DANS LES TERRITOIRES EN LITIGE, ISRAËL A DES DROITS*

Danny Ayalon

Danny Ayalon

Par Danny Ayalon, ancien ministre-adjoint des Affaires Etrangères d’Israël ( 2009) Archives

La récente déclaration de la nouvelle responsable européenne des relations étrangères Catherine Ashton, critiquant Israël, a une fois de plus attiré l’attention du monde sur Jérusalem et les implantations. Mais cela ne signifie pas que l’on ai compris vraiment les droits d’Israël sur un territoire en litige, qu’on appelle improprement « territoire occupé ».

En effet, connu sous le nom de Cisjordanie, ce territoire à l’ouest du Jourdain ne peut en aucune manière, être considéré comme occupé, sur le plan de la loi internationale, car il n’a jamais obtenu une souveraineté reconnue avant sa conquête par Israël. A l’opposé de certaines croyances, il n’y a jamais eu auparavant un état palestinien, et aucune nation n’a établi sa capitale à Jérusalem, malgré que la ville fût sous le contrôle islamique pendant des centaines d’années.

Le nom « Cisjordanie » a été utilisé pour la 1ère fois par les Jordaniens en 1950, quand ils ont annexé cette terre pour la différencier du reste du pays (à l’ouest du Jourdain), et de la Transjordanie, communément appelée Jordanie (à l’est du Jourdain). Les frontières de ce territoire ont été établies une année auparavant, lors de l’accord d’armistice entre Israël et la Jordanie, qui a mis un terme à la guerre d’indépendance, au cours de laquelle 5 armées arabes ont envahi l’état d’Israël naissant. C’est à l’insistance de la Jordanie que les lignes de l’armistice de 1949, n’ont pas été reconnues comme frontière internationale, mais simplement comme ligne de séparation entre les armées, une ligne tracée en vert par les militaires, la fameuse « ligne verte ».

L’Accord d’Armistice spécifie clairement qu' »Aucune disposition de cet Accord ne portera en aucune manière préjudice aux droits, revendications et positions de chaque partie, dans tout accord de paix ultérieur sur les questions palestiniennes, les dispositions de cet Accord n’étant exclusivement dictés que par des considérations militaires »

 

Après la Guerre des Six Jours, alors qu’une fois de plus les armées arabes cherchaient à détruire l’Etat juif, Israël a conquis la Cisjordanie et d’autres territoires. Alors les Nations unies ont cherché à trouver une solution durable au conflit. La résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’Onu est probablement le document le plus mal compris de l’arène internationale. Alors que certains, notamment les Palestiniens, poussent l’idée que le texte exige la restitution de tous les territoires conquis au delà de la ligne verte, la vérité est ailleurs; la résolution demande « une paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues », mais nulle part il n’est précisé le tracé de ces frontières.

 

Il vaut mieux remonter aux véritables intentions de ceux qui ont écrit le texte, avant d’aller vers leurs interprétations.

– Eugène V Rostov, sous-secrétaire d’Etat américain en 1967, a rédigé le texte et a dit en 1990: « La résolution du Conseil de Sécurité n° 242 et les suivantes 338…. reposent sur 2 principes: Israël peut administrer le territoire (conquis) jusqu’à ce que ses voisins arabes acceptent de faire la paix; et quand la paix sera signée, Israël se retirera vers des frontières « sûres et reconnues », qui ne seront pas forcément celles de la démarcation de l’armistice de 1949″

– Lord Caradon, l’ambassadeur anglais à l’Onu à cette époque et principal auteur de la résolution qu’il a présentée au Conseil, a dit en 1974, sans équivoque « Il aurait été erroné de demander à Israël de revenir aux positions du 4 juin 1967, parce que ces positions sont indésirables et artificielles »

– L’ambassadeur américain à l’Onu à cette époque, Arthur Goldberg, ex-juge de la Cour Suprême, a été encore plus clair, quand il a déclaré en 1973 que « la résolution parle de retrait de territoires, sans préciser l’étendue de ce retrait ». Ceci signifie moins qu’un retrait complet, du fait que les frontières antérieures d’Israël ont montré qu’elles étaient très peu sûres »

– Même le délégué soviétique, Vassily Kouznetsov qui s’était battu contre le texte final, a concédé que la résolution « donnait le droit à Israël de retirer ses forces seulement sur des lignes qu’il considère comme appropriées »

La question des implantations n’est apparue qu’après la guerre de 1967, quand les Juifs ont commencé à revenir sur leur terre historique en Cisjordanie, qui s’appelle « Judée et Samarie », noms de la région connus comme tels dans l’histoire depuis plus de 2000 ans, avant que les Jordaniens ne la rebaptisent. Rostow n’a rien trouvé à redire quant à ces implantations. Il a précisé que le Mandat britannique d’origine s’appliquait encore à la Cisjordanie. Il disait « Le droit Juif de s’installer en Palestine, à l’ouest du Jourdain, c’est-à-dire en Israël, en Cisjordanie et à Jérusalem est inattaquable. Ce droit est imprescriptible et ne peut être résilié tant qu’une paix reconnue n’a pas été signée entre Israël et ses voisins »

Depuis, aucun document international lié à ce territoire n’est venu annuler le droit Juif de s’y implanter. Pourtant on a répandu la perception qu’Israël occupe une terre volée, et que seuls les Palestiniens y ont des droits nationaux, légaux et historiques. Ceci n’est pas seulement erroné sur les plans factuel et moral, mais plus ce mythe est accepté, moins les Palestiniens sentent le besoin de venir à la table des négociations. Des déclarations comme celles de Lady Ashton ne sont pas seulement erronées, elles éloignent la perspective de toute négociation. (1)

Note de la traduction

(1) Suivant les péripéties de ce conflit depuis 62 ans, nous restons persuadés que les interférences constantes de l’Occident, en déclarations, résolutions, subventions, capitaux, écoles, soins, armes, soutiens divers dont aucune population au monde n’a jamais bénéficié autant depuis que l’Homme existe dans l’Histoire, ne font qu’éloigner les perspectives de paix dans la région. Pire! Toutes ces interférences sont à l’origine des guerres et des troubles au Moyen Orient. Pourquoi ?

Bientôt on n’aura plus besoin de pétrole…, ni même des capitaux arabes.

  • Wall Street Journal 30/12/09       Traduit par Albert Soued

 

 

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