Par Yaacov Bendenoun

Dror Mishani est  le chef de file du nouveau roman policier israélien. Il a publié en Israël trois livrespour les Editions du Seuil : Tik Ne’edar (2011) « Une disparition inquiétante » (Prix du meilleur polar des lecteurs de Points 2015, et Prix Martin Beck du meilleur roman policier étranger en Suède.), Efsharout shel Alimout (2013) « La Violence en embuscade », Haish sheratza ladaat hakol (2015) « Les Doutes d’Avraham ».

Dror Mishani (דרור משעני), né en 1975 à Holon, est un écrivain, un éditeur, un traducteur (de Roland Barthes et de Michel Foucault), ancien journaliste ‘Haarets, spécialiste de l’histoire du roman policier. Il enseigne à l’université de Tel-Aviv dans le département littérature, et l’histoire du roman policier. Son père, avocat,  était le fils d’un juif originaire d’Alep en Syrie, venu s’installer en Israël à la fin des années 1920.

Le héros de la série policière qu’il a créée, est l’inspecteur de police Avraham Avraham, un ténébreux, un nonchalant, tourmenté, un personnage à contre-jour, aux antipodes des figures de tabloïds, des pages du roman noir policier. S’il rumine ses secrets, si le passé fait souvent écran, il possède une âme aventureuse, chevaleresque, et les doutes qui l’étreignent ne l’empêchent pas d’avancer, de poser des cailloux sur le sol, et de mettre à jour cette part de ténèbres que tous  nous possédons. Il ne cherche pas à résoudre des crimes, pas uniquement, il veut écarter les gêneurs en concevant un monde sans faux-semblants. Bien que sans éclat, Abraham est un vrai Don Quichotte, et dans les romans de Dror Mishani sa dulcinée réside à Bruxelles. Il se bat contre des moulins à vent qui ont pour nom le confort, l’acceptation. La société israélienne est traversée par des courants de plus en plus obscurs, comme si la quête d’absolu et de vérité des uns devait être à tous coups entachée par les crimes des autres.

suite dans le prochain numéro d’Israël Magazine