Écologie : en Israël, Jean-Michel Jarre s’érige contre Donald Trump

Par AFP

 

Jeudi soir, le célèbre musicien sera accompagné d’interprètes français et israéliens, pour éveiller les consciences à «l’urgence de sauver la mer Morte».

Jeudi, le pionner français de l’électro sera sur scène au pied de la citadelle de Massada pour s’engager dans la sauvegarde de la mer Morte et contre la politique du président américain en matière d’environnement.

Jean-Michel Jarre a choisi la monumentale citadelle de Massada, en Israël, comme toile de fond d’un concert engagé. À 68 ans, le globe-trotter souhaite alerter sur le danger encouru par la mer Morte et, au-delà, à «résister» aux politiques de Donald Trump en matière d’environnement.

Jeudi soir et jusqu’à l’aube, le pape de l’électro grand public, accompagné de musiciens français et israéliens, cherchera à éveiller les consciences à «l’urgence de sauver la mer Morte».

La mer Morte, une urgence écologique

Le lac salé partagé entre Israël, la Jordanie et les Territoires palestiniens baisse de plus d’un mètre tous les ans. À ce rythme, l’une des grandes merveilles de la nature pourrait avoir disparu d’ici à 2050, s’alarment les experts. L’assèchement a commencé dans les années 60 avec l’exploitation économique par les pays riverains des eaux du Jourdain, principale source d’approvisionnement de la mer Morte. Jean-Michel Jarre, ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco, veut ainsi «faire prendre conscience au monde» du péril environnemental qui se joue actuellement. L’allure juvénile malgré ses 68 ans, il évoque l’oxygène manquant à la mer Morte, allusion à son célèbre album, Oxygène.

Il a choisi l’un des sites les plus remarquables de la région, au pied de la citadelle de Massada, haut lieu de la mémoire juive juché au sommet d’un plateau rocheux et dominant la mer Morte et le désert environnant. Selon l’historien Flavius Josèphe, contemporain de la chute de la forteresse, les 960 zélotes juifs assiégés par les légions romaines en l’an 73 après J.-C. ont préféré se suicider collectivement plutôt que de se rendre. Le site de Massada a été inscrit en 2002 au patrimoine mondial par l’Unesco. «Je veux que la mer Morte, comme Massada, fasse partie du patrimoine mondial de l’Unesco, assure Jean-Michel Jarre. Cette région appartient à l’humanité… Ça nous concerne tous sur le plan de l’humain, nous devons faire le maximum pour préserver cet endroit.»

Depuis son investiture, Donald Trump a donné son feu vert à la construction de l’oléoduc controversé Keystone XL, auquel son prédécesseur Barack Obama avait mis son veto au nom de la lutte contre le réchauffement. Il a déposé un projet de budget sabrant dans la quasi-totalité des fonds alloués à ce combat. Il vient de signer un décret pour le renouveau de l’industrie du charbon.

Jean-Michel Jarre compte «toucher le plus grand nombre possible de gens», car il regarde au-delà des rives desséchées de la mer Morte. «Pour moi, la raison d’être de ce projet est de faire prendre conscience au plus grand nombre de l’urgence de s’occuper de la terre dans son ensemble», déclare-t-il. «Ce concert contribuera, je l’espère, à organiser la résistance contre tous les Trump du monde», ajoute-t-il, inquiet du désintérêt du président américain pour l’écologie.

Le DJ et compositeur, très prolifique avec trois albums en un an et demi, est un habitué des super-productions musicales en extérieur mêlant musique électronique, jeux de laser et pyrotechnie. Il avait rassemblé 2,5 millions de personnes lors d’un concert à Paris à l’occasion de la fête nationale en 1990, puis 3,5 millions à Moscou en 1997.

Quatre fois record Guinness du nombre de spectateurs, il a voulu cette fois un spectacle «intime», précisément par respect pour l’environnement. Seules 10.000 places seront donc disponibles. Elles se sont vendues dans le monde entier, entre 120 à 720 euros, dit la directrice artistique israélienne du spectacle Alessandra Juran, qui va réaliser le film du concert, destiné à être diffusé courant 2017 sur Internet.