Donald Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël

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Ordonnant des préparatifs pour le transfert de l’ambassade américaine a Jérusalem.

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Donald Trump a reconnu ce mercredi 6 décembre Jérusalem comme capitale d’Israël, marquant une rupture spectaculaire avec ses prédécesseurs; suscitant une vague de réprobation au Proche-Orient et au-delà, sur fond d’inquiétudes sur une flambée de violence arabe.

Avec cette décision historique qui marquera son mandat, le 45e président des Etats-Unis tient l’une de ses promesses emblématiques de campagne.  « Il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël », a lancé Donald Trump lors d’une longue allocution depuis la Maison Blanche. Il a insisté sur sa volonté de « reconnaître une réalité ». « Les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties ».  « J’ai l’intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord », a-t-il encore dit au pupitre, debout devant un portrait de George Washington. « Défendant une décision qui aurait dû être prise « depuis longtemps », le président américain a également égratigné ses prédécesseurs qui « n’ont pas fait ce qu’ils avaient dit », peut-être selon lui par manque de « courage ».

Toute reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est, annexée par Israël, comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Benjamin Netanyahou a salué un jour « historique » réaffirmant par ailleurs l’engagement israélien à maintenir le « statu quo » sur les lieux saints à Jérusalem.

Emmanuel Macron a qualifié cette décision de « regrettable » et appelé à « éviter à tout prix » les violences. La Turquie a de son côté stigmatisé une décision « irresponsable ». Le président turc islamiste Erdogan avait déjà annoncé son intention de réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul. Avant même son discours, des dirigeants du monde entier avaient appelé le locataire de la Maison Blanche à peser ses mots et mesurer les conséquences de ses actes, tant Jérusalem est un chaudron diplomatique.

« Je ne peux taire ma profonde inquiétude », a déclaré le pape François qui ne peut qu’accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints des trois grandes religions monothéistes. « J’adresse un appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l’ONU », a ajouté le souverain pontife. Les groupes terroristes palestiniens ont appelé à trois « jours de rage ».

Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Un rassemblement est prévu jeudi à Ramallah. Après la décision de Donald Trump, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence vendredi matin, a indiqué mercredi à l’AFP la présidence japonaise du Conseil. Cette réunion a été demandée par huit pays sur les 15 qui forment le Conseil de sécurité. Il s’agit de quatre européens -Suède, France, Italie et Royaume-Uni-, de deux sud-américains -Bolivie et Uruguay- et de deux africains -Egypte et Sénégal.

Appel au calme

Donald Trump a lancé un appel « au calme et à la modération », espérant que « les voix de la tolérance l’emportent sur les pourvoyeurs de haine ». Le département d’Etat américain va par ailleurs lancer « immédiatement » les préparatifs pour déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, a annoncé Rex Tillerson. Cela devrait toutefois prendre plusieurs années, puisqu’il faut trouver un emplacement et construire le bâtiment, avec les implications sécuritaires que cela suppose.

L’Autorité palestinienne avait prévenu que si une telle décision était annoncée, Washington se discréditerait comme intermédiaire impartial de toute entreprise de paix. Et que les efforts en ce sens du gendre et conseilleur de Donald Trump, Jared Kushner, seraient considérés comme terminés. La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « éternelle et indivisible ». Dans un apparent souci d’apaiser les Palestiniens, le président américain s’est dit prêt à soutenir « une solution à deux Etats » si les deux parties tombent d’accord. A la grande frustration des Palestiniens, le président des Etats-Unis s’est jusqu’ici gardé d’adhérer à l’idée d’un Etat palestinien indépendant, solution référence de la communauté internationale.

 

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