quelques excursions suffisaient à l’effort d’intégration est définitivement passé. Aujourd’hui, tout ou presque est à créer, réinventer, pour assurer une meilleure prise en charge de cette jeunesse bouillante livrée à la rue dès la fin des heures de scolarité, soit dès les débuts d’après-midi, dans cet environnement si particulier qu’offre une ville de villégiature livrée aux quatre vents de la tentation… Tout reste à faire également pour les parents dont l’entrée sur le marché du travail demeure problématique, voire bloquée.

 

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