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Ulcan: le Hacker-justicier sans masque

Ulcan
La France est en train de devenir invivable pour les Juifs, mais aussi pour les amoureux de la liberté et de la justice.

Fin 2013, la nouvelle faisait la une de presque tous les media français. Le site du tristement célèbre Dieudonné, antisémite notoire, inventeur de la quenelle (salut nazi inversé) et auteur de l’infect “shoah-nana” (une chanson visant à tourner le génocide nazi des Juifs en dérision) avait été hacké, et le nom de tous ses participants, diffusé, ainsi que leur adresse et leur numéro de cartes de crédit. Un coup presque fatal pour Dieudonné, dont le fond de commerce, bâti sur la haine des Juifs, s’enrichissait, entre autre, à raison de soixante euros l’abonnement annuel, sans compter la vente de gadgets, DVDs, et autres objets à la limite de l’illégalité.

Par Pierre Rehov pour Israël Magazine.

Un grand sourire s’est alors affiché sur le visage de certains membres de la communauté juive. Enfin, quelque chose se passait, quelqu’un agissait contre le pseudo-comique, digne descendant des pire diffamateurs, qui, malgré ses nombreuses condamnations dans le cadre de la loi Gayssot, continuait ses méfaits, semblait-il, en toute impunité.

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Dieudonné et le sympathisant néo-nazi Alain Soral

Dieudonné n’en était qu’au début de ses ennuis puisque ses actions antisémites, accompagnées d’alliances douteuses avec le négationniste Faurisson ou le sympathisant néo-nazi Alain Soral, mais, surtout, ses détournements de fond, ses tentatives de fraude fiscale, et sa tendance à l’escroquerie “présumés” allaient l’entraîner vers une lente descente en enfer, ponctuée de plaintes et d’ouvertures d’enquêtes.

L’auteur du hack, quant à lui, venait d’être propulser au rang de “Justicier anonyme” sous son nom de guerre : Ulcan.

Le retour de bâton n’allait cependant pas tarder à se faire sentir. Dès les jours suivants, la presse française commencerait à s’acharner sur le “hacker sioniste”, l’accusant d’à peu près tous les mots, tandis que certains membres bien pensants de la communauté Juive, s’insurgeraient contre de telles méthodes, au nom d’une certaine “décence” et du “politiquement correct”.

Mais Ulcan n’en était qu’à ses débuts. Entré en guerre contre l’antisémitisme et la diffamation qui entache Israël dans les media du monde entier, mais plus particulièrement français (on se souvient de la responsabilité de France 2 dans la diffusion de la fausse nouvelle de la mort du “petit Mohammed Al Dura”), le hacker allait, dès lors, s’attaquer systématiquement à tous les détracteurs de l’état hébreu, qu’il s’agisse de journalistes gauchistes aveuglément acquis à la cause “palestinienne”, d’organisations antisémites, de révisionnistes, d’islamistes ou de néonazis. Ses actions, qu’il s’agisse de faire tomber des sites entiers, de les détourner de leur fonction première, ou de se livrer à des blagues de potaches, que certains pourraient qualifier de douteuses, tels des appels alarmant à l’entourage de ses “cibles” allaient, à leur tour, conduire à une enquête judiciaire contre lui. Elle n’en est qu’à ses débuts.

Si une majorité de sympathisants d’Israël l’adulent, d’autres considèrent Ulcan comme le diable, et plusieurs organisations juives, et même sionistes, ont même été jusqu’à s’en désolidariser et le dénoncer officiellement.
Pourtant, que l’on admire ses actions, ou qu’on leur soit hostile, fort est de lui reconnaître une qualité. Ulcan, contrairement aux membres de l’organisation cyber-terroriste Anonymous n’a jamais hésité à dévoiler sa véritable identité. Voyou, ou justicier ?

Israël Magazine a rencontré Grégory Chelli, alias Ulcan. A vous d’en juger.

– Israël magazine : Pouvez-vous nous décrire le parcours qui vous a mené à livrer ce combat et, notamment, à vous attaquer à des sites tels que celui de Dieudonné, ou à des journalistes comme Pierre Haski, sans compter Alain Soral, pour ne citer qu’eux ?

– Grégory Chelli : Comme beaucoup de monde, j’ai été scandalisé et écoeuré par le comportement et les sketches de Dieudonné, ainsi que toute la mouvance antisémite qui s’est créée autour de lui, visant à diaboliser et délégitimer l’existence même d’Israël, première étape d’un plan plus vaste dont le but évident n’est rien moins qu’une nouvelle tentative d’exterminer le peuple Juif. Dans un premier temps, je me suis inscrit à la Ligue de Défense Juive, que je n’ai pas tardé à quitter. Etant depuis des années un spécialiste de la sécurité Internet, ma première action a consisté à pirater son site. Je l’ai fait en hommage à la mémoire des six millions de Juifs massacrés dans les camps d’extermination nazie, sur lesquels Dieudonné et les sympathisants de la Dieudosphère s’autorisent à cracher, souvent sans rien savoir, ou simplement mus par une haine primaire et débile. Son mouvement prenait de plus en pus d’ampleur, et sa popularité croissait en France et commençait à devenir inquiétante, surtout parmi les racailles et les voyous en mal d’identité et de reconnaissance. Il fallait faire quelque chose, puisque la justice ne faisait rien, ou était simplement impuissante.

– Quel est votre parcours professionnel, pour en arriver à un tel niveau de maîtrise informatique ?

– J’ai quitté l’école assez tôt, et je me suis rapidement intéressé à la sécurité informatique. Les ordinateurs ont toujours été une passion et, depuis l’âge de dix ans, je passe une grande partie de mes journées devant un écran et un clavier. Le reste est venu tout seul. J’ai appris tout seul. Je suis un total autodidacte.

– En dehors des médias français, qui en grande majorité vous tirent dessus à boulets rouges, qu’il s’agisse de Libération de France 2 ou du Nouvel Observateur, pour ne citer que les plus virulents, est-ce que vous faites face à d’autres ennuis ?

– Je sais que deux juges d’instruction travaillent sur mon dossier, mais pour l’instant une enquête est simplement en cours. Il ne faut tout de même pas exagérer. Certains veulent me faire passer pour un délinquant ou un criminel. Mon discours est pourtant simple : les journalistes sont comme les médecins, tenus par une sorte de serment. Ils n’ont pas le droit de détourner les faits pour défendre une cause, quelle qu’elle soit. Je ne veux de mal à personne, et je considère seulement que tout Juif, aujourd’hui, est en état d’autodéfense.

– Votre combat est-il avant tout contre l’antisionisme ou contre l’antisémitisme ?

– Pour moi ce sont les deux cotés d’une même pièce de monnaie. Aujourd’hui, tout antisémite se réfugie derrière la diffamation de l’Etat d’Israël. Israël est un pays, un Etat, comme tout Etat il commet des erreurs, parfois des méfaits. On a le droit de critiquer sa politique, on a le droit d’être pro-Arabe. Chacun son opinion. Mais on n’a pas le droit de mentir, surtout quand on représente l’opinion publique, ni de comparer un Etat de droit, une démocratie, à des organisations terroristes génocidaires, telles que le Hezbollah ou le Hamas. Un journaliste pro Palestinien qui s’en tient aux faits ne sera jamais ma cible. Malheureusement, ils sont rares. Les pro Palestiniens, aujourd’hui, se fichent souvent de la cause qu’ils prétendent défendre, ce n’est qu’un prétexte. Sinon, ils seraient davantage scandalisés par les 200.000 civils morts en Syrie, que par les quelques centaines de victimes à Gaza, pour la plupart boucliers humains du Hamas. Leur cible, c’est Israël. Ce sont les Juifs. Et ceci est intolérable. Les gens ne détestent pas les Juifs à cause d’Israël. Ils détestent Israël car c’est le pays des Juifs.

– Parmi vos actions, contre les mouvements ou journalistes antisémites et antisionistes, y en a-t-il certaines que vous revendiquez, et d’autres que vous regrettez ?

– Je suis très fier du hack du site de Dieudonné et de tous les problèmes que j’ai causé à Faurisson, à Soral, à Laurent Louis, Kemi Seba et d’autres… Ce sont des extrémistes, il n’y a rien à regretter, au contraire. Concernant la presse, je n’ai aucun combat contre les journalistes, comme je viens de le dire, mais simplement contre la désinformation et l’injustice. La presse, en France, est un vrai contre-pouvoir, qui fait la pluie et le beau temps, et elle n’a pas le droit de véhiculer de fausses informations, dans quelque domaine que ce soit. Concernant plus précisément Israël et les Juifs, 80% de ce qui est dit, écrit, diffusé, est ciblé. Le piratage et le harcèlement téléphonique ne sont pas forcément les meilleures méthodes pour contrer le phénomène, mais alors que faire ? Se laisser faire ? Se laisser conduire à l’abattoir ? L’époque où les Juifs se laissaient entasser au Vélodrome d’Hiver puis à Drancy avant d’être déportés à Auschwitz est révolue. Maintenant, nous avons un pays, une armée, nous ne sommes plus impuissants. C’est cet esprit qui m’anime, celui des révoltés de Varsovie, même si je regrette d’avoir, parfois, été un peu trop loin. Il y a des blagues que je ne referais certainement plus. Comme mes appels à Benoit Le Corre. Mais encore, même cela a été monté en épingle. On a multiplié mes interventions par mille. Et je ne suis certainement pas responsable, même indirectement, de l’accident cardiaque qui a terrassé son père 5 jours après l’un des mes appels.

– Y a-t-il certaines affirmations émises contre vous qui vous révoltent particulièrement ?

– On a affirmé que j’étais responsable des appels contre l’école Ozar Atorah, ce qui est totalement faux. On a accusé “un de mes proches” de s’être livré à cet attentat téléphonique, alors qu’il s’agissait simplement de l’utilisateur dans un premier temps anonyme de l’un de mes sites. J’ai heureusement réussi à retrouver cette personne et à la dénoncer à la police, puisqu’il s’amusait à proférer des insultes et des menaces après l’attentat terroriste de Mohammed Merah. Ce qui n’a pas empêché des journalistes comme Pierre Haski, grand habitué de la désinformation, d’accuser des « membres de mon réseau », ce qui est proprement scandaleux. Ce qui me révolte aussi, ce sont les montages et mélanges de situation me concernant. On dit un peu tout et n’importe quoi. Etant donné que j’ai un site de chat, sur lequel les consommateurs s’amusent et font des canulars, on me fait porter le chapeau pour tout ce qui est dit et fait. Un peu comme si Mark Zuckerberg était personnellement responsable de tout ce qui est écrit sur Facebook. On veut faire croire que je suis raciste, ce qui n’est absolument pas le cas. Si demain, les Arabes voulaient sincèrement faire la paix avec Israël, je serais le premier à leur tendre la main. Mais aujourd’hui, des Dieudonné et des Soral ont réussi à faire passer perfidement le message suivant : les Juifs sont des racistes, donc être judéophobe, c’est être antiraciste. Ce qui est, évidemment, à vomir.

– Aujourd’hui, vous vivez en Israël. C’est pour vous, un choix ou une nécessité ?

– C’est un choix. Je ne fuis personne, et je me réserve le droit de revenir en France à tout moment, pour rendre visite à ma famille et mes amis. Je vis en Israël car c’est le pays des Juifs, et que je m’y sens bien. J’invite d’ailleurs tout Juif à faire la même démarche. A terme, si on continue à soutenir le Hamas dans les rues des villes françaises, les Juifs finiront par n’avoir pas d’autre choix. Car, encore une fois, on a le droit de soutenir la cause palestinienne, même si j’estime que c’est une fausse cause, et de se sentir concerné par les morts d’innocents dans les deux camps. Mais soutenir le Hamas revient à soutenir une organisation terroriste, de type nazi, dont le but avoué est l’extermination des Juifs, la destruction d’Israël et l’islamisation de la planète. Dans ce contexte, la place des Juifs est en Israël, et non pas dans des pays ou l’on peut impunément soutenir les promoteurs avoués de leur destruction. La France est en train de devenir invivable pour les Juifs, mais aussi pour les amoureux de la liberté et de la justice.

– Comment voyez-vous votre propre avenir, dans cette lutte ?

– Tout d’abord, j’estime que nous, Juifs, sommes un peu responsables de la situation actuelle. A force de faire profil bas, de laisser faire, de ne pas agir contre le mensonge, de ne pas se révolter contre la diffamation, de laisser passer des petites informations incendiaires, par ci par là, en gros, de ne pas assez laisser entendre notre voix, nous sommes arrivés à une situation dans laquelle on peut crier “mort aux Juifs” caché par un keffieh place de la République, et que cela ne dérange presque personne. Ceci dit, et compte tenu de la façon dont certaines de mes actions ont été perçues, je vais à l’avenir me restreindre. Je continuerai à me battre, mais en restant dans un cadre strictement juridique. Je ne peux pas, de toute façon, m’attaquer seul à tout le monde. Il y a des criminels, des délinquants et des petits faiseurs. Tout en limitant mes actions, je continuerai à viser les criminels, ceux qui, comme Soral, ne cachent même plus leur antisémitisme derrière un antisionisme de façade. Ulcan fait peur à certains, et c’est tant mieux. Mais, foncièrement, je suis un citoyen honnête et respectueux des lois. Je me considère en état de légitime défense, en tant que Juif. Cela me donne des droits. Mais je n’irai plus au delà.

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