La publication de l’Editorial d’ André Darmon a révélé que c’est le brouillon de Editorial  qui été édité sur la version papier.

Voici doncla version définitive et corrigée de l’Edito pour les lecteurs, les abonnés et tous ceux qui aiment le magazine

Les élections françaises et leur décrépitude devraient être un modèle de réflexion pour Israël. Sur plusieurs plans.

D’abord parce que les rumeurs et les menaces d’élections israéliennes brandies par beaucoup d’acteurs politiques israéliens sont une insulte à l’intelligence humaine, quand on sait ce qui les motive, et quand on sait ce qu’elles coûtent. 2.5 Milliards de shekels, tout simplement, et une insulte profonde lorsque l’on songe à la fracture terrible qui règne au sein de la société israélienne dans laquelle beaucoup de concitoyens peinent financièrement à terminer le mois. Si pour les fêtes de Pessah, le gouvernement avait offert, ne serait-ce, que 1000 shekels à 500 000 familles en difficulté afin qu’elles puissent les passer dignement, cela n’aurait pas mis en difficulté, loin de là, les finances de  l’Etat. La Sécurité sociale israélienne (Le Bitouah Leoumi) disposerait de 100 milliards de shekels dans ses caisses, sans compter ses actifs immobiliers, et la Banque d’Israël posséderait la même somme dans ses coffres mais, elle, en devises-dollars. Alors !

Oui, c’est aussi une insulte à l’intelligence lorsque l’on s’aperçoit que le corps politique est gangrené  par un diabète tellement avancé que beaucoup sont prêts à voter pour celui qui est en face de ceux dont le peuple ne veut plus. Bien entendu, ce jugement  vaut aussi pour les politiciens et les maires israéliens qui ont une fâcheuse manie à se croiser en prison, à confondre leurs poches et leurs proches avec le bien public. Certes, me direz-vous, ils sont, à l’aune de leurs responsabilités, mal payés. Et bien que l’on augmente tout le monde, les salaires  du privé (puisque la mode est à la baisse des charges) et les députés, les fonctionnaires et les élus.

Une insulte à l’intelligence, encore, quand on surprend le ministre des Finances prêt  à défaire une coalition gouvernementale parce qu’il ne s’entendrait pas avec Bibi au sujet  de la radiodiffusion officielle (le Taaguid); alors que, suivez-moi bien, la relance de la rediffusion (télévision et radio) en Israël coûterait  4 fois moins cher que la mise sur pied d’élections anticipées. A aucun moment, les ministres mais aussi les partis politiques ne se sont posé l’éminente question de savoir si le peuple israélien était adepte de ces élections et c’est en cela que consiste  la presque dernière insulte. L’ignorance cynique de la volonté  des citoyens qui ne veulent plus de ces élections tronquées et qui avaient  voté pour ceux qui batifolent allègrement avec l’argent public.

Souveraineté juive

La dernière leçon à tirer pour les Israéliens serait  de comprendre que se développent  largement en Europe les candidatures souverainistes, c’est à dire les candidatures d’hommes qui ne veulent plus dépendre et  vivre aveuglement  sous le joug de l’Europe. Ils veulent décider, bien plus régionalement, ce qui convient pour chaque peuple, car ce qui est bon pour un citoyen de Roumanie du Sud ne l’est pas forcément pour un Suédois ou pour un Finlandais qui vivrait à la frontière russe.  Aussi Israël dans son désir de se rapprocher diplomatiquement et économiquement de l‘Asie, de la Russie, de l’Océanie, tout en maintenant ses liens privilégiés avec les Etats Unis, pourrait graduellement abandonner une part de sa souveraineté politique. Car les accords de coopération qui pourraient être signés, le seraient avec  une épée de Damoclès perchée en permanence au-dessus de la tête, celle de l’abandon du développement  des Implantations, d’une partie de notre détermination sécuritaire, dans une époque, au cours de laquelle on n’a jamais entendu un dirigeant palestinien parler de paix.

 

Ce qui repose la question à laquelle a toutefois répondu Bibi  Netanyahou: celle de la volonté de répondre à toute menace d’où qu’elle vienne, de quelque nation que ce soit, fut-elle la Russie.

 Rumeurs

Dans un monde qui ne nous laisse jamais de répit, des rumeurs de guerre font à nouveau leur apparition avec la recomposition du paysage moyen-oriental. Le danger vient-il du Liban et des fanatiques du Hezbollah, de ceux de Daechqui apparemment se remettent difficilement des déculottées en Syrie en Irak, d’Assad qui se sent intouchable, revigoré par le soutien des Russes ? Ce  nouveau numéro montre à quel point Israël est préparé à n’importe quel scénario, à quel point le pays est bien protégé. Rien n’est figé et les rodomontades comme les préparatifs des va-t’en guerre arabes ne seraient-elles pas l’expression d’une faiblesse inavouée, et l’annonce que pour avoir la paix il faut décidément préparer la guerre. Ce que peut-être font les Arabes, allez savoir !