undepute arabe accuse de trahison et ce n'est pas le premier

Photo: Basel Ghattas

Israël : la controversée et anti-israélienne situation des députés arabes à la Knesset

Ils sont 13 sur 120 sièges de députés, mais affrontent une mandature de droite pas prête à faire des cadeaux à des députés qui se sont  montrés à plusieurs reprises traîtres à l’Etat hébreu.

Arabes, citoyens israéliens se revendiquant également beaucoup plus Palestiniens, mais aussi élus de l’État hébreu pour mieux le combattre : Une position difficile à tenir, assurent-ils. C’est un paradoxe : en 2015, ils ont enregistré leur plus large victoire en emportant 13 sièges sur les 120 de la Knesset, le Parlement israélien ; mais depuis, ils ne se sont jamais sentis autant visés et impuissants.

Ces derniers mois, ces députés ont notamment vu leurs collègues débattre de la possible interdiction de l’appel à la prière musulmane, l’insupportable boucan des muezzins cinq fois par jour comme à Yaffo par exemple. Il y a ensuite eu la loi sur la légalisation de la saisie de terres palestiniennes (avec dédommagements) au profit des israéliens. «il y a certaines lois que nous sommes dans l’obligation de ne pas respecter », affirme Ahmed Tibi, député arabe israélien et ancien conseiller d’Arafat.

« Avec de nombreux collègues juifs », assure-t-il, « on ne se salue pas, on ne se parle pas ». Lors des législatives de 2015 qui ont porté au pouvoir la coalition la plus favorable aux implantations, les Arabes israéliens ont pour la première fois depuis la création d’Israël en 1948 décidé de former la Liste arabe unie, une coalition rassemblant des islamistes aux communistes. Avec 12 députés arabes et un juif, elle est la troisième force d’opposition Récemment, le chef de la coalition gouvernementale à la Knesset, David Bittan, les a accusés de « représenter les intérêts palestiniens » plutôt que ceux d’Israël.  Ahmed Tibi assure avoir été la cible d’appels à la violence, lui qui n’était pas contre l’assassinat de soldats. Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a appelé à le «faire passer devant un peloton d’exécution » car « nous sommes des terroristes et des ennemis de l’État », raconte-t-il.

Son collègue Bassel Ghattas fait désormais l’objet d’une procédure sans précédent. Son immunité parlementaire a été en partie levée par la Knesset parce qu’il a fait passer  illigalement des téléphones à des détenus terrorsites condamnés à de lourdes peines. Zeev Elkin, ministre de l’Environnement, a rassemblé 72 signatures réclamant l’éviction  de Bassel Ghattas, alors que 70 suffisent. Le conseiller juridique du gouvernement a lui aussi réclamé que des poursuites soient engagées contre le député.